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The Ocean : "Pelagial est un condensé de tout ce que nous avons pu faire"

Portrait de Fred Nvrd
The Ocean : "Pelagial est un condensé de tout ce que nous avons pu faire"

C'est à l'occasion du concert de lancement en Suisse de "Pelagial" que The Ocean se livre à propos de son nouvel album. Entretien privilégié avec le mentor du groupe Robin Staps et le chanteur Loïc Rosetti, ce dernier se faisant plutôt rare dans les interviews. Un échange amical et assez bordélique, à quelques heures de jouer pour la première fois le nouvel opus en live, les deux gaillards sont relativement dissipés et taquins.

Après plus d'un an de travail, d'enregistrement et de préparation à la sortie de "Pelagial", quels sentiments vous habitent ? De la pression ou plutôt soulagé ?


Robin : Je ne sais pas comment je me sens à vrai dire, un peu fatigué, il s'est passé beaucoup de choses cette semaine pour la préparation de ce live. Nous sommes toujours en train de travailler notamment sur les lumières. Notre ingénieur light est encore en train de programmer à l'heure où nous faisons cette interview, c'est un vrai maniaque qui travaille 16h par jour. Nous dormons très peu et travaillons beaucoup, tout ça est un peu surréaliste. Je viens de recevoir les premiers retours des contacts presse et l'album est déjà "album du mois" dans plusieurs magazines. Cela me rend très heureux évidemment mais je suis encore focalisé sur la préparation de ce live. Tout rentrera dans l'ordre lorsque nous serons en tournée dès la semaine prochaine. Pour l'instant, les premiers retours sont très bons, les gens semblent attendre l'album avec beaucoup d'impatience donc je peux dire que nous sommes satisfaits après tout le travail accompli.

 

En parlant du travail accompli depuis les débuts de la composition de l'album, vous ne vivez pas tous dans la même ville ni dans le même pays. Quel est votre processus de composition ? Comment travaillez-vous ?

Loïc en parlant de Robin : Il ne travaille pas...

Robin : oui, oui...

Loïc : c'est un peu vrai quand même...

Robin : Nous avons un processus différent de la plupart des groupes. Par exemple, au jour d'aujourd'hui nous n'avons pas joué ensemble véritablement depuis plus de 6 mois, nous ne sommes pas tous au même endroit, nous devons donc nous organiser autrement de façon assez strict et efficace. A l'heure d'internet, cela reste assez aisé de travailler à distance car nous ne répètons pas. Lorsque nous étions à Ocean Land (NDLR : lieu de vie de Robin à une époque à Berlin, d'une vieille usine il en avait fait un lieu pour que le groupe puisse créer et pré-produire ses albums) nous ne faisions que répéter mais avions peu de concerts. Aujourd'hui c'est l'inverse, nous ne répètons jamais et sommes constamment en tournée, ce qui est assez étrange. Pour "Pelagial", nous n'avons travaillé les morceaux tous ensemble que cette semaine lors de notre résidence en Suisse. Nous avons eu une autre semaine de travail commun à Berlin il y a un mois, mais Luc notre batteur s'était blessé à la main. Cette semaine est donc la première où nous jouons tous ensemble les nouveaux morceaux. L'album a également été enregistré séparemment, nous n'avons pas jammé ou créé "Pelagial" de manière classique car je suis à l'origine de la composition complète qu'il s'agisse de la musique ou des paroles. Ce qui était différent pour "Anthropocentrique" dans lequel Jona et Louis ont aussi composé des morceaux. Dans The Ocean, il n'y a toujours qu'une seule personne à l'origine de la composition des morceaux. Cela apporte plus de cohérence et d'efficacité. Pour "Pelagial" je me suis occupé de la pré-production, puis nous avons enregistré la batterie, les guitares et la basse, tout ça sur une période de quasiment un an. Je ne suis pas de ceux qui pensent que la musique doit être jouée en répétition ou en live avant d'être enregistrée. C'est une sorte de challenge de faire en sorte que les choses fonctionnent directement. Puis, ils nous a fallu un temps considérable pour enregistrer les voix. Loïc a eu besoin de beaucoup de repos après ses problèmes de cordes vocales.

 

De plus vous avez dû réécrire toutes les paroles enregistrées lors de la première session. J'ai cru comprendre que vous n'aviez pas pu utiliser les premières paroles écrites.


