Iggy Pop - Post Pop Depression (2016)

Iggy Pop - Post Pop Depression (2016)

Iggy Pop et Josh Homme: la collaboration dont on avait besoin, sans même le savoir. Post Pop Depression a été produit par Josh Homme, le prolifique musicien derrière des projets tels que Kyuss, Queens of the Stone Age, Eagles of Death Metal, Them Crooked Vultures et j'en passe.

Ayant collaboré avec des artistes variés tels que David Bowie et At The Drive-In, Iggy Pop, le "godfather of punk", a touché à tout au cours de sa carrière d'une quarantaine d'années. Il a récemment mentionné dans une entrevue radio à Beats 1 que cet album serait probablement son dernier. J'ai beaucoup de respect pour les musiciens qui prennent la décision d'arrêter la musique avant de devenir redondant, ou avoir l'air de crever sur scène comme Keith Richards. Post Pop Depression est une oeuvre fantastique qui permet à Iggy de (potentiellement) clore sa carrière musicale avec la tête haute. Le court album de neuf titres a été enregistré en deux semaines dans le studio de QOTSA en plein désert californien. Une équipe talentueuse y a participé : Matt Helders de Arctic Monkeys à la batterie, Dean Fertita de Dead Weather et QOTSA à la guitare, et bien sûr Josh Homme. Pour prêter main forte en tournée, on retrouve également Troy Van Leeuwen de QOTSA et Matt Sweeney de Chavez. 

L'album débute avec le très accrocheur Break Into Your Heart, où Iggy Pop joue au crooner et les riffs twangy de guitare sont en abondance. Gardenia, le premier single, me rappelle un peu David Bowie. Iggy, qui a pondu Lust for Life il y a presque quarante ans, poursuit son écriture sur le sexe et la luxure. Il chante: 

You should be wearing the finest gown
But here you are now
Gas, food, lodging, poverty, misery and gardenia
You could be burned at the stake
For all your mistakes, mistakes, mistakes
All I wanna do is tell Gardenia
What to do tonight

Le troisième titre, American Valhalla a une ambiance plus percussive et rythmique que les deux premières chansons. Iggy chante qu'il n'est pas prêt pour la mort: "Where is American Valhalla / Death is the pill that's hard to swallow". In The Lobby est plutôt déconstruite : tous les instruments vont dans des directions différentes, les transitions sont abruptes, mais le résultat final est original. On sent une continuation de la chanson précédente lorsqu'Iggy s'exclame "I hope I'm not losing my life tonight!". Sunday est le titre le plus intéressant d'un point de vue musical: la rythmique atypique, la ligne de basse funky, la guitare au penchant jazzy mais dissonant, et la voix d'Iggy appuyée par le clavier et de nombreux backvocals. La chanson se termine en beauté avec une outro orchestrale digne d'une bande-sonore de film. S'enchaîne ensuite Vulture, une chanson acoustique avec un Iggy conteur. C'est une chanson étrange qui dégage un sentiment d'urgence avec du yodeling et un son très lo-fi et brut.

German Days contraste avec une vibe stoner à la Queens of the Stone Age. À réécouter plusieurs fois, car Josh et Iggy se chevauchent constamment avec des phrases complètement différentes. L'outro sur celle-ci est très bonne, les voix de Josh et Iggy se mélangent par-dessus un crescendo orchestral. La fin de German Days laisse place à Chocolate Drops, la ballade de l'album. Son groove constant et ses accords mineurs sont un peu déprimants musicalement, mais les paroles contrastent énormément avec leur positivité : ne pleure pas, ne meurs pas, lâche-toi. Paraguay est une chanson excellente pour clore l'album. La phrase thème est "Wild animals never wonder why, they just do what they goddamn do" et Iggy chante avec fougue qu'il va faire ses bagages et décoller pour le Paraguay. Iggy Pop déblatère contre la société et sa dépendance à la technologie :

"You take your motherfucking laptop, just shove it into your goddamn foul mouth,
down your shit-heel gizzard, you fucking phony two-faced, three-timing piece of turd!
And I hope you shit out with all the words in it,
and I hope the security services read those words and pick you up,
and flay you for all your evil and poisonous intentions, cause I’m sick and it’s your fault!
And I’m going to go heal myself now.
"

Un doigt d'honneur pour finir en beauté, digne du Godfather of Punk. Le dix-septième album d'Iggy et non le moindre, Post Pop Depression a surpassé mes attentes. L'album est court, dans ta face, et n'a pas de chansons fillers entre les bons titres : une collaboration très réussie. Le respect mutuel entre Iggy et Josh est palpable en entrevue et en prestation. Le groupe ne fera qu'une seule tournée pour promouvoir la sortie de l'album, s'arrêtant dans de petits théâtres historiques autour du monde. À mon grand chagrin, aucune date à Montréal. Ils s'arrêteront au Grand Rex à Paris le 15 mai.

 

Iggy Pop - Post Pop Depression (2016)
Iggy Pop
Post Pop Depression
Break Into Your Heart
Gardenia
American Valhalla
In the Lobby
Sunday
Vulture
German Days
Chocolate Drops
Paraguay
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