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Earth : Dylan Carlson et les albums qui ont marqué sa vie

Portrait de baktelraalis
 Earth : Dylan Carlson et les albums qui ont marqué sa vie

Dylan Carlson fait partie de ces musiciens dont le talent n'a d'égal que leur invraisemblance. Armurier d'un triste jour pour Kurt Cobain, drug-addict ayant élevé la musique à un niveau métaphysique rare, Carlson est un homme aux goûts défrayant la chronique (cf l'influence du groupe Tuareg nommé Tinariwen dans les influences de Angels Of Darkness, Demons Of Light I ou la forte impact de son amour pour la musique Country ou Jazz dans ses dernières compositions). Voici donc une anthologie des albums l'ayant fortement impacté tout au long de sa vie publiée aujourd'hui sur le site Pitchfork.com et traduit instantanément par nos soins.

5 ANS
Lynyrd Skynyrd: "Free Bird"

Il y avait ce jeune couple qui vivait dans le même bâtiment que nous et qui nous gardait, mon, frère jumeau et moi. A y repenser, ils devaient prendre beaucoup de marijuana. Ils avaient l’air d’avoir envie de parler à deux gamins de 5 ans, ce pour quoi beaucoup d’adultes n’avaient pas le temps. On traînait ensemble après l’école. Ils devaient beaucoup écouter Free Bird, et c’est resté collé dans ma mémoire. Je me souviens très bien de la partie très rapide au milieu du morceau avec tous les solos.

10 ANS
Eagles: "Desperado"

J’aime le coté hors-la-loi du Far West. Quand j’étais petit, de 6 à 11 environ, je vivais en Allemagne. On était dans un quartier Américain et la principale source de divertissement consistait à jouer aux cowboys et aux Indiens. Et taper les petits Allemands.

Pitchfork: Est-ce que tu aimais les Westerns quand tu étais petit?

Ouais, mon préféré était Il était une fois dans l’Ouest.

15 ANS
Black Sabbath: Born Again

Quand j’ai eu 11 ans, on a déménagé au Texas. C’est la que j’ai commencé à avoir mes préférences musicales et à acheter des cd. A 12 ans, j’ai vu mon premier concert: Molly Hatchet and Saxon. Le deuxième c’était Black Sabbath pour le Welcome to Hell tour.
Born Again, c’est l’album avec Ian Gillan (de Deep Purple) au chant. J’aime cet album. J’ai toujours aimé Deep Purple, et Gillian est l’un de mes chanteurs préférés. J’ai lu quelque part que c’est le pire album de Black Sabbath en termes de vente, ce qui me surprend. Pour la première fois je me disais: “Le nouvel album va sortir, je vais l’acheter et lire ce qu’on en dit”. Et j’ai vraiment aimé la pochette.
Je ne prêtais pas attention à Sabbath quand Tony Iommy y avait une aussi grande place. Je veux dire j’adore Tony Iommi et tout, mais on dirait que ces albums ont tous un chanteur différent. Ils ont perdu beaucoup.

Pitchfork: Es-tu déjà entré en contact avec des gens de Sabbath?

Non Sabbath vient de Birmingham en Angleterre et il parait que Tony est venu à un festival dans lequel nous avions joué une fois, mais en fait je ne l’ai pas vu. Les deux créatrices du festival essayent toujours de faire que la Ville de Birmingham reconnaisse que c’est la ville du Heavy Metal et appose une plaque ou un statue pour le rappeller.

Pitchfork: C’est pas une mauvaise idée.

Oui. Tout le monde a l’air de dire que Microsoft et Starbucks ont placé Seattle sur la scène internationale, mais c’est des conneries. C’est la musique qui l’a fait. En fait, la musique a apporté plus d’argent à Seattle que la biotechnologie. Mais on a toujours de l’alcool horrible et des lois pour les clubs. Les musiciens sont traités comme de la merde à Seattle à moins d’être Jimi Hendrix, qui n’en avait plus rien à faire de la ville une fois qu’il l’avait quittée.

20 ANS
Slayer: Reign in Blood

J’ai acheté Reign in Blood en vinyl, "Raining Blood" se terminant sur le bruit de la pluie. Il y a beaucoup de speed metal, mais Slayer est juste meilleur. C’est difficile pour moi de choisir un album préféré parce que Reign in Blood, South of Heaven, et Seasons in the Abyss forment une trilogie parfaite pour moi. Le choix de mon préféré dépend de mon humeur et de mon état d’esprit.

Pitchfork: A l’époque, est-ce que Slayer a influencé ta musique?

Oui, complètement. A l’époque j’étais à fond dans King Crimson et les Melvins mais je pensais toujours "Qu’est-ce que ca donnerait si il y avait un riff comme dans 'Raining Blood', mais ralenti?" Je revenais toujours à ça. C’est marrant, à l’époque beaucoup de groupes essayaient d’être les groupes les plus rapides de la Terre.

