Horst + City Of Ships + Cloudhopper 07/07/2012 @ L'Absynthe, Montréal

Horst + City Of Ships + Cloudhopper 07/07/2012 @ L'Absynthe, Montréal

Une sortie plus légère qu'à l'habitude était à prévoir le samedi 7 juillet, les Américains de City Of Ships s'aventuraient au Canada pour la toute première fois. Ils sont habituellement accompagnés de groupes de la trempe de Rosetta sur la plupart de leurs tournées, mais nous avions étonnamment la chance de les voir en tête d'affiche lors de ce concert. N'ayant jamais eu l'occasion d'expérimenter leur musique en prestation, j'ai décidé de combler le vide planant actuellement sur la ville au niveau musical en approfondissant ma connaissance de City Of Ships. Étant un admirateur de longue date de la maison de disques qui a produit leurs deux plus importantes parutions, le choix était tout à fait logique. Après tout, les artistes de Translation Loss Records ne sont pas monnaie courante au Canada.

Avant toute chose, il fallait faire face à la musique instrumentale du groupe Cloudhopper. Cette formation québécoise était totalement passée sous mon radar. Pourtant, leur nouveau EP intitulé The Long Goodbye s'écoute plutôt bien. Ce court album de six titres coule rapidement dans votre système audio et propose une vingtaine de minutes mixant du post-rock à du métal expérimental. Le trio semblait prêt à donner vie à ses compositions lors de cette soirée à L'Absynthe, et cela, malgré la très maigre foule présente. Il n'est jamais facile d'organiser un concert un samedi soir d'été à Montréal, notamment à cause des différents festivals et événements culturels qui prennent forment durant cette période de chaleur intense. Mine de rien, une dizaine voire même quinzaine de braves avaient décidé de passer leur soirée dans ce bar, vous savez ce fameux bar où la moitié des autocollants dans les toilettes appartiennent à des groupes que nous avons bookés. Trêve de plaisanteries, Cloudhopper a offert une prestation honnête et simple. Aucun pépin majeur, rien de troublant, une simple et efficace dose de musique instrumentale. Le groupe en est à ses débuts et il est parfois facile de le constater vue la tournure des compositions, cependant le potentiel de ces musiciens pourrait en surprendre plus d'un. Leur son était déjà puissant malgré le peu d'expérience qu'ils semblaient avoir avec cette formation. Leur talent musical est indéniable, la guitare offrait des segments plutôt techniques qui connectaient bien les passages plus tranquilles. Le batteur était terriblement précis, mais son style de jeu très métal m'a déplu à certaines occasions. Le bassiste était très effacé et se contentait de créer une trame de fond pour laisser une marge de manœuvre à ses deux acolytes. Ce ne fut pas innovateur, mais c'était le groupe parfait pour paver le terrain au groupe principal de la soirée.

Les planants City Of Ships étaient stratégiquement placés au centre de ce line-up. Malgré tout, une très mince foule fut présente pour leur prestation. C'était dommage puisque le résultat était extrêmement divertissant, ce fut vraiment une belle surprise. Leur rock puissant faisait mouche dans une petite salle comme l'Absynthe, ce genre de groupe devient savoureux lorsqu'il performe dans de petits endroits plus intimes. Je ne pense pas que l'expérience aurait été aussi positive dans un autre type de salle que celle-ci. Par malchance, les musiciens de City Of Ships ont dû laisser une grande partie de leur équipement aux États-Unis. J'étais heureux de constater que le son rendait justice à la puissance de la formation malgré cet inconvénient. Il est généralement décevant d'assister à une prestation où un groupe en tournée n'utilise pas son propre matériel. Ce ne fut heureusement pas le cas lors de celui-ci.

Je dois avouer que le détail le plus fascinant de la présence de City Of Ships fut la ressemblance du guitariste avec le personnage de Charlie dans la télésérie Lost. Étant un fan ultime de cette série culte, je trouvais ironique d'assister à un concert devant un sosie du personnage. Je n'ai pas osé aborder le sujet avec le musicien, mais parions qu'il fait exprès pour lui ressembler davantage. Revenons à la prestation, plusieurs excellents morceaux tirés de leurs deux albums furent joués, nous avons même eu droit à une reprise de Nirvana. Elle fut dédiée aux quelques alcooliques qui étaient scotchés au bar à regarder la télévision. La reprise du morceau « Drain » fut excellente, mais fit fuir tous les gens qui étaient dans le reste du bar, décidément la soirée se déroulait dans l'échec le plus total pour eux. Ils mirent l’accent sur les gens présents, une bonne énergie se dégageait des musiciens malgré tout. Ce genre d'attitude me ravit à chaque fois, c'est ce genre de groupe avec qui j'ai envie de travailler dans le futur. Le trio américain se défonçait comme s'ils jouaient devant des centaines de personnes, ce fut un très honorable geste de leur part. De toute manière, nous n'avions pas le temps d'analyser tous ces détails négatifs puisque leur rock entraînant et planant faisait des ravages dans la salle. L'intensité augmente dramatiquement entre la version studio et l'interprétation qu'ils effectuent de leurs morceaux. Il y a beaucoup plus de hargne et d'agressivité qui émanent des musiciens lorsqu'ils explosent leurs guitares et leurs cymbales devant vos yeux. Je fus agréablement surpris de cette bonne dose de rock, je crois que rien au monde ne me laissait présager ce genre de résultat. Je recommande l'expérience à tous ceux qui adorent le rock planant à la Junius ou encore Jesu. Faites-vous plaisir et écoutez leur dernier album Minor World paru l'an dernier.

  • Night Vision
  • Three Mile Bridge
  • Clotilde
  • Chainman
  • Easy Way, Hard Way
  • Drain (Reprise de Nirvana)
  • Praise Feeder

Les derniers en liste étaient les très inconnus Horst, un groupe franco-montréalais dont je n'avais jamais entendu parler. J'ignorais totalement quel genre de résultat je devais envisager, mais le trio arborait de magnifiques instruments aux formes particulières et au son massif. La sonorité du guitariste et de la bassiste étaient de loin les meilleurs que nous avions eu en cette soirée. C'était évident puisque c'était le seul groupe œuvrant avec ses propres amplificateurs. Les premières notes furent très rafraîchissantes et un très bon groove se dégageait des compositions. Horst proposait du rock répétitif et saccadé, ce genre de musique concorde parfaitement avec mes goûts. Étant un grand fan de My Disco, je dois avouer avoir eu beaucoup de plaisir à voir le trio à l’œuvre. Le chant ne m'a pas totalement convaincu, il était probablement trop similaire d'un titre à l'autre. Malgré cela, je dois dire que je n'ai rien de trop important à reprocher à ce groupe montréalais, restez à l'affût les concernant puisque vous pourriez être surpris de ce qu'ils accompliront. Leur courte prestation venait conclure une soirée étonnante et divertissante. Aucun groupe ne s'est éternisé et les trois styles étaient plutôt différents, ce fut court, efficace et abordable. Encore un bon booking de la part de Back From Outer Space, jetez un œil sur cette agence si vous aimez le post-rock, le screamo ou le rock marginal.  

Photographies par Renaud Sakelaris

Chroniqueur montréalais pour Pelecanus depuis juin 2010 ayant participé à l'organisation de concerts ainsi qu'au défunt projet de webradio.

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