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IRN (Toronto)

Portrait de William
IRN (Toronto)

Si votre cerveau est à la recherche de nouveaux défis, les articles « Scène canadienne » vous seront destinés. Avec ce nouveau concept, je vous plongerai au plus profond de la scène musicale canadienne. Pourquoi le Canada ? Parce que j'y vis et que nous avons des artistes qui regorgent de talent. Ces musiciens passent trop souvent inaperçus, l'absence de médias de qualité et le faible taux de population y sont sans doute pour quelque chose. Mon devoir sera donc de remédier à cette fâcheuse situation en vous plongeant dans le vif de notre scène, certainement plus vivante et violente que vous ne l'imaginez.

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Aimez-vous quand le son qui émane de vos enceintes est sale, poussiéreux et crade ? Aimez-vous sentir une légère odeur d'égout s'échapper de la pochette de l'album que vous écoutez ? Si votre réponse est oui, nous avons un point en commun : il se nomme IRN. Cette nouvelle formation torontoise grimpera rapidement les échelons avec cette première parution éponyme. Avec seulement trois morceaux, cette mutilation sonore s'étend sur plus d'une trentaine de minutes. IRN se savoure à un volume maximal, l'ajout d'un verre de son alcool favori rendra l'expérimentation encore plus palpitante. Ne soyez pas trop joyeux lors de l'exercice, vous risquez de perdre toute l'énergie positive qui sommeille en vous. L'énigmatique pochette ne saura certainement pas vous rassurer sur son contenu. L'illustration présente le croisement entre un humanoïde, une créature et une montagne. Au premier coup d'oeil, l'observation de celle-ci provoque un heureux mélange d'anxiété et de curiosité. Cette jeune production n'a que quelques mois d'âge et elle semble déjà flirter avec le démon, un démon qui a su guider des formations comme Grief,Sourvein, Warhorse, Noothgrush et Eyehategod. Aurions-nous enfin une formation canadienne qui ose emprunter les sentiers sinueux qu'ont parcouru ces légendes de la musique lourde ? Voyons voir ce que nous réserve ce trio ontarien.

 

IRN - IRN

 

01 - Adrift Between Burned Out Villages (17:40)

Du haut de ses dix-sept minutes, ce premier titre vous engloutira lentement dans un bain d'acide. Plus les secondes défilent, plus votre inconfort grandira. Le désespoir s'évapore de chacun des riffs, ce doom funéraire fusionne anormalement avec un sludge poisseux et moribond. La rouille se formera aux abords de vos enceintes, la pourriture s'emparera de votre système sonore. La surprise se produit à la huitième minute, alors que le tempo s'amenuise, l'angoisse bondit d'un cran. Un ensorcelant extrait sonore s'incruste aux mélodies déroutantes, ce sample évoque les bonnes choses de la vie comme les toxicomanes, les déviants sexuels et les tueurs en série. Ce segment nous transporte pendant plusieurs minutes à travers un délire musical rarement vu en matière de sludge. Par la suite, un valeureux riff vient briser les expérimentations du guitariste afin de doucement nous tirer vers la lente et brumeuse conclusion. Adrift Between Burned Out Villages est un titre colossal et saisissant, les écoutes répétées vous révéleront de nouvelles sonorités.

 

02 - Always Die Slowly (7:43)

Le titre de ce deuxième morceau en révèle déjà très long sur ce qu'il offre. Étonnement, la cadence est plus rapide que celle de son prédécesseur. La guitare est étourdissante, voire même lobotomisante. L'utilisation de samples est encore une fois surprenante et imprévue, l'introduction est à vous cailler le sang. La violence et l'acharnement de cette composition s'apparentent plutôt à des groupes comme Lord Mantis et Indian. Les hurlements du bassiste sont offensifs et puissants, ils retentissent incessamment dans nos tympans. La finale offre un amalgame de samples tourbillonnants, cela évoque des similarités très positives avec le groupe montréalais Show Of Bedlam. Always Die Slowly est sans contredit le meilleur morceau issu de cet album.

