And So I Watch You From Afar + NI 07/02/2014 @ Marché Gare, Lyon

And So I Watch You From Afar + NI 07/02/2014 @ Marché Gare, Lyon

Presque un an après la sortie de leur dernier opus All Hail Bright Futures, les Irlandais d’And So I Watch From Afar honorent leur public français d’une tournée spéciale, dont un passage par Lyon le 7 février au Marché Gare. Avec les locaux NI en première partie, on embarque pour une soirée post-rock / math-rock qui s’annonce épique…

Ça sonne math/punk/noise voire même funk, mais ce n’est rien de tout ça.

Qu’on adhère ou pas, ce qui est sûr c’est que l’univers de Ni ne laisse pas indifférent. Le groupe expérimental rhône-alpin a de l’énergie à revendre et un sérieux penchant pour la déconne. Leur rock instrumental totalement foutraque n’en est pas moins maîtrisé, enchainant les riffs puissants et les ruptures rythmiques, entrecoupés de passages vocaux à base de cris et d’onomatopées hallucinées. Ça sonne math/punk/noise voire même funk, mais ce n’est rien de tout ça. On pense notamment à Magma mais surtout à leurs copains de Poil et Pneu. En live, les « 4 chevaliers qui disent Ni » partent dans tous les sens, ça court, ça saute et ça grimace, c’est un show débridé et déjanté, et même si l’on reste hermétique à la musique, on doit bien avouer qu’il est difficile de garder la tête immobile.

C’est tenu et maîtrisé, mais la technicité n’empêche pas la sincérité et l’enthousiasme communicatif des musiciens de transparaitre.

Après ce début de soirée intrépide, la salle est à bonne température pour accueillir les 4 natifs de Belfast. Jeunes et moins jeunes se rapprochent pour mieux goûter à l’explosion qui se prépare. Et dans les rangs on aperçoit de nombreux fans arborant le t-shirt au fameux logo triangulaire du groupe (dont le dévoué-groupie photographe auteur des images de cet article !).

Disons-le tout de suite, j’ai découvert ASIWYFA il y a à peine quelques mois et c’est la première fois que je les vois sur scène. C’est donc un baptême, non pas de l’air mais bien du feu !

A peine monté sur scène, le groupe remplit l’espace. On ressent très vite la singularité et l’identité sonore qu’ils ont réussi à créer en marge de l’escadron math/post. Les Irlandais entament leur set avec l’intro « Eunoia » suivie de deux morceaux extraits de leur dernier album All Hail Bright Futures (« Big thinks do remarquable » et « Like a Mouse »), qu’on reconnait par la présence plus marquée du chant. Si ces voix à l’unisson m’agaçaient sur album, je me laisse plutôt embarquer par leur côté entrainant. Les quelques paroles scandées ici et là relèvent presque de l’hymne et ajoutent clairement un aspect rassembleur à ce live.

La furieuse machine est lancée… On est transporté entre sections rythmiques qui hypnotisent et envolées mélodiques. C’est tenu et maîtrisé, mais la technicité n’empêche pas la sincérité et l’enthousiasme communicatif des musiciens de transparaitre. On ne sait plus où donner de la tête tant la performance est physique, seuls les retours viennent stopper les Irlandais dans leur course, comme si la scène était trop étroite pour leur énergie débordante ! La générosité des musiciens ne fait qu’augmenter le plaisir du public qui prend déjà visiblement son pied ! L’incursion de Rory Friers dans la foule et ses quelques mots en français font leur petit effet, tout comme ces quelques minutes de gloire qu’il offre à un fan, le laissant utiliser sa guitare tandis qu’il bidouille ses pédales. Le genre de moment de partage assez rare pour être mentionné, qui tranche avec la froideur scénique de nombreux groupes de la scène rock instrumental.

L’intensité du set ne faiblit jamais et les morceaux phares des précédents albums tels que « BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION », « Gangs », ou « Set Guitars to Kill » confirment l’aisance scénique et la maturité du groupe. Les quelques instrumentations éclectiques (à base de percussions et autres notes de flûtes au pad numérique sur « Mend and Make Safe ») ne rendent la prise de risque que plus jouissive en live. Combinées à des riffs intenses et à une rythmique furieuse, elles viennent confirmer le potentiel festif de la musique du quatuor.

Derniers instants d’euphorie auditive : deux rappels efficaces, « Search:party:Animal » et «The Voiceless », venant achever la soirée en beauté.

1h20 de show qui me confirment les échos élogieux souvent entendus à propos du groupe. Un live d’ASIWYFA, ça t’agrippe et ça t’embarque sans possibilité de redescendre, on en ressort tout secoué et enjoué, avec une sérieuse envie d’y regoûter !

Crédits photos : Rémy Ogez

Je voulais travailler dans la culture mais ça marchait pas, alors pour tromper l'ennui j'allais voir des concerts puis j’écrivais des trucs. J'ai fini par trouver du boulot, mais j'ai continué à écrire.

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