Le petit guide de ton premier Roadburn (3/3)

Le petit guide de ton premier Roadburn (3/3)

Il y a un an à peine j’attendais fébrilement de faire mes premiers pas au Roadburn. Running-order stabiloté dans tous les sens, stock de protections auditives (ces machins se perdent tellement vite !), appareil photo, etc. La valise était bouclée bien avant la date fatidique mais il me manquait encore une chose essentielle : le savoir des Anciens, ceux qui se rendent au festival année après année et qui finissent par le connaître comme leur poche. Je les ai tous sollicités et en arrivant à Tilburg, je connaissais déjà les salles et je savais quel était le meilleur bar de la rue piétonne. Sans ces précieux conseils mon premier Roadburn n’aurait clairement pas été aussi réussi. Aujourd’hui, c’est à mon tour de t’aider pour que le tien soit tout aussi mémorable.

Les Jungalows – notre niveau de hype : 85%

Tout aussi important que le festival lui-même, l’hébergement. Plusieurs options s’offrent à toi : l’hôtel, le camping, le Airbnb si tu réserves 1 an à l’avance (et encore)… Mais la meilleure reste le Jungalow. Nichés au bord d’un lac en plein cœur du parc de Beekse Bergen, ces bungalows tout confort ont la particularité d’être entièrement décorés aux couleurs d’une girafe, d’un zèbre ou d’un léopard. Kitsch et superbe à la fois ! Ils possèdent tous une terrasse qui te permet de boire ton café matinal entouré-e de canards aux couleurs de ton groupe de black préféré. Et comme la plupart de tes voisins va aussi au Roadburn, tu pourras leur demander du sel pour tes shots de tequila à 2h du matin sans les réveiller (oui, c’est du vécu). La jauge hype aurait pu atteindre 100% mais le parc est fermé aux voitures à partir de 23h, t’obligeant à rejoindre ton Jungalow à pied. La marche forcée, ça gâche un peu le plaisir…

 

Batushka à la Het Patronaat – notre niveau de hype : 95%

Comment ça tu ne connais pas Batushka ?! C’est un peu LE groupe dont tout le monde parle depuis quelques mois. Prend des musiciens mystères, fais-les jouer un mélange de black metal et de musique religieuse, enveloppe le tout dans une imagerie inspirée par la liturgie de l’Eglise orthodoxe byzantine et le tour est joué. Maintenant que tu en sais un peu plus, devine où sont programmés ces fameux moines masqués? Dans la Het Patronaat ! Si tu as lu la première partie de ce guide, tu sais déjà qu’il s’agit d’une ancienne église transformée en salle de concert. Et s’il y a bien un lieu parfait pour accueillir ce groupe, c’est celui-ci. Par contre vu l’engouement qu’il suscite, prévois de camper devant la salle si tu veux avoir une chance d’assister à la messe.

 

Le public – notre niveau de hype : 90%

Vu la renommée du festival, tu pourrais croire que les rues de Tilburg sont noires de monde et que tu devras jouer des coudes pendant 25 minutes pour aller de la Main Stage au Cul-de-Sac. Erreur ! Avec une moyenne de 4000 personnes par jour, le Roadburn est ce qu’on appelle dans le jargon un festival à taille humaine. Tu te rendras vite compte que tu as déjà croisé telle personne au stand de merch, que tu étais assis-e à côté de telle autre au petit bar du bout de la rue, etc. Au bout de 4 jours, tu auras un peu l’impression de connaître tout le monde et d’être entre potes ! Car c’est aussi ça le Roadburn, une ambiance à la cool où festivaliers et artistes se côtoient sans chichi et dans la bonne humeur.

 

Naðra – notre niveau de hype : 95%

Tu le sais peut-être mais la scène black metal islandaise a le vent en poupe depuis quelques temps. Le Roadburn lui avait déjà réservé une place de choix l’an passé en offrant la résidence à Misþyrming ; il remet ça en invitant une nouvelle flopée de groupes. Naðra est l’un d’entre eux. Déjà présents en 2016, les Islandais avaient pulvérisé une Extase archi blindée malgré l’heure matinale (15h00 au Roadburn, c’est un peu le matin). Cette fois c’est la Het Patronaat qui va être balayée par leur "Allir vegir til glötunar" et tu ne dois louper ça sous aucun prétexte ! Petit conseil en passant : évite d’être trop collé-e à la scène. Le corpse paint du chanteur risque de déteindre sur toi et crois-moi, tu auras beaucoup de mal à le faire partir…

 

L’Afterburner nouvelle génération  – notre niveau de hype : 70%

Si tu rencontres des Anciens du Roadburn, il y a de grandes chances que tu les entendes parler de l’Afterburner. A l’époque il s’agissait d’une journée un peu à part durant laquelle une poignée de groupes se partageaient la Main Stage et la Green Room. Aujourd’hui elle fait partie intégrante du festival  même si tu noteras quelques différences. La première c’est qu’une bonne partie des festivaliers n’est plus là. Certains sont sur le chemin du retour, d’autres ne sont pas intéressés par l’affiche, etc. Conséquences immédiates, l’ambiance générale est plus feutrée et le taux de remplissage de certaines salles connaît une chute vertigineuse (ce qui est plutôt une bonne chose !). Autre particularité, le nombre réduit de groupes à l’affiche. Attention, ne crois pas pour autant que tu vas t’ennuyer car la qualité est au rendez-vous ! Cette année tu pourras notamment voir Oxbow, Pallbearer, Emma Ruth Rundle, Ulver ou encore Inter Arma. Malgré ses côtés positifs, impossible de mettre un niveau de hype très élevé à cette version revisitée de l’Afterbruner. Ben oui, on ressent forcément un petit pincement au moment de dire au revoir à Tilburg.

(Bonus : les disquaires du merch ayant tendance à brader leurs stocks avant de quitter le festival, tu peux faire de très bonnes affaires ce jour-là. Mais chut, ça reste entre nous).

Le petit guide de ton premier Roadburn (3/3)
Quand je ne regarde pas une compétition de saut à ski, j'écoute de la musique à un volume sonore déraisonnable.

Commentaires

Portrait de Sid

"entouré-e de canards aux couleurs de ton groupe de black préféré" : très poétique, j'adore

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