Alexandre Goulet : designer graphique

Alexandre Goulet : designer graphique

C'est avec plaisir que notre section portrait s'ouvre aujourd'hui à un tout premier designer québécois. Découvert avec les artworks du dernier album de Dopethrone, Hochelaga, ayant aussi illustré le nouvel album de Ion Dissonance ou encore pour cette année le nouvel album de son projet Apes, Alexandre Goulet, connu aussi sous le surnom Gouleqc, n'a pas fini de vous exciter la rétine. Entrevue!

Présente-toi brièvement à nos lecteurs "internautes" : comment t'appelles-tu, d'où viens-tu et que fais-tu dans la vie ?

Je m’appelle Alexandre Goulet, je suis un designer graphique du Québec au Canada. J’ai fait l’université à Québec et mon collège à Rivière-du-Loup dans ce domaine. Je travaille bientôt depuis 10 ans avec des groupes de toutes sortes pour leurs visuels, que ce soit pour de la ‘’merch’’, des albums, des posters de tournées ou tous autres objets de promotion. Mon travail m’a permis de travailler avec des groupes comme All Out War, Despised Icon, Ion Dissonance, Dopethrone, Fister et des tonnes d’autres.

 

On a tous un album, un mouvement musical, une personne qui a changé notre vision de la musique, quel est ton parcours personnel ?

Bien que je me considère d’avantage comme un ‘’metalhead’’, la scène hardcore a toujours été présente dans ma vie depuis l’adolescence. Le sentiment d’appartenance, les valeurs de partage et de soutien communautaire m’ont beaucoup interpellées. Plus jeune j’écoutais beaucoup de Sepultura, Machine Head, Deftones et compagnie. Un peu plus tard, à mon entrée au secondaire, j’ai écouté par hasard du Buried Alive et ça a sonné une cloche dans ma tête. Cette découverte du mouvement hardcore m’a ensuite amené de fil en aiguille à des groupes beaucoup plus metal comme Dillinger Escape Plan, Converge et Buried Inside.

 

Ton implication dans la musique? Le moment où tu as franchi le pas? Celui où, si c'est le cas, cette activité est devenu ton métier ?

Je crois que le moment où les choses ont pris une tournure plus sérieuse est quand j’ai commencé à travailler avec Dopethrone. En travaillant sur l’album Hochelaga avec eux, mon travail a eu une certaine exposition qui m’a permis de faire connaître mon travail. Depuis ce moment, je m’occupe de tous les visuels du groupe, ce qui m’amène à travailler l’image complète. J’adore! 

Ensuite, de fil en aiguille, j’ai travaillé avec une multitude de groupes locaux et internationaux. Lorsque j’ai travaillé avec All Out War, j’ai compris que mon travail pouvait réellement intéresser les gens ailleurs qu’au Québec; ce qui ma amené à vouloir me dépasser d’avantage sur le plan travail personnel.

Et sur le plan pûrement musical, je joue dans des groupes de musique metal ou hardcore depuis que j’ai 12ans. J’ai eu la chance de faire de la musique avec la même petite clique depuis mon jeune âge. Je joue présentement dans le goupe Apes de Québec. 

 

Les principales difficultés que tu as rencontrées ? Celles que tu rencontres encore ?

Mon principal défi est de réussir à me réinventer chaque fois. Je crois que c’est quelque chose de récurrent chez la plupart des illustrateurs et designers graphiques. Fournir mon esprit en idées est un combat de tous les instants. Pour cela, j’aime bien le cinéma, une de mes premières sources d’inspiration. En fait, mon style est fortement inspiré des designers d’affiche de cinéma des années 70 et 80.

 

Ton avis sur l'éthique du DIY ? Ta propre définition ?

Je crois que l’éthique du DIY est intimement liée à l’ensemble de la communauté metal, punk et hardcore. Étant directement lié à celle-ci, je la trouve primodiale. Le sentiment de communauté et d’appartenance qui se dégage d’un projet monté par plusieurs personnes est ce qui fait vivre non seulement les scènes musicales alternatives, mais la culture au sens large. Sans cette éthique de travail, je ne crois pas que ces cultures seraient les mêmes, le DIY étant l’essence des scènes alternatives. 

