Intronaut : "C’est gratifiant de savoir que l’effort que tu as mis dans ton art touche les gens"

Certaines semaines sont plus chargées que d’autres. Cet été, dans un espace de quelques jours, j’ai eu la chance de voir deux groupes qui me sont très chers, au même endroit, soit le Il Motore. Par deux fois, j’ai également eu la chance de m’entretenir avec ces musiciens dont les œuvres jouent si souvent sur ma platine. Je parle dans un premier temps d'une entrevue avec Laura Pleasants et Philip Cope de Kylesa et deuxièmement d'une entrevue avec Sacha Dunable d’Intronaut. Ce dernier est un groupe qui réussit à me captiver et me faire voyager dans les nuages d’une vallée préhistorique à dos de ptérodactyle de par son son monstrueusement lourd, mais à la fois planant. Il n’y a pas de doute, écouter un album d’Intronaut a le même effet chez moi que de respirer du radon, ce gaz radioactif le plus lourd du tableau périodique.

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Étant sur ma lancée de questions sur l’industrie de la musique et le retour en force du vinyle dans le cœur des consommateurs, j’intercepte Sacha alors qu’il remballe son équipement au coin de la très humble scène du Il Motore. Je lui propose ainsi de réaliser une entrevue impromptue, qu'il accepte avec un grand sourire. Ayant déjà bavardé avec les gars d’Intronaut par le passé, je ne m’attendais à rien d’autre. Ces mecs sont des passionnés qui même s’ils ont souvent la tête dans les nuages, ont complètement leurs pieds sur le plancher des vaches comme le plus commun des mortels. C’est sur le boulevard Jean-Talon en face de la porte d’entrée de la salle de spectacle que cette entrevue eut lieu.

 

Pelecanus : est-ce que le jour vous tient éveillé la nuit ?

 

Sacha : seulement quand je ne dors pas. Alors oui, le jour nous tient éveillé la nuit. *rires*

 

Pelecanus : les jours qui ont suivi Habitual Levitations, étiez-vous sur un petit nuage ?

 

Sacha : c’est une référence à Iron Maiden ? Tu veux parler de l’accueil de l’album ? Il a été très bon. Je suis sur un nuage, donc ça s’est bien passé, la tournée aussi. Visiblement nous sommes sur un nuage, je dirais plutôt que nous planons. Tout le temps qu’on ne rase pas le sol tout va bien. Nos ailes ne sont pas cassées.


Pelecanus : planez-vous autant que ce à quoi vous vous attendiez ?

 

Sacha : En fait on plane plus haut que ce à quoi on s’attendait, on plane néanmoins

 

Pelecanus : vous flottez.

 

Sacha : on flotte, bien dit.


Pelecanus : y a-t-il un producteur officiel sur Habitual Levitations ?

 

Sacha : cette fois on a adopté une approche différente. Habituellement on fait tout avec un seul gars dans un seul studio. Cette fois-ci on a pris un gars pour la batterie (John Haddad) qui avait travaillé sur nos trois premiers albums. On s’est rendus dans son studio et on a enregistré la batterie là-bas. Ensuite on a enregistré les guitares, la basse et tout le reste avec quelqu’un d’autre (Derek Donley) à Los Angeles. C’est un ami de nos amis. Il joue avec moi dans un groupe appelé Bereft, un side-projet de doom metal. On a ensuite tout apporté à Josh Newell, qui avait enregistré nos deux précédents albums pour qu’il mixe le tout. On a l’air de s’éparpiller mais c’était pour avoir la possibilité de prendre tout notre temps. Ça a dû nous prendre trois mois pour tout enregistrer. On a pu y aller relax, sans nous mettre la pression à cause des délais, de l’argent et de tout le reste.
 

Pelecanus : ça vous tenterait d’essayer d’enregistrer avec un équipement analogique ?

