Warhorse - As Heaven Turns to Ash / I am Dying (2001)

Warhorse - As Heaven Turns to Ash / I am Dying (2001)

Ce qu’on attend d’un bon destrier, plus communément appelé cheval de guerre ? D’être la pire ordure sur sabots jamais enfantée. Non content de devoir charroyer un quintal et demi de chevalier et d’armures de plates, la bête devait pourvoir charger sans coup férir au milieu du fracas épouvantable des combats, et filer un coup de papatte bienvenu à son cavalier en tuant d’une ruade ou d’un coup de dent l’inconscient qui s’était approché un peu trop près de l’équipage. Mon petit poney ? Recalé, va donc faire de la garniture pour Findus. La littérature de l’époque n’abondant pas, nous nous ferons une bonne idée de l’effroi que pouvait inspirer une charge de destrier en consultant le tableau de Brueghel l’Ancien, Le triomphe de la Mort (le cheval monté par un squelette armé d’une faux) ou celui d’Albrecht Dürer, Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.

Warhorse, un doom tellurique, l’impression que doit faire une charge de cavalerie médiévale de neuf mille chevaux.

Si vous êtes férus de musique, une écoute prolongée du groupe américain Warhorse vous fera comprendre pourquoi il vaut mieux s’écarter d’un destrier. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’un inédit de cette légende du doom, splittée après leur prophétique EP « I Am Dying », mais d’un repressage indispensable pour combler les éventuels trous de votre bibliothèque musicale.

Warhorse, un doom tellurique, l’impression que doit faire une charge de cavalerie médiévale de neuf mille chevaux. Rarement un trio aura autant saturé sa musique, ralentissant les fréquences sonores de leur riffs pour produire un effet sur l’organisme proche de celui d’un séisme (Doom’s Bride). Lourd, pesant, brutal, massif… Les adjectifs manquent.  Warhorse est un groupe qui domine le podium de l’excès. Pourtant, sa réussite majeure réside, bien avant Old Man Gloom, dans une expérimentation à tout va et un subtil mélange des genres. Capable d’ambient sur Amber Vial ou Dawn, le groupe excelle dans le registre psyche (Every Flower Dies No Matter The Thorns), assez proche d’Acid King.

Nous pouvons déplorer qu’un tel groupe ait disparu. Considérons qu’il ait atteint sa plénitude et ait eu l’honnêteté de ne pas décliner sous forme de recettes ce qui constituait leur pièce maîtresse.

L’instant uchronie. Ce qui me fait penser qu’avec de tels destriers, nous aurions pu gagner Azincourt et exercer notre empire sur la Grande Bretagne et, par la suite, imposer nos misérables goûts musicaux. De là, pas de Beatles, pas de Black Sabbath, pas d’Electric Wizard, pas d’Aphex Twin, et j’en passe… Quelle horreur ! Tout bien considéré, mieux valait perdre Azincourt.

 

Warhorse - As Heaven Turns to Ash / I am Dying (2001)
Warhorse
As Heaven Turns to Ash
Dusk
Doom's Bride
Black Acid Prophecy
Amber Vial
Every Flower Dies No Matter The Thorns (Wither)
Lysergic Communion
Dawn
Scrape
And The Angels Begin To WeepS
J'aime les chats roux, les pandas roux, Josh Homme et Jessica Chastain.

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