Pelican - Forever Becoming (2013)

Pelican - Forever Becoming (2013)

Pelican est revenu sur disque en octobre après avoir saupoudré sur soundcloud de nombreux extraits de ce Forever Becoming plusieurs mois avant sa sortie. Comme si le quatuor avait quelque chose à se faire pardonner et qu’il voulait « tâter » le proverbial terrain avant d’officialiser la sortie de son cinquième titre.

C’est que voyez-vous, après What We All Come to Need, leur précédent effort datant de 2009, on a bien cru que s’en était fait de Pelican. Un hiatus plus ou moins clair entre les membres, suivi du départ du guitariste Laurent Schroeder-Lebec, n’amenait certes rien de bien bon. Puis, un EP paru l’an dernier à l’improviste a donné un peu d’espoir aux amateurs. Ataraxia/Taraxis était prometteur, puisqu’il marquait un retour aux sources par rapports à What We All Come to Need. Pas qu’il n’était pas bon ce disque, mais les compositions y étaient très carrées, parfois fades et souvent peu élaborées (en comparaison avec le restant du catalogue du groupe).

Ce qui nous amène à Forever Becoming. On y reconnaît sans aucun doute la signature de Pelican. Des murs de guitares au son si caractéristique, des pièces étoffées, longues et hermétiques, de lentes mais savantes transitions entre l’agression et l’aérien et un sens du crescendo sans pareil. C’est ce qui a fait le renom du groupe dès Australasia en 2003, mais surtout sur The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw (2005) et City of Echoes (2007).

L’album s’ouvre avec Terminal, une approche nuancée sans être superficielle qui, en quelques trois minutes, met magnifiquement la table à Deny The Absolute et The Tundra, les deux plus féroces compositions de l’opus. Les riffs pesants encore ici, leur complexité nous transpose loin des formules couplets/refrains des pièces comme Ephemeral et The Creeper sur What We All Come to Need. Pour un groupe instrumental, c’est quand même une bonne nouvelle!

Puis vient Immuable Dusk, pièce maîtresse de l’album. Après un départ canon, la troupe ralentit la cadence pour se permettre le premier moment de vapeur. C’est dans les territoires explorés par Mogwai (de l’ère de Rock Action et Young Team), mais aussi de Locrian, ses collègues de Chicago, que Pelican étonne et captive le plus ici. D’ailleurs c’est en ces eaux calmes que le quatuor naviguera jusqu’à la conclusion épique de Forever Becoming, Perpetual Dawn.

Avec ce nouveau gravé, Pelican surgit de ses propres cendres en proposant un album concis, précis et hautement réfléchi. Ça ne veut pas dire qu’on ne s’y ennuie pas par moment, mais il faut avouer que Forever Becoming est l’effort le plus convaincant du groupe depuis City of Echoes.

Si Hegel avait vécu de nos jours, il aurait assurément apprécié la synthèse esthétique opérée par Pelican sur Forever Becoming, un titre qui, avouons-le, évoque aussi le vieux philosophe allemand.

Pelican - Forever Becoming (2013)
Pelican
Forever Becoming
Terminal
Deny The Absolute
The Tundra
Immutable Dusk
Threnody
The Cliff
Vestiges
Perpetual Dawn
Journaliste et brigadier des Internets (oui oui), je vous ponds des critiques de disque analytiques sur des groupe qui font dans le «garoché». ISIS est ma muse, pis moi sur twitter c'est @jsimonfabien.

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