 

Sacha : à l’heure qu’il est je pense que tu peux obtenir un super son avec le numérique. Je ne suis pas très calé niveau enregistrement et je ne sais pas trop comment ça fonctionne. Tout ce que je sais c’est que tout ce qu’on a fait fonctionne très bien et qu’on est contents du son de nos enregistrements. Mon producteur préféré est Steve Albini, à Chicago, qui est à 100% pour l’enregistrement direct, mais on n’a jamais rien fait de tel, je n’ai donc pas vraiment d’opinion sur l'analogique. Je crois que tu peux obtenir quelque chose de très bien des deux manières, je ne suis pas un puriste.

 

Pelecanus : avez-vous craint de ne pas pouvoir reproduire en live les voix de Habitual Levitation ?

 

Sacha : pas tellement, le dernier album comportait beaucoup de voix claires. On a eu le temps de travailler sur tous les pépins possibles. Cette fois ça a été beaucoup plus facile de transposer le tout dans des conditions live et on s’est assuré que tout était au point. On est un peu plus à l’aise maintenant.
 

Pelecanus : tu prends plus de plaisir à chanter ou à crier ?

 

Sacha : chanter sans aucun doute ! Je ne suis plus aussi énervé qu’avant. Pareil pour Dave. J’aime ajouter une couche plus mélodieuse. Je me sens mieux quand je chante maintenant, c’est plus juste.

 

Pelecanus : et vous ne jouez pas devant une horde d’ados énervés non plus.

 

Sacha : ouais, je ne sais pas ce qui se passe, on n’a pas d’ados ! J’ai l’impression que notre fan type a 21 ans et aime jouer de la guitare. Il n’est plus uniquement question de mosher.

   
Pelecanus : votre public est un peu plus âgé, diriez-vous mature ?

 

Sacha : non! Ne dis pas ça parce qu’on n’est pas matures. Carrément pas.

 

Pelecanus : parle-nous de votre collaboration avec l’illustrateur David V. D’Andria.

 

Sacha : David a travaillé sur notre dernier album, Valley of Smoke. Il a fait un travail de tueur sur celui-ci donc on n’a pas cherché plus loin. On s’est dit qu’on allait continuer avec lui. Il est incroyablement talentueux. On n’a même pas besoin de lui donner de directives, on lui file les paroles et le titre de l’album. Les deux fois, lorsqu’on a vu la toute première ébauche qu’il nous avait envoyé on a fait “ok, ce sera ça l’artwork de l’album !”.

 

Pelecanus : il travaille sur de nombreuses affiches de concerts.

 

Sacha : ouais, des affiches, des t-shirts et d’autres trucs pour des groupes cool, principalement des groupes de la côte ouest non ? Je ne sais pas, des groupes avec qui il est ami j’imagine. Nous concernant on ne le connaissait pas avant de travailler avec lui. Il est super doué et c’est agréable de travailler avec lui.

 

Pelecanus : peux-tu m’en dire plus sur le business derrière la pré-vente de votre dernier album ?

 

Sacha : tout a été fait par notre label, selon les standards habituels. Ils ont essayé de trouver quelque chose de spécial, il me semble que pour chaque pré-commande tu recevais un t-shirt. Ils aiment avoir de nombreuses pré-commandes.
 

Pelecanus : est-ce que ça affecte les ventes lors de la première semaine ?

 

Sacha : ouais, carrément, ils veulent que la première semaine marche à plein pot. C’est assez simple, il y a beaucoup de fans qui veulent avoir le nouvel album. On ne met pas plus de réflexion là-dedans, on dit juste aux fans “voilà le prochain album, il sortira à cette date. Pré-commandez-le”.
 

Pelecanus : que pensez-vous du commerce sur internet, je veux parler de la possibilité de vendre directement aux fans, en se passant de la distribution via les boutiques de disques.