25 ANS
Spacemen 3: Playing with Fire

C’est le double vinyl, où le tremolo joue le rythme, celui avec “Suicide”. Pour de nombreuses raisons, cette année était très floue pour moi. J’aimais sans doute la répétition, l’absence de batterie, le contenu camé. Ils ont ce truc, et ils le font très bien. J’ai toujours aimé les artistes du genre obsédés.





30 ANS
Massive Attack: Mezzanine

Je vivais à Los Angeles, et je venais de sortir de ma première desintox’. Quelques uns de mes amis étaient dans la musique Dance, et j’ai vraiment aimé comment Mezzanine intégrait des guitares lourdes et était dans le côté plus lent. Et j’ai aimé Teardrop parce qu’il y avait ce clavecin et cette nana de Cocteau Twins. L’album avait une teine bizarre et sombre. Cette année je travaillais chez un disquaire Wherehouse dans Monterey Park et mon ami et moi écoutions beaucoup de musique Dance dans sa voiture, mais aucun n’avait ce que Massive Attack avait.

Pitchfork: Est-ce que le processus de désintoxication dans lequel tu te trouvais a décuplé le pouvoir de cet album?

Peut-être. C’était quelque chose de vraiment nouveau et différent pour moi. Un autre album que j’ai aimé à cette époque était "Electric Mainline" de Spiritualized, qui, je le pense, n’est pas un très bon album pour une desintox’. C’est tout l’inverse en fait.

Pitchfork: "Teardrop" est utilisé dans la bande son de la série "House", et des morceaux de l’album sont joués dans des publicités. Est-ce que c’est bizarre pour toi de les réentendre dans ces différents contextes?

Oui. Si seulement j’aimais cette série! Je veux dire, tu veux entendre la musique que tu aimes pour quelque chose que tu pourrais aimer aussi. Dommage.


35 ANS
Waylon Jennings: Waylon Live

C’est l’époque où j’écoutais beaucoup de Duane Eddy, Danny Gatton, Sonny Sharrock, Miles' In a Silent Way-- beaucoup de trucs country et jazzy. Et j’aimais vraiment comment Waylon jouait de la guitare. Il est juste sous-estimé en tant que guitariste. C’est lui qui dirige.

Pitchfork: Après Reign in Blood tes choix semblent se tourner vers des trucs atmosphériques. Waylon, contrairement à d’autres artistes country, a cette vibration lancinante alors que ce pourrait être plus simple et direct.

Oui, c’est marrant. Pour moi, Slayer et les autres groupes de ce genre sont plus planants. En particulier sur "Raining Blood", il y a l’orage, le tonnerre et le bruit de la pluie. On dirait un groupe de métal pour bande son de films en quelque sorte.
Metallica a cet imaginatif et cette ambiance sur Ride the Lightning, mais après quelque chose est arrivé et ils sont devenus ce truc macho. Une fille m’a un jour fait remarquer que leurs morceaux n’admettent même pas l’existence des femmes. C’est de l’énergie masculine, et c’est juste à propos de gars en cognant d’autres. Par rapport à Slayer, il y a quelque chose de très organisé chez Metallica.

40 ANS
Gateway Trio: Gateway

Cet album est sorti en 1975 et John Abercrombie jouait de la guitare, Dave Holland de la basse, et Jack DeJohnette de la batterie - un trio de jazz on dirait. Ici aussi il y a quelque chose de country et bizarre. Leur morceau "Back-Woods Song" comporte la guitare la plus bizarre que j’ai entendu. Et j’aime comment DeJohnette utilise ses cymbales. J’aime toujours Dave Holland's -- il a joué avec Miles Davis sur In a Silent Way et Bitches Brew. John Abercrombie a joué accoustique dans son groupe Oregon; ils jouaient de la musique indienne mélangée à du jazz. Leur plus récente sortie est vraiment bonne même si ils ont viré new age sur la fin.

J’ai toujours aimé l’improvisation. Quand j’ai débuté ave Earth, je préférais enregistrer en studio que jouer sur scène. Maintenant, c’est l’inverse. On dirait qu’avec les grosses maisons de disque et toutes ces nouvelles musiques, plus personne ne joue sa propre musique. Tout est question d’auto-tune et de correction de pitch. Pour moi, voilà ce qui est différent concernant ce qui n’est pas signé sur une major.

Autrefois, ce qui comptait c’était la musique live. Et puis, la technologie devenant meilleure, il y a eu ce changement. L’artiste studio avait plus de reconnaissance que le musicien live. Ils pouvaient créer cet objet qui allait être vendu. L’idée de créer le morceau parfait sur album devenait plus important que de le jouer en live. Mais on dirait que la musique live redevient importante désormais, tout comme les vinyls qui reviennent. Je pense que les gens veulent voir des groupes capables de jouer leur musique sur scène. Et j’aime intéragir avec la foule et jouer face à des gens plutôt que juste exister à travers un objet.

 Earth : Dylan Carlson et les albums qui ont marqué sa vie
Baktelraalis
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