Si j’avais à définir l’éthique DIY en un seul mot je dirais – Communauté.

 

Tes projets ? Comment vois-tu ton activité évoluer ? Tes souhaits ? Tes craintes ?

J’ai toujours une foule de projets sur lesquels je planche. Pour l’instant mon horaire est bien rempli et je m’en réjouis, signe que d’avantage de personnes sont intéressées par mon travail. J’essaie présentement d’explorer des avenues artistiques différentes afin de faire évoluer mon travail vers de nouvelles directions. 

Je regarde également pour travailler avec une clientèle plus diversifiée. Je vise le milieu du cinéma et du théâtre. Mon intérêt prononcé pour le 7e art fait en sorte qu’il s’agirait d’un de mes souhaits les plus forts : pouvoir travailler sur la première image que projette un film, soit son affiche.

 

Ton album ultime ? Le concert auquel tu penseras toujours ?

L’album qui me donne le goût d’absolument tout casser où que je sois est définitivement Destroy the Opposition de Dying Fetus. Je me rappelle avoir entendu les premières notes chez un ami du secondaire et m’être dit que c’était sûrement l’intro la plus ‘’hard” jamais faite. À ce jour, – elle n’est pas encore détrônée. 

Pour ce qui est de mon album favori de tous les temps: Around the Fur de Deftones. Un album que j’écoute depuis sa sortie en magasin dans le milieu des année 90 et que j’écoute encore régulièrement.  

 

Ton instant musique de prédilection pour la ressentir au maximum ?

Je n’ai pas vraiment de moment privilégié, mais je suis une personne qui aime particulièrement voir les artistes en spectacle pour sentir l’énergie. Rien de tel qu’un spectacle dans un punk house pour «vivre son rock»!

 

Quel est ton rapport avec un instrument de musique ? Fascination, peur, frustration ?

Pour ce qui est des instruments à proprement dit, je n’en joue pas. Par contre, pour ce qui est chanter dans des groupes, je le fais depuis un très jeune âge. Je joue de la musique dans le groupe Apes depuis bientôt 5 ans et nous sortons notre nouvel album ‘’Lightless’’ sous peu, gardez l’oeil ouvert!

 

Parmi les nombreux styles de musique autour desquels nous gravitons, lequel t'es le plus cher et pourquoi ?

Disons que j’ai un gros faible pour tout ce qui se faisait en Death Metal dans les années 90. Ayant grandi dans une ville où la scène deathmetal était très vivante, les Suffocation, Skinless, Dying Fetus, Cannibal Corpses de ce monde m’ont toujours accroché.

 

Es-tu capable d'écouter des choses totalement différentes ? Si oui des exemples pour tenter de nous faire peur ?

Définitivement! Le plus souvent à la maison ce qui joue sur la table-tournante est d’avantage du Al Green, Tom Jones et autres vinyles du genre du genre. Mais je peux aussi bien écouter la discographie de Nasum ou le dernier de Broken Social Scene. Ça depend définitivement de la journée.

 

Dans quoi mets-tu le plus d'argent ? Vinyles/CDs/Bandcamp, concerts, merchandising ?

Définitivement la merch! C’est quasiment maladif. Quasiment chaque concert que je vois se finit par l’achat d’un t-shirt ou d’un autre item.

 

As tu une "consommation" similaire dans d'autres formes d'art ?

J’achète des sériegraphies couramments dans les concerts mais ça s’arrête là je crois bien.

 

Tes parents écoutaient quoi quand tu étais enfant ?

Mon père écoutait beaucoup de jazz, de classique et de progressif à la Genesis. J’aime encore ce qu’il écoutait. Ma mère était d’avantage dans le Dalida et le Carpenter… toujours aussi fan! 

 

Le mot de la fin : il est à toi, dis ce que tu veux.

Merci à vous pour votre intérêt concernant mon travail ainsi que votre support pour la scène locale québecoise. Merci également à tous ceux qui me suivent dans mes différents projets, autant musicaux que professionnels. 

 

Alexandre Goulet : designer graphique
Baktelraalis
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