King Buzzo - This Machine Kills Artists (2014)

King Buzzo - This Machine Kills Artists (2014)

Qu’est ce qu’un projet solo acoustique dans le monde de la musique, sinon l’un des topoï les plus rebattus ? Cela sonne parfois comme une sorte de Mildlife Crisis. Les guitares saturées ? Je suis trop vieux pour ce genre de conneries (variante : Je vaux mieux que ça.) Allez, je range mon ampli orange, je sors la bonne vieille guitare acoustique, je pose quelques arrangements de voix et je remplis un LP le temps de le dire. Un vieux proverbe ne dit-il pas que, si ça marche comme un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, alors cela a toutes les chances d’être un canard ? Bref, sur un malentendu, j’ai toutes les chances de m’inscrire au panthéon des légendes du folk.

Plaisante conception de la musique en format « Hold-up » ou « comment prendre les gens pour des cons »… Inutile d’avoir une chaire de musicologie pour comprendre que, de l’amplification à l’acoustique, la déperdition du son (et de l’intérêt) sera à peu près totale. En témoigne le projet Acoustic Wizard dont l’utilité s’avère plus que limitée, passé le premier élan de curiosité intellectuelle. Toutefois, quand ce genre de projet est initié par Buzz Osborne (inutile de présenter) des Melvins (pareil) avec la déclaration d’intention suivante : « I have no interest in sounding like a crappy version of James Taylor or a half assed version of Woody Guthrie. Which is what happens when almost every rock and roller straps on an acoustic guitar. », nous nous surprenons à avoir de graaaaandes espérances.

Derrière This Machine Kills Artists se trouve sans doute l’avenir de The Melvins

« This Machine Kills Artists is a different kind of animal. », promet King Buzzo. Verdict ? L’animal est tout aussi clairement acoustique que sauvage. Un sang mêlé de folk et de blues qui n’aboie pas longtemps avant de mordre. Cette musique est simple (quoique…), elle n’en est que davantage admirable. Pas de chant monocorde au micro, mais une diversité incroyable s’exprimant aussi bien à travers des effets (Dark Brown Teeth) que par un chant clair métissé (Laid Back Walking, Drunken Bay). N’en déplaise à Pichtfork, ce genre de voix EST la quintessence du folk. Nul besoin de circonscrire le genre à une voix posée, apaisée. Nous pouvons parfois déceler une pointe d’ironie dans le chant, mais cela ne dévalue en rien sa qualité. Gageons qu’il s’agit plutôt d’une Folk résolument moderne dans le sens où elle digère la tradition séculaire et le regard contemporain d’un musicien avant-gardiste ayant plus de trente ans de carrière. Et si certains rechignent (pure projection) à écouter l’opus, arguant que The Melvins doit donner l’impression de se faire récurer les oreilles avec un alcalin, qu’ils se rassurent… Ce disque a été réalisé avec une seule guitare, acoustique qui plus est, mais dont chaque note rappelle l’identité profonde du groupe et de son front-man. A titre d’exemple, Rough Democracy  et How I became offensive. L’impression dès l’introduction d’écouter du drone et du sludge est prégnante. Pas une affaire d’amplification, pas seulement, très clairement une question d’intention.

Derrière This Machine Kills Artists se trouve sans doute l’avenir de The Melvins

Ce qui est patent à l’écoute de l’album, c’est d’être en présence de morceaux d’anthologie nus. Nus, dans la mesure où leur dépouillement leur confère leur pleine valeur. Tout arrangement supplémentaire relèverait de la versatilité, loin d’être indispensable en somme. Nous tenons un son sec et définitif, en rien primitif, davantage l’expression d’un choix éclairé.

King Buzzo - This Machine Kills Artists (2014)
King Buzzo
This Machine Kills Artists
Dark Brown Teeth
Rough Democracy
Laid Back Walking
Drunken Baby
Vaulting over a Microphon
The New River
The Vulgar Joke
Everything’s Easy for You
The Ripping Driving
How I Became Offensive
Instrument of God
The Spoiled Brat
Illegal Mona
Good & Hostility
The Blithering Idiot
Useless King
The Hesitation Twist
J'aime les chats roux, les pandas roux, Josh Homme et Jessica Chastain.

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