 

Sacha : c’est cool, pour autant je suis triste de voir les boutiques physiques lutter pour survivre. C’est juste la façon dont les choses fonctionnent, et je parle là de toutes les industries, pas seulement celle de la musique. Tout devient plus direct. Dans la musique, ça se passe maintenant entre le groupe et les fans. Il n’y a plus vraiment besoin de gros distributeurs. Ce n’est plus nécessaire. On s’assure que notre label envoie des albums aux petits disquaires. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne ici au Canada ou en Europe. On essaye d’envoyer nos albums chez les disquaires indépendants. Ce sont eux qui parlent de nous à l’échelle locale.
  

Pelecanus : ils ont également garder le vinyle en vie ces dernières années.


Sacha : tout à fait, les disquaires indépendants sont des connaisseurs, des music nerds, tout comme nous. On veut à tout prix les garder proches de nous ! On se retrouve dans ce qu’ils font, pour plein de raisons. On s’assure qu’ils sont bien traités. Notre label fait beaucoup de promotion et d’actions pour les impliquer dans les ventes. Par exemple le Record Store day, je ne sais pas si vous avez ça au Canada. Ouais ? J’apprécie ce que les disquaires ont fait pour nous concernant cette sortie.
 

Pelecanus : es-tu toi-même un amateur de vinyle ?

 

Sacha : carrément, quand on a commencé avec le groupe, et qu’on a commencé à faire des tournées j’ai dû vendre une méga collection de vinyle que j’avais constituée sur des années. J’avais 25 ou 26 ans et on devait s’acheter un van. Je les collectionnais depuis des années et j’avais cette super collection. C’était à l’époque où l’économie se portait bien et j’avais réussi à tous les mettre sur Ebay et à écouler ces albums rares que j’avais. Ma collection s’est réduite aux essentiels que je ne concevais pas de me séparer.
 

Pelecanus : peux-tu en nommer quelques uns ?

 

Sacha : de vieux albums des années 70 comme Yes, King Crimson, Dust, Sir Lord Baltimore, je ne pouvais pas me séparer de ceux-là, non pas parce qu’ils sont difficiles à trouver. Ce sont juste des vinyles que j’aime mettre sur ma platine à la maison. Je les ai depuis que je suis ado. J’ai 32 ans maintenant, j’ai possédé certains vinyles pendant 15 ans, je ne veux pas m’en débarrasser.
 

Pelecanus : et concernant l’industrie du vinyle, que penses-tu des éditions extra limitées 


Sacha : je pense que c’est bien. Tous nos albums sont limités, et c’est difficile parce qu’on essaye de faire en sorte qu’ils soient toujours disponibles pour les fans qui voudraient les acheter. On a repressé, Void, notre premier album il y a environ 6 mois. Le label canadien, Good Fellow n’en faisait presque rien, on s’est donc mis d’accord pour qu’on le represse nous-mêmes et qu’on le remette sur le marché. Tout est parti. Je crois que les fans aiment acheter des vinyles parce que c’est une pièce d’art palpable, pas comme un CD, où c’est tout petit. Avec le vinyle tu tiens l’artwork dans tes mains, tu peux l’afficher. En tant que collectionneur ou fan d’un groupe, c’est cool d’acheter un vinyle.
 

Pelecanus : t’est-il déjà arrivé d’écouler tous tes exemplaires et de te rendre compte que des personnes les revendaient plus chères sur internet ?  


Sacha : notre label a pressé seulement une centaine d'exemplaires de nos deux derniers albums, on en n’a donc plus eu de disponibles pendant plusieurs années. Je ne crois pas avoir vu des gens les revendre, je ne crois pas que pour le moment les gens soient prêts à payer un album d’Intronaut plus que sa valeur. On prévoit de tout represser plus tard.
  

Pelecanus : ce soir, c’était la première fois que vous faisiez la tête d’affiche à Montréal, ça vous arrive souvent ?