Robin : Oui, au départ l'album devait être entièrement instrumental et ce, pour plusieurs raisons : l concept s'y prêtait et Loïc ne pouvait pas nous garantir de pouvoir chanter à nouveau et tourner avec nous. Donc l'album instrumental nous convenait. Par chance, Loïc s'est rétabli et a souhaité continuer à chanter et tourner, il a un rôle significatif dans The Ocean, donc nous ne pouvions décemment pas faire cet album sans lui. A l'origine, il ne devait enregistrer que les deux derniers morceaux de l'album, mais les premiers essais nous ont poussé à aller plus loin. Nous avons donc enregistré l'album avec du chant dans sa totalité. Les paroles au départ étaient les sous-titres du film qui accompagne "Pelagial", mais l'éditeur russe nous a dit " vous ne pouvez pas utiliser ça sans autorisation". Pour "City in The Sea", nous avions utilisé un poème d'Edgar Allan Poe, ce qui ne posait aucun problème de droits puisque ce cher Edgar est mort mais dans le cas de "Pelagial" c'est différent. J'ai donc écrit au détenteur des droits sur le film dans lequel nous voulions utiliser les paroles. Malheureusement, ils n'ont jamais répondu. J'ai donc réécrit toutes les paroles en paraphrasant et nous avons à nouveau tout enregistré. Nous avons terminé la veille de partir en Suède pour mixer l'album.

Loïc : Mais tout ça n'était pas terminé, en Suède nous avons à nouveau enregistré des voix, Jens Bogren qui s'occupait du mixage a voulu essayer des doublages voix avec des harmonies différentes. Nous mixions de 7h30 à 18h30 et après je ré-enregistrais des voix jusqu'à 23h le soir et ça pendant une semaine.

 

Parlons un peu de toi Loïc, tu as donc eu des problèmes de fatigue et d'usure vocale, comment penses-tu gérer les prochaines tournées ?

Loïc : Je ne me suis pas du tout posé la question. Robin dit que ma voix est revenue et que je suis en pleine forme mais moi je sais que ça va être difficile. Dans le nouvel album, il y a beaucoup de parties chantées ce qui est le plus difficile contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Ce n'est pas le growl qui pose problème en termes d'usure vocale mais bien les parties mélodiques. Il faut chanter juste et cela fatigue de tenir toutes ces mélodies. On verra, c'est ça le rock non ? Je ferai de mon mieux et advienne que pourra pour ces futurs tournées.

 

Vous partez bientôt avec Cult Of Luna pour 3 semaines en Europe puis vous avez quelques shows avec Mastodon et enfin 6 semaines de tournée aux USA avec The Dillinger Esacape Plan ? Y aura-t-il des pays dans lesquels vous n'êtes jamais allé encore ?

Robin : Oui, le Mexique et Taiwan sont sur la liste des pays envisagés. L'Amérique du sud c'est difficile car nous n'avons pas encore de licence pour l'album comme au Japon par exemple. Je sais que nous avons des fans en Argentine et au Mexique, Facebook est plutôt pratique pour savoir où sont les personnes qui aiment votre musique. Nous avons une personne qui s'occupe actuellement de trouver cette licence mais c'est compliqué. Il semble qu'il n'y ait pas tellement d'organismes à qui faire confiance en Amérique du sud. Plusieurs groupes ont tourné là-bas et ça c'est avéré très compliqué.

 

Retournerez-vous en Chine également ?

Robin : Oui définitivement, après notre tournée aux USA, nous partirons à Mexico, Taïwan et en Corée...

Loïc : Oui en Corée du Nord...

Robin : Oui nous allons jouer un concert pour Kim (NDLR : Kim Jong Il, leader "suprême" de la Corée du Nord).

Loïc : Dans un immense auditorium entouré par l'armée avec des kids chantant "The Ocean, The Ocean" et l'armée nous dira de fermer nos gueules...

Robin : Oui... Donc la Chine, Hong Kong à nouveau, nous retournons en Russie également pour une dizaine de concerts.

Loïc : Et là on verra comment Loïc va avec sa voix... après trois mois de tournée ça va être la merde.

 

Oui mais vous avez l'opportunité de jouer l'album aussi dans sa version instrumentale non ?

Loïc : Oui c'est vrai. Au départ c'est aussi dans ce but qu'il a été écrit. Dans des précédentes tournées, j'avais déjà eu des problèmes et le groupe a essayé de jouer des anciens morceaux en version instrumentale mais ça n'avait pas vraiment été anticipé. Avec "Pelagial" ça passera beaucoup mieux.

Robin : Je ne suis plus effrayé par tout ça, nous y sommes préparés maintenant. Nous verrons comment le set instrumental fonctionne si besoin même si nous préférons jouer avec Loïc car cela a plus d'interêt. Je suis tout de même curieux de voir comment ça se passe aussi en instrumental. Nous avons toutes les possibilités à notre disposition, avec ou sans Loïc, tout ou partie du concert, tout est possible avec cet album, nous pouvons nous adapter à toutes les situations.

 

"Pelagial" sort dans deux versions donc, que pensez-vous que cela offre à l'auditeur ?

