Ufomammut + Usnea + Tunguska Mammoth + Show OF Bedlam 17/04/2015 @ Le Ritz PDB, Montréal

Ufomammut + Usnea + Tunguska Mammoth + Show OF Bedlam 17/04/2015 @ Le Ritz PDB, Montréal

Dix-neuf heures quarante-cinq. Le soleil n'est pas encore couché. Ça fait tout drôle de le voir se refléter dans les miroirs du bar où j'ai pris place, tranquille sur mon tabouret. Show of Bedlam monte sur scène. La projection fait dérouler des formes, des couleurs sur l'écran. La voix de la chanteuse se promène au-dessus d'un brouillard de doom psychédélique. D'où je suis, je ne la vois pas. Elle est accroupie. Puis je l'aperçois. Elle passe une main dans ses cheveux courts.  Elle crie. C'est lourd. C'est lent. De façon surprenante, le son est vraiment bon pour un premier groupe. Ça vibre et c'est excellent.

Show of Bedlam live

Tunguska Mammoth monte sur scène. Je suis toujours au bar. W vient me rejoindre. Nous discutons. Les Montréalais se déchaînent. Tight et agressif. Solide et dense et poilu comme un mammouth venu d'un autre froid, moins glauque et psychotique, moins doom, un mammouth qui cavalcade et qui écrase tout sur son passage. Après le doom de Show of Bedlam, les gars de Tunguska Mammoth brassent la soupe, rappellent à ceux qui sont venus pour le doom ensorcelant qu'ils vont devoir se faire botter le cul pendant une demi-heure avant d'y revenir. Performance lourde et imposante. J'aimerais cependant les voir dans un autre contexte. En première partie d'un Crowbar, ça aurait été un meilleur scénario. Ce n'est que partie remise.

Usnea live

Usnea monte sur scène et je suis toujours à proximité du bar, mais en station verticale. J'ai perdu ma place. Je suis debout avec W tandis que J tente de survivre aux assauts soniques, devant la scène, caméra en main. Usnea nous garroche justement un hybride de black métal et de doom dans lequel on perçoit des pointes d'High on Fire (ce qui en soi, n'est jamais une mauvaise chose). Nous revenons au doom. Lenteur et cris au menu. Ça prépare bien la suite.
J se pointe à l'arrière de la salle. Nous allons prendre l'air.

Ufomammut live

Mes oreilles bourdonnent légèrement. Je n'ai pas encore eu ma dose. Nous revenons à l'intérieur. Le temps de me prendre un rafraîchissement au bar et de me faufiler jusqu'au-devant de la scène. « Sans blague, tu dois venir au-devant avec nous pour Ufomammut, c'est quelque chose ». Je suis les recommandations de W. J'arrive comme ils prennent place devant leurs amplis tandis que le batteur se tient debout derrière sa batterie, concentré à l'extrême. Il enlève son chandail et s'assoit, tape des baguettes sur ses cuisses pendant que le drone commence sa lente ronde. Ça commence à monter. La batterie embarque puis la basse. C'est fort. J'en ai les narines qui vibrent. Après environ trois minutes ambiantes, ça part. Somnium. Le début du plus récent album. Je ne serai pas déçu. J'aurai ma dose. Autant j'ai toujours trouvé qu'Ufomammut, sur disque, ne parvenait pas toujours à transmettre l'énergie virale de leur musique autant, en ce petit dimanche soir printanier au bar Ritz, ils m'en mettent plein la gueule. Après une quinzaine de minutes, je sais que j'aurai des douleurs au cou pour les prochains jours. Il y avait longtemps que je n'avais pas eu autant de plaisir. Les gars communiquent peu. Ils n'en ont pas besoin. La musique fait le travail, une progression musicale qui, au lieu de faire se succéder des prouesses techniques fait monter les enchères, joue sur les sonorités, sur les répétitions qui se suivent avec d'infimes variations qui ont toutes pour but de nous faire avancer un peu plus loin dans cet état de transe dans lequel on veut nous faire entrer et au sein duquel on se garroche avec un plaisir sans commune mesure.

Le spectacle se termine. C'est le temps d'aller prendre l'air. Le soleil s'est couché depuis longtemps mais la soirée ne fait que commencer, ici, sur les trottoirs de l'Est de la ville. J'ai l'impression que la foule entière est demeurée prendre l'air et flâne devant le bar. Le batteur vient nous rejoindre. Il a apprécié la réception. C'est réciproque. Mais je dois quitter. Un bus à prendre. Quoi de plus prosaïque pour finir une telle soirée. La prochaine fois, je me trouve un endroit où dormir...

 

Crédits photos : Baktelraalis

Musicien, littérateur, ébéniste. Je ne parle pas de moi à la troisième personne.

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