 

03 - Old Orange Hands (7:11)

Aaaaaaarrggggg, grraaaaaaaaaa, rrraaaaaaagg. Il est difficile de se l'imaginer, mais voici les trois premiers mots de Old Orange Hands. Je vous recommande fortement d'écouter les pistes en simultané avec cette lecture, vous aurez beaucoup plus de plaisir à déchiffrer la musique corrosive de IRN. Ce dernier titre ne laisse aucune chance, il s'agit de la fatalité à l'état pur. La structure est brutale, les martèlements de tambours sont dominants, les riffs sont costauds et virils. Le trio n'a pas de quoi être jaloux, sa puissance sonore rivalise avec les grands noms actuels dans les styles doom et sludge. Le seul aspect négatif de ce troisième morceau est qu'il conclut l'album. Vous ne serrez pas rassasié après l'écoute de ce premier effort, IRN est convainquant, mais le résultat est trop court. Votre soif de riffs démoniaques ne fera qu'augmenter après les dernières notes de Old Orange Hands. La seule et unique solution se situe à votre portée, j'ai nommé l'option « Repeat ».

 

 

ENTREVUE

 

Afin de vous faire rigoler un peu et de vous permettre de découvrir sous un autre angle le batteur de IRN, prénommé Will, voici une brève entrevue plus ou moins sérieuse de style « questions/réponses » sur sa vie de musicien. Chaque article « Scène canadienne » vous permettra d’apprendre quelques faits divers chez l’un des musiciens de la formation choisie. J’espère que vous prendrez l’habitude de venir voir les insanités que chacune de ces formations a à vous révéler.


À quel âge as-tu commencé à jouer de la musique ?

J'ai commencé à jouer de la batterie quand j'avais cinq ans. Mon vieux était un musicien/technicien de son, il y avait toujours de la musique qui prenait vie dans la maison, ça m'a marqué d'une façon indéniable.

 

Est-ce que tes parents étaient d'accord avec cette décision ?

Totalement. Mes parents sont mes plus grands partisans. Ils venaient toujours voir mes concerts lorsque j'étais jeune, ils nous conduisaient et emportaient tout notre équipement. Par contre, ils sont curieux de savoir quand je cesserai de jouer dans des groupes de musique lourde et que je commencerai à faire de la « vraie » musique.

 

Combien d'instruments joues-tu ? En as-tu déjà brisé quelques-uns sur scène ?

Je joue de la batterie en premier lieu, la guitare et le synthétiseur/drum machines/pédales viennent en deuxième. Heureusement je n'ai jamais brisé mon équipement à l'exception de quelques peaux, cymbales et doigts (ouais !).

 

Est-ce que ton premier concert était un fiasco ?

J'avais neuf ans, je jouais des reprises de Green Day, Nirvana et The Offspring lors d'une fête du Nouvel An avec plusieurs amis. J'ai été poursuivi jusqu'à la salle de bains des garçons par une horde d'adolescentes prépubères, à l'époque j'étais complètement terrifié.

 

As-tu déjà fait une prestation devant une salle vide ?

Presque. Quand j'étais batteur pour The Great Sabatini en 2008, nous avions joué dans une petite ville d'Alberta, les groupes locaux ne se sont même pas présentés. Il devait y avoir environ quatre personnes incluant les membres du personnel du bar. Peu importe, à la fin de la nuit ma batterie a fini par se disperser à travers la salle et les quelques personnes présentes jouaient avec nous jusqu'à ce que les feedbacks deviennent trop forts pour eux. De bons souvenirs.

 

Quelle est la chose la plus stupide que tu as faite durant un concert sous l'effet de l'alcool ?

Probablement vomir partout sur ma batterie, et ensuite continuer à jouer avec les résidus qui rebondissent dans tous les sens. Punk rock for life.

 

Quel est le concert le plus fou que tu as joué en sol canadien ?