 

Sacha : en effet il s’agit de notre première tournée en Amérique du Nord en tant que tête d’affiche. On a déjà fait des dates où on était la tête d’affiche, mais c’est la première fois qu’on est en tournée en l’annonçant comme tel. Ça a été génial, un succès total.
 

Pelecanus : la question peut paraître stupide mais, vous préférez être la tête ou pas ?


Sacha : j’aime les deux d’une certaine façon. Quand tu es la tête tu peux jouer plus de morceaux avec une récompense différente, cependant les meilleurs souvenirs qu’on a proviennent de tournées où on ouvrait pour des groupes formidables.
 

Pelecanus : la première fois que je vous ai vus, vous accompagniez Kylesa et Mastodon.


Sacha : oui, c’était la première fois qu’on passait à Montréal. Ensuite c’était avec Cynic et après Helmet. Toutes ces tournées étaient géniales. Ne serait-ce que le fait d’ouvrir pour des groupes dont on avait longtemps été fans. Quand tu es la tête d’affiche, quand tu joues comme ce soir et qu’il y a plein de gens qui viennent même si c’est un petit club, et que des gens de l’autre bout du continent connaissent ta musique et se déplacent, c’est super gratifiant. C’est gratifiant de savoir que l’effort que tu as mis dans ton art touche les gens. Être la tête d’affiche c’est cool, aucun doute là-dessus.
 

Pelecanus : quand vous avez ouvert sur des grosses tournées, vous avez dû jouer dans des grandes salles, tu préfères les petites salles ou les plus grandes ?

 

Sacha : là encore, pas de préférence, chacune a ses avantages et j’aime jouer dans les deux. Là encore ça dépend de la tournée. Quand on tournait avec Tool c’était vraiment génial. À l’inverse avec Helmet on ne jouait pas dans des salles plus grandes que celle-ci. Quand tu fais la première partie tu es restreint niveau espace, tu ne joues pas aussi longtemps et tu ne peux pas te permettre de faire venir un ingé son, ça reste très amusant et moins stressant. Du moins, pas autant que quand tu es la tête d’affiche, là tu dois être là en avance et rester très tard. Chaque situation a ses avantages et ses inconvénients.
 

Pelecanus : est-ce que vous allez tourner encore pour Habitual Levitations cette année ?  

 

Sacha : oui on prévoit une autre tournée cet automne, on a quelques trucs sur le feu. On cherche à faire un tournée en support pour quelqu’un d’autre en espérant toucher de nouvelles personnes et gagner de nouveaux fans. On prévoit aussi de traverser l’océan, les deux océans même. On aimerait aller en Australie, on espère pouvoir retourner en Europe et dans d’autres pays bizarres. On ira dans de nombreuses villes avant la fin de l’année.

 


 

Pelecanus: Does the day keep you up at night?

 

Sacha: Only when I stay up all night. Then the day does keep us up at night, yeah.  *Laughs*
   

Pelecanus: Did you fly high off the aftermath of Habitual Levitations?


Sacha: Is that an iron maiden references? You mean the reception after the release? I think it was good. I’m flying high, so far it’s been good, this tour’s been going great. Apparently we’re flying sort of high, I’d say middle to high. As long were not flying low were good. Our wings are not broken.
   

Pelecanus: Are you flying as high as expected?


Sacha: Actually were flying little higher than expected, were flying nonetheless.
  

Pelecanus: You’re afloat.


Sacha: We’re afloat, well said.

   
Pelecanus: Is there an official producer on Habitual Levitation?


Sacha: This time we took a little different approach. Usually we just go with one guy and do it all in just one studio. This time we did drums with a guy (John Haddad) who did our first three recordings. We went to his studio and did drums there. And then we did guitars, bass and everything else with another guy (Derek Donley) in LA who’s a friend of ours. He plays in a band called Bereft with me, a doom metal side project. We then took it to Josh Newell, who recorded our last two records to do the mix. It was scattered but it was for the purpose of really being able to take our time on this one. It took us probably three months to record everything. We were able to relax and not stress about deadlines, money and all that.
 

