Dub Trio + Näo + Sakya 15/04/2014 @ Marché Gare, Lyon

Dub Trio + Näo + Sakya 15/04/2014 @ Marché Gare, Lyon

Arrivés pile à l’heure au Marché Gare, principalement pour voir les New Yorkais de Dub Trio, nous sommes les premiers à entrer dans la salle. (Non, ne fuis pas lecteur, on ne va pas vraiment te parler de dub sur Pelecanus !) Sur scène, on observe le joyeux bordel d’instruments, de pédales et de lumières des trois groupes qui joueront ce soir.

Seuls quelques curieux s’approchent tandis que les premiers d’entre eux, Sakya, montent sur scène. Les quatre musiciens rejoints sur quelques morceaux par une chanteuse enchainent les morceaux composites, entre rock post/atmosphérique et expérimentations électros. J’en retiendrai surtout le très beau et planant Ghost, morceau adapté de la BO de Ghost in the Shell (et mention spéciale à leur jeu de lumière qui fait son petit effet).

S’en suivent trente longues minutes de changement de plateau, où tous les techniciens et musiciens s’affairent à brancher-débrancher-rebrancher-déplacer-tester-retester (on commence à se demander si balances il y a eu, plus tôt dans la journée…).

Fini le branle-bas de combat, place à Näo, groupe phare du label Jarring Effects, qui profite de la soirée pour lancer son dernier album. Les trois musiciens maîtrisent rudement bien l’équilibre entre nappes électroniques aériennes et saturation sombre des guitares, et il faut dire qu’en live, leur mélange rock-électro/indus est plus qu’efficace.

Après à nouveau trente -vraiment- trop longues minutes de changement de plateau et de tests son, on accueille enfin Dub Trio, de passage à Lyon au cours d’une tournée anniversaire qui vient célébrer les dix ans d’existence du groupe instrumental spécialiste du brouillage de pistes.

A leur nom qui ne définit qu’une part infime de l’hybridité de leur musique, on peut ajouter les collaborations multiples des trois New Yorkais qui ont joué entre autres avec Mike Patton (qui en plus d’avoir prêté sa voix pour un de leur titre les a aussi invité à signer un album sur son label Ipecac), les Fugees, 50 cents, Prefuse 73 et même Lady Gaga. Oui. Sachant ça, autant abandonner tout de suite d’essayer de définir leur musique. Tu situes le dub, ses grosses lignes de basses pleines de reverb? Le métal et la lourdeur de ses guitares? Dub Trio, c’est un croisement un peu surréaliste de tout ça, qui tangue aussi parfois du côté de la noise, de l’ambient, ou que sais-je encore. Et ça peut notamment ressembler à ça :

Devant un public un peu moins dense mais bien échauffé, le groupe s’installe et on est directement pris d’assaut par la basse massive de Stu Brooks. Casquette vissée sur le crâne et sourcils froncés, il balance quelques samples tout en ajustant encore son instrument, ce qui l’obsèdera d’ailleurs une bonne partie de la soirée, à la recherche d'un son parfait (Ah, ces Américains !...). Les riffs de guitares décollent dans la foulée, DP Holmes et son armée de pédales d’effets maîtrisent tous les styles. Mon attention est vite attirée par la complexité du jeu du batteur. Ça ne paraît pas comme ça, mais sous son air un peu chétif et son allure dégingandée, Joe Tomino cache une technicité impressionnante. Sa dextérité vient couronner le talent de ses acolytes à bondir sans difficulté d’une ambiance à l’autre au sein d’un même morceau.

Tournée anniversaire oblige, le set enchaîne des morceaux issus de chacun de leurs cinq albums, tantôt portés par une structure dub, ou laissant davantage de place aux sonorités électriques noise ou métal. Le live nous le confirme, la spécialité des trois types de Brooklyn, c’est qu’ils ne cessent de surprendre, en mélangeant les genres pour mieux les réinventer, et parviennent à rester cohérents autant qu’imprévisibles.

Le retard dû aux longs changements de plateau cumulé à la joie des transports en commun ne nous permettront malheureusement pas de profiter du concert jusqu’au bout. On quitte donc la salle un peu mitigés par cette soirée, entre la déception d’un set froid et distant augmenté par le perfectionnisme du bassiste mais le plaisir admiratif devant l’aisance et la qualité des musiciens qui savent TOUT jouer.

Crédits photos : Rémy Ogez

Je voulais travailler dans la culture mais ça marchait pas, alors pour tromper l'ennui j'allais voir des concerts puis j’écrivais des trucs. J'ai fini par trouver du boulot, mais j'ai continué à écrire.

Ajouter un commentaire