En 2007, mon bon ami Thomas Aurele (de Animal Ethics Inc) et moi, avons joué une prestation noise dans une soirée privée appelée « Electric Lemonade » à Montréal. Le sous-sol était complètement rempli, et en quinze secondes Thom avait déjà brisé plusieurs vinyles sur son visage et il lançait les morceaux dans la foule majoritairement composée d'individus ayant consommé du LSD. Une minute plus tard, il restait probablement sept personnes qui nous regardaient, mais ils ont vraiment adoré.

 

Il n'y a pas énormément d'options, mais quel artiste canadien t'a le plus marqué au fil du temps ?

Gorguts ou bien Joni Mitchell. Elle est la meilleure. Intouchable, véritable, passionnée, brillante, sans faille.

 

Quel est le groupe de musique le plus prometteur provenant de ta ville ?

IRN bien entendu ! Héhé, mais sérieusement regardez Demonic Possessor, Eyeswithoutaface ou Hammerhands. Ils détruisent. C'est difficile de simplement te donner une suggestion provenant de Toronto, dernièrement nous avons été très innovateur dans la scène métal.

 

Quand cesseras-tu de jouer de la musique ? Et pour quelle raison ?

Probablement la mort physique ou un accident grave qui me laisserait handicapé, dans ce cas je demanderai l'euthanasie de toute manière.

 

INTERVIEW

 

When did you start playing music?

I started drumming when I was about 5. My old man is a musician/sound man, so there was always live music happening in the house, and it just so happened to rub off on me in a strong way.

 

Were your parents happy about this decision?

Absolutely. My parents are my biggest supporters. They  always came to my gigs as a kid, drove us and our gear too. Though they are curious as to when I'll stop playing in "loud arty bands" and start playing "real" music.

 

How many instruments are you playing? Have you ever broke one on stage?

I play drums primarily, guitar and synths/drum machines/pedals come secondary. Thankfully never broken my gear, though I've definitely broken quite a few skins, cymbals, hardware and fingers (yep!)

 

Was your first show a complete nightmare?

I was 9, playing Green Day, Nirvana and Offspring covers at a new years eve dance with a few other kids. Being chased into the boys washroom by a mob of pre pubescent girls at the time was pretty terrifying.

 

Have you ever played a show with nobody in the crowd?

Almost. When I was playing with The Great Sabatini in 2008, we played some small town in Alberta, and not only did the local support not make it out, but I think along with the bar staff there might have been 4 people there. However, by the end of the night, my drums ended up scattered around the pub with the other few peoples there playing along with us until the feedback became too much for them. Good times.

 

What is the drunkest thing you have ever done while playing or during a show?

Probably Puking all over my kit, and then proceeding to keep playing with my barf bits bouncing all over the place. Punk rock for life.

 

Can you describe the craziest gig you ever played in Canada?

In 2007, my good buddy Thomas Aurele (from Animal Ethics Inc) and I played a noise set at an 'electric lemonade' house party in Montreal. The basement was absolutely packed, and within 15 seconds Thom was already smashing vinyl off his face and throwing the shards into a crowd of people licked on LSD. A minute later there was probably 7 people left watching us, but they fucking loved it.

 

There is not a lot of quality options, but what is your favourite canadian band of all time?

Gorguts. Or Joni Mitchell. She's the best. Untouchable. Genuine. Passionate. Brilliant. Takes no shit.

 

Can you tell us the best band recently coming out of your hometown?

IRN of course!! Heh, but seriously check out Demonic Possessor, Eyeswithoutaface or Hammerhands. They crush. Hard to name just one as Toronto seems to be a hay field for innovative metal these days.

 

When will you stop playing music? And obviously why?

Physical death, probably. Or a freak accident leaving me limbless, in which case I'd request euthanization anyway.

IRN (Toronto)
Chroniqueur montréalais pour Pelecanus depuis juin 2010 ayant participé à l'organisation de concerts ainsi qu'au défunt projet de webradio.

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