Pelecanus: Would you like to try and record with an analog device?


Sacha: At this point, I feel like you can get great sound with all the digital stuff. I’m not really a recording guy and I don’t really know how it all works. I do know that everything we have done works just fine and we are happy with the way our records sounds. One of my favorite producer ever is Steve Albini, in Chicago, who’s all bout live taping, but we’ve never done anything quite like that. I don’t really have an opinion on analog. I feel like you can get a good sound either way these days. I’m not a purist.    
 

Pelecanus: Were you guys stressed about not being able to pull off the vocals of Habitual Levitation in a live setting?


Sacha: Not so much, the last record had a lot of clean vocals. We’ve had time to work out all the kinks. This time around was a lot easier to move it to a live setting and we made sure it was tight and everything. We’re a little bit more conformable now.
  

Pelecanus: Do you now enjoy more singing than screaming?


Sacha: Definitely singing! I’m just not as angry as I used to be. It’s the same with Dave. I like adding a more melodic harmonic layer, you know? Singing feels better and right at the present.
 

Pelecanus: And you’re not playing in front of angry teens either.


Sacha: Yeah, I don’t know what it is, we don’t get many teens! I feel like our fan base is 21 and they like playing guitar. They’re not just about moshing.
 

Pelecanus: So you’re fan base is little bit older, would you say mature?


Sacha: No! Don’t say that, because were not mature. Heavens no.
 

Pelecanus : Tell us about your collaboration with the illustrator David V. D’Andria


Sacha: David did our last record, Valley of Smoke. He did a killer job on that one, so it was a no brainer. We figured we just go with him again. He’s an insanely talented artist. We don’t even need to give him directions really; we just give him the lyrics and the record title. The first thing he sent us, both times, we were like “ok, yeah, that’s the album cover!”
 

Pelecanus: He also does a lot of gig posters.


Sacha: Yeah a lot of gig posters, shirt designs and other stuff for a lot of cool bands, mostly west coast bands? I don’t know, bands he’s friends with I guess. Although we didn’t know him before our working relationship. He’s a super talented guy and easy to work with.
 

Pelecanus: Could you tell me about the business behind the pre orders of your latest record?


Sacha: It was all done by our label, it was pretty standard. They tried to come up with something special, I think they had a t-shirt that you would get with the record. They like to get a good number of pre orders in.
 

Pelecanus: Do they affect the first week number of sales?


Sacha: Yeah, exactly, they want to get the first week as high as it can be. Other than that, it’s pretty easy. There are a lot of fans that are eager to get the new record.  We do not put up a lot of thought into it. It ‘s just basically telling the fans “here’s the new record, it’s going to be out on this date. Pre order it.”
 

Pelecanus: What are your thoughts about e-commerce, and by that I mean selling directly to the fans and skipping the record store distribution.


Sacha: It’s cool, as much I’m sad to see brick and mortar stores struggling. It’s just how everything’s going, and by that I mean all commerce, not just the music industry. Everything is being more direct. In the music industry it’s now from the band to the fans. There isn’t really a need for distributors and big records chains, it just not necessary at this point. We do make sure our label sends records to mom and pops record stores, at least here in states. I’m not sure how it works out here in Canada or Europe. We do try to get our records to the independent record stores. Those are the people who help out spread the word locally, in each place.
  

Pelecanus: They basically kept vinyl alive for the past years.


Sacha: Right, people who run independent record stores are the music snobs, the geeks, just like we are. We definitely want to keep them on our side! We can relate to them in a lot of ways. We make sure that they are taken care of. Our label does a lot of promotion and things to keep them involved and make sure that they can sell stuff. For example, the record store day, I don’t know if you have that here in Canada too, yeah? I appreciate what record stores have done for us on this release.
 

Pelecanus: Are you a fan of vinyl yourself?


