Plus et moins d'Avril 2016

Plus et moins d'Avril 2016

On est en mai et l'actus ne prend toujours pas de pauses mais laissez-nous vous guider comme d'habitude vers nos coups de gueule / coups de coeur de ce mois passé. Dans les plus, évidemment, de la musique sombre et lourde à tous les étages et dans les moins, place aux speculateurs, aux méprisants et aux hypocrites. Clique, clique !

Lune ensanglantée rime avec succès
Mathieu

Le grand évènement promis par Converge a enfin eu lieu au Roadburn mais il s'est aussi déplacé un peu en Europe, y compris à Londres où j'ai eu le plaisir de découvrir des titres familiers remodelés grâce à la contribution de talentueux musiciens tels que Stephen Brodsky (Cave In, Mutoid Man) ou Chelsea Wolfe. Bien que je ne doutais pas une seconde du caractère exceptionnel de l'évènement, je croisais toutefois les doigts pour que des titres rares comme Wretched word ou Phoenix in flight fassent leur apparition dans la setlist. Vœux à moitié exaucés donc car si le quasi-instrumental de Jane Doe n'aura pas été joué; la collaboration avec Genghis Tron fut enfin interprétée grâce à la contribution des deux invités. Une set-list comme on pouvait en rêver et des musiciens exceptionnels auront donc fait de cette soirée un grand moment de musique, et sûrement l'un des meilleurs de l'année. En revanche, même s'il est fort peu probable que Chelsea Wolfe trouve plus de temps dans son planning pour revenir plus régulièrement sur scène avec les Bostoniens, on peut espérer que Brodsky fasse des tournées communes avec Mutoid Man (groupe qu'il partage avec le batteur du groupe), voire même qu'il les rejoigne comme membre permanent, ramenant ainsi la formation à un quintet comme jusqu'à l'époque de Jane Doe. 

 

Coucou, motherfuckers
Andrey

Connaissez-vous Terra Tenebrosa ? Si ce n'est pas le cas, je peux vous décrire ce groupe en un seul mot : le mal. Que ça soit au niveau des visuels, des sonorités dérangeantes, des prestations live en tenue cachant l'identité des membres du groupe, Terra Tenebrosa dégage en permanence une ambiance malsaine et dérangeante digne du meilleur du black metal, sans en être réellement. J'irai même jusqu'à dire que si vous avez déjà vu Ghost en live et avez été déçu par le côté "Disneyland" gentillet alors que vous vous attendiez à des rituels malsains, allez voir Terra Tenebrosa et dites-m'en des nouvelles. Et si j'en parle aujourd'hui, c'est parce qu'après une période assez érratique qui aura duré un-deux ans (annulations de concerts, soucis personnels, silence sur les réseaux sociaux...), Terra Tenebrosa est visiblement de retour. Aucun extrait du prochain album n'est encore en écoute, mais la qualité de l'excellent The Purging et la pochette certifiée 100% badass suffisent déjà à me faire frétiller d'impatience.

Terra Tenebrosa - The Reverses

 

Napalm's Traditional Doom
Léo

Sortez vos jeans pattes d’Eph et votre t-shirt Bobby Liebling, cette année 2016 s’annonce comme un grand cru Classic Doom, du moins c’est ce que Napalm Records semble annoncer en ce mois d’avril. Gros label auquel je m’identifie en général assez peu tant il est fourre-tout et sans réelle identité propre (sérieusement quand on a Brant Bjork, Satyricon et W.A.S.P. dans la même écurie qu’on ne vienne pas me causer de cohérence éditoriale), il a néanmoins capté mon attention ces derniers temps. En effet, le label a teasé à moins d’une semaine d’intervalle un nouveau morceau pour le second album des excellents The Order of Israfel et surtout un premier titre pour le nouvel EP de putain de Candlemass ! Les deux morceaux, sans être incontournables, sont de bonne facture et laissent présager deux grasses sorties suédoises pour ces prochains mois, le 27 mai pour Red Robes de The Order Of Israfel et le 3 juin pour Death Thy Lover de Candlemass. Pour ma part, le rendez-vous est pris.

