Nothing + Israel Regardie 02/11/14 @ Le Sonic Lyon

Nothing + Israel Regardie 02/11/14 @ Le Sonic Lyon

Ca faisait quelques mois que je n’avais pas été traîner mes oreilles de ce côté de la Saône, mais le passage de Nothing à Lyon s’annonçait comme l’une des dates incontournables de cet automne. Ayant quelques heures d’écoute en boucle de leur album Guilty of Everything à confesser, c’est donc impatiente que je retrouve la chaleur moite du Sonic pour une affiche shoegaze partagée avec les locaux de Israel Regardie. Ce soir, retour dans les 90’s: arbore fièrement le vieux t-shirt à l’effigie de ton ancien groupe préféré, enfile tes vans et ton baggy mais surtout n’oublie pas tes boules quiès, car oui le revival shoegaze actuel est bien plus burné qu’à l’époque. Nothing n’est pas signé sur Relapse Records pour rien.

Israel Regardie

C’est Israel Regardie qui ouvre le bal, après une setlist improvisée en dernière minute. Le bon vieux mélange (très en vogue) cold-wave/post-punk fonctionne, c’est globalement bien foutu, on est embarqué par les mélodies, un peu moins par la voix il faut le dire. Ce qui m’avait séduite à la première écoute a du mal à passer le cap du live, même si l’énergie est là, je passe mon tour pour cette fois-ci et me contente de la version studio.

 

Nothing

Nous voila donc plongés dans un spleen adolescent à la moiteur bleutée, quelque part dans un film de Larry Clark, dans le milieu skate du Philadelphie des années 90.

Les Ricains de Nothing prennent la suite, le temps de s’installer et de faire quelques réglages son et lumière… au grand dam de notre cher photographe. Les projos ça donne chaud et ça éblouit, ils feront donc sans. Pas de projo pas de photo, mais une ambiance lumineuse qui colle à ce qu’on va vivre.

Nous voila donc plongés dans un spleen adolescent à la moiteur bleutée, quelque part dans un film de Larry Clark, dans le milieu skate du Philadelphie des années 90. Les 4 musiciens sont à l’image de ce renouveau shoegaze, déjà physiquement, avec leur style d’ados sur le retour ancré dans cette période mais tellement actuel. Et surtout musicalement, avec un parfait équilibre entre ces mélodies flottantes et ces voix aériennes auxquelles ils viennent asséner une lourdeur et une intensité galvanisantes.

Le passé punk-hardcore de certains de ces messieurs s’en ressent, ça monte très vite et très fort en décibels [...]

Sur scène, tout ça prend une vraie dimension, amenée par un son beaucoup moins sage que sur album et qui balance plus du côté du grunge que de la dream pop. Le passé punk-hardcore de certains de ces messieurs s’en ressent, ça monte très vite et très fort en décibels: tout est plus lourd, plus puissant, plus cradingue.

En début de set, quelques samples vocaux qu’on imagine cinématographiques ou télévisuels viennent s’insérer entre les morceaux. On se laisse emporter par cette espèce de vague enveloppante qui colle à la plupart des titres : « Hymn to the Pillory », « Endlessly », mélancoliques à souhait, avec juste ce qu’il faut de fureur; puis on finit toujours par se prendre une bonne claque version raz-de-marrée assourdissant : « Dig », « Bent Nail », et surtout « B&E », qui devient en live d’une lourdeur effroyable et dissonante… mais jouissive. Les deux voix des chanteurs guitaristes Domenic Palermo et Brandon Setta, déjà discrètes sur album, s’effacent au profit des saturations de leurs riffs et des lignes de basse bien grasses portées par Nick Bassett, au centre de la scène. Toute la soirée, je navigue entre le regret de ne pas retrouver la subtilité de l’album et le plaisir d’entendre cette putain d’épaisseur et de consistance que prend leur musique en concert.

Une dizaine de morceaux plus tard, les corps sont exténués et les oreilles bien décrassés par ces odes à la jeunesse perdue. Un rappel vient boucler la boucle: « ok encore un, mais ce sera notre dernier puisqu’on en n’a pas d’autres! ».

 

Crédits photos : Rémy Ogez

Je voulais travailler dans la culture mais ça marchait pas, alors pour tromper l'ennui j'allais voir des concerts puis j’écrivais des trucs. J'ai fini par trouver du boulot, mais j'ai continué à écrire.

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