Loïc : Pour moi ce sont deux albums différents, la version instrumentale permet de se focaliser sur d'autres choses que la voix classiquement, il y a parfois plus de 40 pistes d'arrangements avec des claviers et autres. Lorsqu'il y a la voix, qui est souvent mise en avant, tu n'entends pas forcément tout ça.

Robin : Oui, le mix de la version instrumentale est différent de celui avec les voix, il y a parfois eu suppression de certaines pistes afin de laisser de la place pour Loïc. De plus, les gens ont tendance à se focaliser sur le chant. Dès que la voix disparait, l'auditeur peut se concentrer sur les autres aspects de la composition et cela offre une autre vision de l'album. C'est donc une expérience différente que le mix soit le même ou pas. Et je ne peux pas dire que j'ai une version préférée pour moi, c'est plus une histoire de complémentarité entre les deux. C'est pourquoi nous avons décidé que l'achat d'un album quelque soit sa version (sur les plateformes de téléchargement) donnera l'opportunité d'avoir les deux versions de "Pelagial"car l'une ne va pas sans l'autre. C'est le deal que nous avons décidé dès le départ. Nous voulons donner un message clair : les deux albums sont égaux pour nous.

A ce moment de l'interview, Christophe Noth ingénieur son de The Ocean débarque dans la loge et pose une question à Robin dans un allemand incompréhensible... puis Jona arrive et demande deux trois trucs concernant le merchandising... enfin après quelques blagues bien moisies, nous reprenons pour parler du choix du nouvel ingénieur son qui s'est occupé du mixage et du mastering de "Pelagial".

 

Vous avez choisi de travailler avec Jens Bogren plutôt qu'avec Julien Fehlmann du studio Mécanique en Suisse qui avait travaillé sur le dyptique album "Héliocentrique/Anthropocentrique". Pourquoi ce choix ?

Nous n'avons pas choisi de changer car Julien avait fait du mauvais travail, il a d'ailleurs enregistré la batterie de "Pelagial". Pour Jens, Julien est certainement l'un des meilleurs pour enregistrer le son des batteries. Nous voulions une personne extérieure à l'histoire de The Ocean. J'ai travaillé plus d'un an sur cet album et j'avais besoin de quelqu'un qui soit totalement étranger à cette démarche, qui arrive avec des oreilles absolument vierges de tout ce sur quoi nous avions travaillé auparavant. Il a pu nous faire des suggestions nouvelles et ça a été un vrai atout pour nous notamment sur les doublages voix et sur la méthode de mixage. Nous n'avons jamais autant travaillé les harmonisations auparavant, ce qui est vraiment un plus pour le groupe et la qualité du chant de Loïc. Nous avons beaucoup appris avec Jens qui est un grand ingénieur son (NDLR : En effet tout le monde ne mixe pas Opeth par exemple). C'est un mec incroyable qui s'est vraiment investi dans l'album, qui a travaillé avec nous dès la pré-production, qui répond toujours aux emails. Il était vraiment concerné par ce projet et s'est investi à 100%.

Loïc : Personnellement, je ne suis pas partisan d'aller faire deux albums de suite dans le même studio. Il y a tellement de bons ingénieurs son de part le monde. La démarche de mixage est pour moi, au-delà de la technique, une vrai démarche artistique. C'est intéressant de ne pas avoir toujours la même vision du studio et de voir comment les autres travaillent.

 

J'ai trouvé que cet album était le plus progressif de tous en termes de production, de riffing et de qualité de composition...

Loïc : Oui c'est possible surtout qu'il s'agit en fait d'un seul morceau au total...
Robin : Je suis assez d'accord...
Loïc : Je me rappelle avoir lu une interview d'un des mecs de Pelagic Records disant que l'album était trop compliqué, que les structures étaient vraiment dures à comprendre...

 

Parfois ça m'a fait penser à du Mastodon dans les riffs de guitares ou dans le jeu de batterie, ce qui est assez nouveau chez vous...

Robin : "Pelagial" est un condensé de tout ce que nous avons pu faire avec The Ocean. C'est aussi cela qui a motivé le choix de travailler avec Jens. Tant Julien Fehlmann que moi ne savions jamais quand nous arrêter lors du mix des albums précédents. Je me rappelle l'avoir appelé une fois en plein milieu de la nuit après avoir écouté "Héliocentrique" en boucle pendant plus de trois heures et lui avoir dit qu'il fallait reprendre complètement le son de la grosse caisse. Tout ça après plus de trois semaines de mixage. Je ne sais jamais quand m'arrêter. Je peux dépasser le point de non retour lorsque l'album est bien mixé, en demander encore et faire que cela sonne moins bien qu'avant. J'ai besoin de quelqu'un qui me dise "stop, on s'arrête là, nous avons atteint la qualité optimum pour ce mix". C'est pourquoi le choix de Jens Bogren était le bon pour cet album. Il a fait un grand travail sur "Pelagial" nous en sommes très fiers, il a su capturer notre son et le magnifier en quelque sorte.

