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Rock Altitude Festival 2015 14/08/2015 @ Le Locle, Suisse

Portrait de Estelle
Rock Altitude Festival 2015 14/08/2015 @ Le Locle, Suisse

2015, année de célébration. Après le Hellfest, c’est au tour du Rock Altitude Festival de fêter sa décennie d’existence. A occasion exceptionnelle, évènements exceptionnels : il n’y a pas trois mais quatre jours de festivités, et les deux mascottes du festival Jean Bryan et Dr Chapute ont décidé d’en profiter pour se passer la bague au doigt ! Les organisateurs s’en sont aussi donnés à cœur joie en nous concoctant une programmation aux petits oignons qui mélange habilement groupes locaux et pointures internationales. Après tout, on ne change pas une recette qui gagne.

NevBorn

Comme le veut la tradition, c’est un groupe du cru qui ouvre chaque journée de festival. Aujourd’hui cet honneur revient à NevBorn. Découverts ici-même en 2013, j’étais ressortie de leur concert avec des sentiments mitigés. Le potentiel était là mais il manquait ce petit truc qui aurait pu les différencier de tous les autres groupes du genre. Deux ans et un album plus tard, la différence est notable. Bien qu’arrivée en cours de set, je remarque tout de suite le changement : un groupe sûr de lui et des morceaux à l’identité plus affirmée. A revoir plus longuement pour confirmer cette bonne impression.


ØLTEN

Il existe des albums qui gagnent une place dans le Top de fin d’année immédiatement après leur sortie. Peu importe qu’on soit en Février ou en Août, ils sont assurés d’avoir le précieux sésame. C’est le cas de "Mode", le premier LP d’ØLTEN. Ce petit bijou ayant fait vibrer les murs de mon appartement (oui, les murs vibrent quand le volume de ma chaîne est supérieur à 17) pendant de longues semaines, autant vous dire que j’étais impatiente de le découvrir sur scène. Tient-il ses promesses ? La réponse est oui, triple oui ! Lourd, massif, pachydermique etc... Prenez tous ces adjectifs, multipliez-les par 10 et vous aurez une vague idée de l’intensité dégagée par ce concert. En deux mots : ça chie !




Cortez

Quand on assiste régulièrement à des concerts, il arrive forcément un moment où se pose la question de la lassitude. Peut-on encore ressentir du plaisir en voyant un groupe sur scène pour la énième fois ? J’aurais tendance à dire que tout dépend du groupe en question et de sa capacité à surprendre. A ce petit jeu-là, Cortez fait mouche à chaque fois.

Ce qui m’impressionne le plus dans ce groupe c’est sa capacité à créer une atmosphère qui lui est propre. Peu importe le lieu ou le contexte, vous avez toujours la sensation d’être transporté ailleurs. Dans cet univers tout est à fleur de peau, tout oscille entre fureur et mélancolie. Et comme à chaque fois, le point d’orgue de ce voyage prend corps dans ce long final d’"El Vetic" qui fait naître des vagues de frissons incontrôlables…  Non décidément, je ne me lasse pas de voir Cortez sur scène.




Jeg spiller luftgitar

Adieu inhibition, adieu amour-propre ! Kvelertak est annoncé sur la grande scène ! C’est un fait, la musique des Norvégiens me donne instantanément envie de sauter partout et de me lancer dans des démonstrations de soli de guitare imaginaire. Je vous laisse donc imaginer la dose de sang-froid qu’il m’a fallu pour rester tranquille dans le photo-pit alors que le groupe débutait son concert par "Kvelertak"... On est pro ou on ne l’est pas.

Ce soir il n’y a ni masque de hibou ni drapeau géant siglé. J’en connais qui ont dû être déçus de ne pas pouvoir sortir leur traditionnelle remarque acerbe « c’est plus un concert, c’est un spectacle » ! Kvelertak se concentre uniquement sur la musique et met le paquet côté setlist : "Evig Vandrar", "Fossegrim", "Offernatt", "Bruane Brenn", "Mjød"… Pendant une heure, le norvégien phonétique devient la langue officielle de la patinoire et les « effets Kvelertak » se multiplient. Il suffit de jeter un regard autour de soi pour apercevoir ici un groupe en pleine gigue déchaînée, là un verre de bière défiant les lois de la gravité… J’ai personnellement laissé libre cours à mes pulsions air guitaristiques entre deux sessions de chant non phonétique (ja, jeg snakker litt norsk). Nettement moins pro mais après tout, je suis aussi là pour me faire plaisir !


The Darkness

Deux écoles s’affrontent autour de la question des reports. L’une prône de les rédiger dans les heures qui suivent le concert tandis que l’autre préconise d’attendre quelques jours. Si j’avais appartenue à la première catégorie, vous auriez eu droit à un « c’était sympa » assez tiède pour décrire The Darkness. Je l’aurais probablement regretté car à l’heure qu’il est, il ne se passe pas un jour sans que je n’écoute un de leurs albums.

J’ai dû me rendre à l’évidence, ce concert a eu plus d’impact que ce que je pensais. Avec un peu de recul, j’ai réalisé que The Darkness était génial au sens premier du terme. Justin Hawkins et ses acolytes ont parfaitement compris ce qu’on attendait d’un groupe de Rock : un look immédiatement identifiable, des refrains facilement mémorisables, un sens inné du spectacle et de la mise en scène et un frontman charismatique qui prend un plaisir évident à être sous le feu des projecteurs. Difficile de résister face à une telle démonstration !




Karma To Burn

La dernière fois que j’ai croisé la route de Karma To Burn, le trio n’était plus que duo suite au départ/licenciement de Rich Mullins. Leur concert n’avait pas été mauvais, loin de là, mais il faut reconnaître que l’absence du bassiste filiforme s’était ressentie aussi bien au niveau musical qu’humain, l’ambiance n’étant pas des plus détendue…

Oubliés ces mauvais souvenirs ! Eric Clutter a repris la basse et j’ai l’impression que son arrivée a libéré Will Mecum. Maintenant qu’il n’est plus obligé de porter le groupe à bout de bras, il peut enfin se lâcher et prendre plaisir à jouer. La différence est moins notable chez Evan Devine qui, comme d’habitude, semble vouloir détruire son kit à chaque frappe. Entièrement acquis à la cause des Américains, le public est survolté et clôture cette troisième journée de festival dans la folie la plus totale.

Tandis que quelques courageux profitent du DJ set de Gaspard de la Montagne, le site se vide doucement de ses occupants. Il faut dire que la nuit est déjà bien avancée et que la fête reprend dans quelques heures à peine. En longeant la patinoire étrangement vide, je lui fais mes adieux silencieux tout en lui assurant que nous nous reverrons très bientôt. Après tout, ça passe vite 364 jours…

Je terminerai en félicitant toute l’équipe du festival qui a encore une fois abattu un travail de titan. Un grand bravo et surtout, bon anniversaire !
 

Quand je ne regarde pas une compétition de saut à ski, j'écoute de la musique à un volume sonore déraisonnable.

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