 

Save the Record Store Day ?
Mathieu

Il faut sauver les magasins de disque de l'extinction ! L'idée est bonne mais l'exécution est en revanche beaucoup plus critiquable. L'enfer est pavé de bonnes intentions comme dit le proverbe et il est on ne peut plus valable pour le Record Store Day, un évènement commercial qui draine des clients chez les disquaires et fait rentrer de l'argent dans les caisses mais fout le boxon pour tout le monde. Bien que le vinyle soit de nouveau en vogue, les banques et les initiatives privées ne se précipitent pas pour permettre au nombre de presseurs d'augmenter afin de répondre à la demande. Les commandes des majors s'accumulent donc pour rééditer nombreux disques encore largement disponibles dans des éditions limites dispensables qui ne font que faire grimper les prix des vinyles, objet autrefois aussi cher qu'un simple CD avant que la mode n'en fasse un emblème de la contre-attaque fashionable contre le tout digital. Pendant ce temps, les sorties normales se retrouvent décalées de plusieurs mois par rapport à avant l'invention du Record Store Day et les fans et les groupes en pâtissent. Certains disquaires boycottent déjà l'évènement mais il y a sûrement à gagner à trouver un compromis entre les besoins de chacun. Pas de doute que tout cela se résoudra avec plus de pognon dans l'investissement de nouvelles entreprises de pressage alors parlez-en à vos amis hipsters et banquiers, ils trouveront peut-être un moyen de rentabiliser l'affaire. 

 

P is for... pas Paris, visiblement.
Andrey

En février j'ai voulu parler de Puscifer au Grand Rex dans mes "moins" du mois, mais on m'en a dissuadé en disant que c'était une chouette salle et que ce concert serait top giga cool. Tout compte fait, je peux en parler ce mois-ci, puisque le concert n'a plus lieu au Grand Rex, mais au TivoliVredenburg, à Utrecht. Aux Pays-Bas donc. Ouais, sans déconner. Le pire dans cette histoire ? Aucune explication n'a été donnée par le groupe, malgré les demandes incessantes des fans. Alors oui, on peut comprendre qu'un Grand Rex (avec des places allant quand même de 48 à 67 euros, bordel !) pour un groupe qui n'a jamais ne serait-ce que sorti ses albums en France, ça peut être demesuré, mais vous savez les mecs, il y a plein de salles de concert à Paris, vous n'étiez vraiment pas obligés de déplacer le concert de 500 kilomètres. Bref, autant vous dire que le public parisien n'a pas été très ravi ni par la nouvelle ni par le manque total d'excuses, comme le témoigne cette image, postée sur la page Facebook de l'évènement : 

 

Chinese Democracy
Léo

Le gouvernement chinois, exemple de libertés individuelles s'il en est, a encore frappé. Plutôt que de s’attaquer à internet ou aux informations sur les sinistres évènements tibétains, la censure vise cette fois-ci la musique et plus précisément un concert d’Iron Maiden. Le groupe a pu jouer pour la première fois sur le territoire chinois le 26 avril dernier, mais comme de nombreux groupes occidentaux avant lui, sous des conditions plutôt restrictives. Parmi celles-ci : l’interdiction de brandir le drapeau anglais sur The Trooper, pas d’effets pyrotechniques, pas de jets de baguettes (de batterie, pas chinoises…) et, déjà plus problématique mais pas étonnant pour autant, une censure des paroles de Powerslave. Jusqu’à quel point un groupe doit accepter de se faire emmerder de la sorte pour pouvoir jouer ? La question se pose et le dilemme s’installe entre : se plier à ces règles absurdes pour jouer devant un public chinois qui ne demande qu'à voir des groupes ne passant jamais par chez eux, ou garder une certaine intégrité artistique en refusant de se plier à la censure. Toujours est-il qu’au moment où la Chine vante devant l’ONU ses "progrès" en matière des droits de l’homme, cette dernière prouve encore une fois que le chemin reste long devant tant d’hypocrisie de sa part.

Plus et moins d'Avril 2016
25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge jusqu'à son déménagement à Londres. Chroniqueur rock de 2004 à 2010 sur Eklektik-rock puis sur la fille du rock depuis 2010, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Ecrit aussi en anglais sur Delay and Distorsion (Chronique musicale).

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