Loïc : Pour Jens ça a été un vrai défi de mixer cet album en une seule session. Il ne savait pas s'il allait splitter les pistes ou pas. Nous étions contre car nous voulions que cela sonne en un seul bloc. Il a juste "sali" le son au fur et à mesure de l'avancée dans l'album afin de coller au mieux au concept de la descente dans le fond des océans.

 

L'album sonne vraiment très bien, il a en effet fait un super travail dessus...

Loïc : Tu trouves que ça sonne trop bien pour une bande de branleurs comme nous ?

Là, je me trouve con car normalement c'est moi qui pose les questions... Je réponds non, bien sûr, car je suis un travailleur honnête et intègre, je ne froisse jamais l'artiste que j'interview... (private joke). Vite, vite changer de sujet...

 

Robin, peux tu m'en dire plus sur le film qui accompagne "Pelagial" ? Quel but cherchiez-vous à atteindre en complétant cet album avec un film ?

Robin : Depuis "Héliocentrique" nous avons des projections sur scène, Craig Murray qui s'occupe de monter nos vidéos depuis "Anthropocentrique" a accepté de faire un clip de 53 minutes pour "Pelagial" que nous diffusons sur scène pendant les concerts. C'était une très bonne idée mais je pense que Craig regrette d'avoir accepté ce job. Il a passé 3 mois à dormir par terre dans un sac de couchage dans son studio de montage. Il a fait un travail titanesque sur ce film à travailler sur des détails infimes, il nous a fait un clip de 53 minutes avec un budget pour un clip de 5 minutes. Nous le remercions infiniment pour ça. Le travail de pré-production était dantesque, c'était aussi un vrai challenge pour lui et il est très content du résultat.

Le film reflète le contenu d'un voyage de la surface de l'océan jusqu'au plus profond abysse. J'ai moi-même filmé une partie de ce contenu en Australie l'année dernière avec mon propre équipement. Le film ne contient pas seulement des créatures de l'océan, nous avons aussi un personnage féminin qui pour l'anecdote s'appelle "Ariel" (NDLR : personnage principale de La Petite Sirène de Walt Disney), et ce personnage traverse tous les états émotionnels possibles en parallèle à ce voyage descendant vers l'enfer des profondeurs. C'est un album très introspectif et psychologique dans son contenu tant au niveau des paroles qu'au niveau de l'illustration dans le film. Ce personnage est confronté à ses démons intérieurs, à ses peurs, à ses souhaits et à l'origine de ses désirs. Je ne veux pas en dire trop car je souhaite que chacun puisse vivre et interpréter cette expérience à sa manière. Mais chaque scène dans le film à un sens et un but. Il y a une raison à chaque image, tout a été pensé et écrit dans les moindres détails. Que ce soit au niveau des couleurs, des plans caméras, des créatures maritimes en fonction du moment de l'album...

Loïc : il faut aussi dire qu'elle est Israélienne juive et que c'est la première à bosser avec des Allemands... Je me rends compte que cet album était un challenge de bout en bout... En plus, elle est magnifique... (NDLR : c'était pas vraiment dit comme ça mais peut-être le jeune public sera-t-il un peu choqué des termes employés. Je prends donc mes responsabilités à nouveau et protège les chastes yeux d'une lecture inappropriée...). Il est temps de terminer avant que ça dégénère.

 

Robin, la dernière question est pour toi, pourquoi es-tu si fasciné par le monde de l'océan ?

Loïc : parce qu'il s'est fait violer par l'océan quand il était petit... (éclat de rires pendant deux minutes, Robin rit mais un peu jaune quand même...).

Robin : J'ai toujours eu une fascination pour l'océan et j'ai eu une expérience difficile avec l'océan quand j'étais jeune. J'ai donc expérimenté le côté le plus dangereux de l'eau. L'océan a toujours été une grande source d'inspiration pour moi, les quatre derniers albums ont été écrit alors que j'habitais une maison avec vue sur la mer. Je suis également plongeur, j'ai mon diplôme de moniteur. Je ne saurais pas exactement comment expliquer ma fascination pour l'océan, j'en connais les différents aspects, sa beauté, sa dangerosité, c'est quelque chose d'essentiel pour moi. Lorsque je suis loin de l'eau, je déprime ce qui n'est pas évident en vivant en Allemagne..

The Ocean : "Pelagial est un condensé de tout ce que nous avons pu faire"
Chroniqueur, amateur des musiques "extrêmes", des arts alternatifs et de la contre-culture.

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