Sacha: Definitely, when we first started this band, when we started touring, I actually had to sell off a huuuge record collection that I had been compiling for years. I was 25 or 26 and we needed to buy a van. I had been collecting vinyl for over ten years and I’ve had this huuuuuge collection. It was back when the economy was still pretty good, and I was able to put it all on Ebay an I made a killing off these rare records that I had. My personal collection has dwindled down to just the essential like the ones that I really couldn’t part with.
 

Pelecanus: Could you name a few?


Sacha: Old 70s records like Yes, King Crimson, Dust, Sir Lord Baltimore, I couldn’t get rid of that stuff, not that they are hard to get. They’re just records that I like to have on vinyl and that I like to throw on the turn table at home. These are the records that I’ve had since I was a teenager. I’m 32 now, there are some records I’ve had for 15 years and I like to hang on to.
 

Pelecanus: And on to the vinyl business, what do you think about extra limited pressings?


Sacha: I think it’s cool. All our stuff is limited, which is tough because we try to keep it available for our fans to buy. We repressed our fist record Void maybe six months ago. The Canadian label, Good Fellow was pretty much not doing anything with it anymore, so we had a deal with them so that we could press it ourselves and reissue it. It sold really well. I think fans like to buy vinyl because it’s a tangible piece of merchandise, not like a cd where it’s a small thing. With the vinyl you get the artwork as a big thing you can hold, you can display it. As a collector or a fan of any band, vinyl is the cool thing to buy.
 

Pelecanus: Did you ever ran out of copies and found out people were flipping them on the Internet?


Sacha: Our label pressed only a thousand copies of our last two records so we hadn’t had these available for the fans for a few years. I don’t think I have seen people flipping them, I don’t think people are really willing to pay more than face value for an Intronaut record at this point. We’re planning on repressing everything later on.
 

Pelecanus: It was your first time headlining in Montreal tonight, how often do you headline?


Sacha: This was actually our first real headlining tour in North America. We’ve done off dates, where we would headline, but this is the first time we’re on tour on promoting it as that. It has been killer. It has been awesome. It’s a total success.

   
Pelecanus: This might be a stupid question but do you prefer headlining or not?


Sacha: I prefer both in some ways, yeah. When you’re headlining, you get to play more songs with some other rewards but some of our best touring memories are from supporting amazing bands over the years.
  

Pelecanus: The first time I’ve seen you guys, you were on tour with Kylesa and Mastodon.


Sacha: Yeah, that was actually our first time in Montreal. After that with Cynic and then Helmet. All those tours were amazing. Just to be able to tour with bands that we’ve been fans of for so long. However while headlining, when you play shows like tonight and there are people that come out even though it’s a small club, the fact that all this people on the other side of the continent know our music and come out, it’s really rewarding. It’s really rewarding to know that all the work you have put in you art is reaching people. Headlining has been cool for sure.
 

Pelecanus: While opening on bigger tours, you must have played in bigger venues, would you rather play in bigger or smaller venues?


Sacha: Again, both have their advantages and I like them both. But then again it just depends on the tour. When we were touring with Tool that was a reaaally cool experience. On the other hand with Helmet, we were not doing bigger clubs than this one. Where as an opening band you’re cramped for space, you’re not playing that long, you can’t afford to bring a sound guy; it is still a lot of fun and little more stressful. Yet, not as stressful as headlining, where you have to be there early and have to stay there late. Both have their ups and downs.
   

Pelecanus: Will you still be touring Habitual Levitations later this year?


Sacha: Yeah, we’re planning an other tour this fall; there’s a couple of things in the works. We’re looking to do a tour supporting someone else and hopefully reach some new people and win some new fans. We also have some other plans to go overseas, both ways. We want to go to Australia, hopefully Europe again and some other weird countries. We’ll be hitting a lot of cities before the end of the year.

Photographe argentique + (Auto)-éditeur + amateur de bon café

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