En arrivant tout juste à l'heure d'ouverture des portes, je m'attendais à vivre l'enfer du photographe en me retrouvant au fond de la salle, en train de sautiller pour voir autre chose que la tête d'un bassiste... pour découvrir, avec grande surprise, que j'étais le premier dans la "file d'attente". Pardon ? Bon, le fait que le show n'ait commencé qu'une petite heure plus tard n'a pas non plus aidé, mais quand même, ce n'est pas une raison.
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Paris


Arrivé à La Boule Noire à 19 h 30, à peine ai-je le temps de m'installer que des éléments me paraissent anormaux. Tout d'abord, le public. Ici point de barbes et de carrures d'ours, les moustaches de hipsters couplés aux jeans slim et aux mèches de travers semblent en revanche être de rigueur. La musique qui joue dans la salle est aussi loin de ce que j'ai l'habitude d'entendre, me faisant penser à du Blink-182 (oui, encore eux), mais avec des breakdowns en plus. Pas de doute possible, je suis bien au bon endroit.

En ce début d'année nos coupains de Kongfuzi (qui devraient sérieusement songer à faire des pass à l'année) attaquent fort avec le groupe savannien (ça se dit, ça ?) Kylesa, accompagné des deux autres autres très bons collectifs que sont Circle Takes the Square et Ken Mode. N'ayant pas encore vu Kylesa depuis la sortie de Spiral Shadow, et ayant entendu un grand nombre de "c'était mieux avant", c'était donc une excellente occasion pour enfin pouvoir juger par moi-même.

Quoi de mieux qu'un bon concert de drone pour se détendre après une dure journée de boulot ? Toutes ces notes qui sonnent sans jamais se terminer, ce feedback qui remplit doucement nos oreilles... Bon, dit comme ça, ça ne donne peut-être pas très envie, mais je vous assure que ça peut être vraiment sympa et relaxant. Si, si.

Ok, j'ai une confession à faire. Je n'ai jamais aimé le black-metal. Le son dégueu, les blast beats, les voix aiguës (sans parler des déguisements ridicules)... beurk. Voilà, c'est dit, jetez-moi des pierres. Mais alors, si je n'aime pas le black-metal, qu'est-ce que je fous là, à écrire un live report de Wolves in the Throne Room, un groupe s'inscrivant à priori dans ce genre ?

Il est 19 h 30, je suis devant la Maroquinerie, et… il y a plus de photographes que de spectateurs. Bon, peut-être pas quand même, mais pas loin. Je me range donc gentiment dans la file des types silencieux équipés de sacs et sacoches, et attends que les portes ouvrent. L'attente n'est pas longue, une dizaine de minutes plus tard nous sommes déjà en train de coller la scène, pendant que la salle se remplit peu à peu.

Il est 19 h 30, je suis devant le Point Ephémère, accompagné de quelques nouvelles (et anciennes) connaissances. Ce soir, c'est And So I Watch You From Afar, un groupe irlandais à nom très long, jouant un joyeux post-rock teinté de math, rappelant légèrement Russian Circles. Sur CD, c'est déjà très sympathique, mais ayant maintes fois entendu des louanges de leurs shows, il me tardait d'enfin voir ce que ça donnait en vrai.

Bien décidé à mourir écrasé par des murs de son, seulement 24 heures après m'être pris une claque par Swans, j'enchaine sur Neurosis, épaulés par Amenra. Je pense qu'il est inutile de présenter ces deux groupes, considérés comme incontournables du genre. En revanche, il est intéressant de noter que Neurosis n'a pas mis les pieds à Paris depuis plus d'une dizaine d'années, ce qui explique certainement la vitesse à laquelle sont parties les places. Pour leur part, AmenRa (qui était d'ailleurs, à mon goût, le meilleur choix possible pour cette première partie) avait sa signature chez Neurot Recordings à fêter, cette soirée promettait donc d'être mémorable. Fan de Neurosis depuis des années, et m'étant déjà fait écraser par la puissance d'AmenRa il y a un an, à Nantes, dire que mes attentes pour ce concert étaient élevées serait un euphémisme on ne peut plus doux. En fait, je trépignais littéralement d'impatience...

Mettons les choses au clair tout de suite. Il est impossible d'être préparé à son premier concert de Swans. On aura beau avoir écouté a peu près toute leur discographie, y compris les nombreux lives, et avoir lu des nombreuses reviews sur le sujet, on ne sera jamais prêt, car c'est une expérience tout simplement impossible à décrire. Voilà, c'est dit, je me décharge donc de toute responsabilité quant à l'éventuelle incohérence de mes propos, et tacherai de restituer le plus fidèlement mes souvenirs de cette impressionnante soirée.

Ma fête de la musique, elle aura lieu ce soir. Ouais, je sais, la date officielle tombait deux jours avant, mais désolé, les bains de foule beaufs-bobos/les groupes de soupe/les stands à merguez et moi n’ont jamais fait bon ménage...
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