Old Dirty Bastard - Les enfants du rappeur sans père

Jon Snow n’est pas le seul bâtard à passionner tout le monde. Malgré son décès en 2004, le MC dont le style n’a pas de précédent (« he is the old dirty bastard because there is no father to his style » selon Method Man sur Enter the 36th chamber) influence encore plus de nos jours une nouvelle génération de rappeurs. Après son introduction sur le premier album du Wu-Tang Clan, le rappeur avait enchainé très rapidement après la sortie du premier disque du collectif avec un premier album solo complètement déglingué. Dix sept morceaux, des interludes misogynes hallucinés, un flow à moitié chanté et à moitié rappé. Bref, un disque enregistré sous substance ou sous l’influence de l’ego complètement déchiré d’un rappeur hors norme. Il n’y avait bien que le succès unanime du Wu pour permettre à un tel disque de voir le jour et de s’écouler à autant d’exemplaires mais grand bien il aura fait car sans lui nous n’aurions peut-être pas des rappeurs aussi exemplaires.

Tyler, the Creator

Le jeune Tyler a trois ans quand Return sort le disque de Dirty mais qu’importe l’âge auquel il l’a découvert car la créativité du bonhomme l’aura sûrement marqué. La créativité débridée et le flow sauvage auront sans aucun doute marqué le jeune rappeur et la formation de son crew Odd Future où l’on trouve dès sa première mixtape, Bastard, comme par hasard, une énergie créatrice capable de mener une bande d’adolescents vers la gloire et une capacité à développer un univers très personnel où il met en scène des confessions et ses fantasmes. Ajoutez à cela un flow où il mélange une voix ralentie sous xanax et une voix plus classique déterminée tantôt à menacer l’auditeur, tantôt à le supplier.

 

Danny Brown

Avec ses cheveux constamment ébouriffés, ses deux dents de devant manquantes et son flow multi-forme, Danny Brown pourrait être perçu comme ce que Dirty aurait pu devenir s'il était encore de ce monde. Originaire de Détroit, le rappeur a très vite saisi que le succès se trouvait dans le développement d’une identité propre. Envisagé pour rejoindre le crew de 50 Cents mais refusé à cause de « son look de hipster », le rappeur traine autant son flow de mutant sur des morceaux du futuriste The Bug que sur les productions de son confrère de Détroit, Black Milk et son approche du sampling plus traditionnelle.

 

Zelooperz

Artiste en développement mais déjà en possession d’une identité forte, le protégé de Danny Brown n’en est qu’à son deuxième. Le premier, Coon N The Room: Eating Ramen Noodles While Watching Roots on Bootleg, avait de quoi rappeler le mépris total de ODB pour le conventionnel. En revanche, une fois en présence du flow du bonhomme, il n’y a pas de doute à avoir sur la paternité de celui-ci. Loin d’être un plagiat, bien qu’il n’y a pas de doute quant à la filiation du bonhomme, il reste un personnage à part dans le paysage rap sans aucun attachement à une tendance particulière. Unique et créatif, il a tiré les bonnes leçons de l’héritage du vieux bâtard pour tracer sa propre route. 

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge jusqu'à son déménagement à Londres. Chroniqueur rock de 2004 à 2010 sur Eklektik-rock puis sur la fille du rock depuis 2010, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Ecrit aussi en anglais sur Delay and Distorsion (Chronique musicale).

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