Retour sur Godflesh

Retour sur Godflesh

On ne peut penser au métal industriel sans nommer Godflesh, le mythique groupe de sieurs Justin Broadrick et G. C. Green. Portant fièrement des influences palpables telles que Killing Joke, Swans et Whitehouse avec un imbroglio sabbathien et ambiant, Godlfesh a toujours été ce groupe transcendant les genres, assez métal pour la faune hirsute hurlante et assez industriel pour les têtes à rivets. Comme tout groupe définissant un genre, les clones se multiplieront au fil des décennies mais certains tireront leur épingle du jeu en offrant une nouvelle approche (comme Fear Factory, Pitchshifter et Isis de la première heure) qui pousseront un peu plus loin les limites du genre.

Basse distortionnée, boîte à rythme, guitares survoltées mais mélodiques et vocaux agressifs et sereins enclencheront nombres d’idées aux amateurs de musique agressive désirant autre chose que le trash, death, grind et crossover hardcore qui domineront la fin des années 80. Si Broadrick fit office de membre du « groupe le plus rapide de la planète » (Napalm Death), nul n’aurait imaginé qu’il opérerait par la suite une formation aux antipodes de cette dernière.

De 1989 à 2001, Godflesh sortira sept albums. Si les premiers sont des classiques en soi, les derniers offriront leur part en expérimentation. « Hymns », peu motivant et ouvrant la voie à son nouveau projet, Jesu. « Us & Them », sans doute le plus controversé des enregistrements, offrira un flirt drum’n’bass au goût du jour. Sans aucun doute, « Streetcleaner » est l’album qui rassemble les vieux fans et les nouveaux. On ne saurait jamais assez louanger la lourdeur et la précision des pièces, la boîte à rythme offrant une mécanique apocalyptique juste et précise. Même si le groupe avait fait ses preuves avec son premier EP, c’est « Streetcleaner » qui deviendra cet immortel, qui engendrera le culte et qui sacrifiera les vierges offensées sur l’autel de la rythmique mécanique.

Au fil des ans, monsieur Broadrick multipliera tout de même les projets musicaux offrant tout à la fois des facettes différentes et sa propre signature. Parmi les plus connus, Final; Techno Animal; God; Curse of the Golden Vampire; Greymachine; The Blood of Heroes et JK Flesh engloberont le hip-hop, le jazz, le dubstep et l’ambiant comme les extensions personnelles d’un individu complexe, troublant, mais ouvert et fascinant.

On ne peut garder un dieu mort trop longtemps, Justin Broadrick aura compris que son projet post-Godlfesh, Jesu, malgré ses bonnes intentions post-rock gentilles, ne savait suffire à ses tendances plus lourdes. C’est pourquoi 2010 a vu le duo revenir d’outre-tombe et assurer des performances toujours aussi bien ficelées de hargne, d’amertume et de pesées auditives. On peut espérer une sortie possible d’un nouvel album mais déjà, la présence du groupe sur scène aura su raviver les passions.

Godflesh sera en concert le 27 mai prochain dans le cadre du Festival Villette Sonique à Paris. À ne rater sous aucun prétexte.

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À saisir.

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