Desertfest Anvers 2015 - Jour 03 : "Last but not least... "

Desertfest Anvers 2015 - Jour 03 : "Last but not least... "

Troisième et dernier jour de psychédélisme dans la flamande Anvers ; la fatigue commence à se sentir et les choix se font beaucoup plus stratégiques. La belle découverte du jour sera pour ma part Maudlin et ses notes stratosphériques. La bûche d'or incontestée revient à Goatsnake, qui nous a sorti le grand jeu : classiques, gros son, guest star… Mention spéciale à Valient Thorr qui a réussi à semer la panique dans le Trix !

Toujours de bonne heure levée, c'est avec le set de Glowsun à 16h que j'entame le dimanche. Là n'est pas la découverte, certes, mais il faut savoir que nos Lillois préférés ont la fâcheuse habitude de nous surprendre de date en date ; et ils font une nouvelle fois honneur à leur réputation.

Glowsun profite d'un lieu privilégié pour étendre les œuvres de Johan Jacob, le chanteur-guitariste-graphiste, et diffuser un son aussi épais qu'un parpaing cosmique

Installé sur la grande scène, la Desert Stage, Glowsun profite d'un lieu privilégié pour étendre les œuvres de Johan Jacob, le chanteur-guitariste-graphiste, et diffuser un son aussi épais qu'un parpaing cosmique. Deux semaines après leur passage triomphant au Glad Stone Fest à Paris, le ch'trio remet ça de plus belle avec des effets visuels à faire pâlir Monomyth, pourtant très à l'aise sur la question. On apprécie particulièrement les nouveaux morceaux de Behind The Wall Of TIme, visiblement taillés pour la scène.

Mené d'un pied de fer dans des bottes de boxeur, le grabuge se veut politique, social, voire philosophique, mais surtout rock'n'roll

C'est dans cette même salle que Valient Himself, frontman émérite de Valient Thorr, guide ses fidèles Thorriors à travers la sanglante "Bataille du Pit". Mené d'un pied de fer dans des bottes de boxeur, le grabuge se veut politique, social, voire philosophique, mais surtout rock'n'roll ! A chaque œillade des belligérants  c'est le mot charisme qui flotte dans les esprits. Valient Thorr se place juste à côté d'Orange Goblin sur le trône des vainqueurs. Le show est tellement bien huilé qu'il reste du temps ! "On n'a pas l'habitude" nous lancent-ils désemparés. Le public de répondre dans les plus brefs délais "allez une autre !!" Et c'est reparti pour 5 minutes de décibels enragés, de mèches dans les yeux et d'épaules qui s'entrechoquent. Quelle bouffée de liberté !


 

Je reste tristement accrochée au premier degré non mérité des notes post-rock de Papir

Le cœur en joie, je me dirige vers Papir. Aïe aïe aïe… Je ne dis pas ça pour Papir, oh non les pauvres ne le méritent pas, mais comment diable jouer après Valient Thorr ?? Qui plus est dans un style diamétralement opposé… Papir et ses motifs psychés à toute épreuve ne parvient pas à faire décoller mon imagination. Je reste tristement accrochée au premier degré non mérité des notes post-rock de Papir. S'il est difficile d'égaler l'aisance de Valient Himself sur scène, la prestation des Danois manque sévèrement d'énergie et de présence. Dommage.

 

Le quintet stratosphérique propose un son très réfléchi, dans le style de Neurosis ou de Pelican

Déçue par Papir je tente Maudlin, un orchestre belge qui fait dans le psyché lui aussi, pour changer.  Mais là c'est un vrai spectacle qui s'offre à nous, critique public du Desertfest ! Planqué au fond du bar sur la Vulture Stage, le quintet stratosphérique propose un son très réfléchi, dans le style de Neurosis ou de Pelican. L'ambiance est posée mais il se passe quelque chose, il y a un partage intense entre la scène et la salle.

 

Très intriguée par la suite à venir, à savoir Goatsnake, je ne tends qu'une oreille incertaine vers Bongzilla, choix que je regretterai par la suite car le poids des sonorités qui m'atteignent à l'approche de la Desert Stage sont absolument exceptionnelles ! La bûche d'or du jour, comme certains aiment à la qualifier, demeure incontestablement Goatsnake. Les blues doomeurs de Los Angeles terrassent leur public avec une setlist frôlant la perfection. Slippin The Stealth, Flower Of Disease ou The Orphan laissent toute une assemblée dans un état de béatitude fusionnelle et communicative. Les accords de Blackage Blues sont également appréciés à leur juste valeur. A l'instar de l'album, le show se veut aussi émouvant que torturé, aussi sale que hanté. Greg Anderson fait trembler le Desertfest devant son mur d'amplis, tandis que Pete Stahl hypnotise la foule. Goatsnake donne autant qu'il reçoit, la communion est totale.

L'émotion atteint son paroxysme lorsque Mario Lalli entre sur scène pour accompagner le groupe à la guitare sur le dernier morceau, Elevated Man, issu du Blackage Blues. Un grand moment de spectacle qui referme cette deuxième édition du Desertfest Anvers à la perfection !

Setlist :

  • Slippin The Stealth
  • Flower Of Disease
  • The Orphan
  • House Of The Moon
  • Blackage Blues
  • Graves
  • Easy Greasy
  • The Dealer
  • A Killing Blues
  • Mower
  • Elevated Man (feat. Mario Lalli)

Crédits photos : Patrick Baleydier

Journaliste - rédactrice, à l’affût des nouveautés rockailleuses venues du désert et d'ailleurs...
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