Tombs + Brazen Hell + Firearchy + Dark Circles 31 mars 2012 @ Il Motore, Montréal

Tombs + Brazen Hell + Firearchy + Dark Circles 31 mars 2012 @ Il Motore, Montréal

Certains groupes de musique semblent adorer Montréal et le Canada en général, et c'est sans aucun doute le cas pour Tombs. La troupe de Mike Hill revenait encore une fois nous livrer son étrange black metal. Étrangement, ils venaient détruire Montréal sans acolyte, comme de grands garçons capables de se défendre tout seuls. Cela ne me dérangeait pas du tout, puisque la dernière fois leur compagnon de tournée, A Storm Of Light, avait grandement éclipsé la prestation de Tombs. Leur retour, sans groupes les accompagnant, présageait une plus longue prestation et avec l'ajout d'un tout nouveau guitariste, il fallait s'attendre à un résultat beaucoup plus puissant que lors de leurs dernières visites.

Avant toute chose, il faut glisser un mot sur les excellents groupes locaux que l'organisateur a osé jumeler à Tombs. Le style du groupe New Yorkais est difficilement comparable avec un groupe issu de Montréal, ce qui s'y rapproche le plus est sans doute la formation de black/doom Ensorcelor. Puisqu'ils jouent énormément depuis le début de l'année, notamment un concert avec Morne et un avec Castevet, il était logique de laisser la place à d'autres formations qui ont moins souvent la chance de se faire voir. Le premier de ses trois groupes québécois fut Dark Circles, une nouvelle formation qui n'a que quelques concerts d'expérience dont deux sur des soirées Pelecanus qui se sont déroulées le mois dernier. Leur hardcore obscur teinté de D-Beat et de Crust ne laissa personne indifférent, malgré la petite foule présente en ce samedi soir. Le chanteur/guitariste, issu du défunt groupe Black Ships, ne laisse aucune seconde de répit à l'auditeur. Les harmonies de guitares sont rapides et douloureuses et le chant très cru et offensif, tout est bien maîtrisé et ils étaient déjà à des années lumières de ce que j'avais pu voir le mois dernier. Une formation à surveiller pour tous les fans de hardcore/crust/screamo. Vivement leur premier album. Si jamais vous avez adoré et que vous désirez les revoir rapidement, vous n'avez qu'à passer ce dimanche 8 avril à la Death Church pour le Pelecanus Easter Bash.

Le second groupe et non le moindre était Firearchy, pour ceux qui ont une bonne mémoire vous les aviez probablement vu sur notre concert de Noël le 10 décembre dernier. Ce supergroupe local comporte des membres de Trigger Effect, Barn Burner, Bionic et Trung Hoa. La lourdeur et la rapidité étaient donc à anticiper. Ce ne fut en aucun cas décevant, leur death metal aux influences thrash et heavy résonnait à vive allure au Il Motore. Les rythmes effrénés donnait le ton à la salle qui se remplissait tranquillement, mais qui semblait trouée en milieu de parterre à cause de quelques alcooliques complètement disjonctés qui semblaient decidés à faire du tracas. Outre cet aspect étrange du spectacle, Firearchy a bien tiré son épingle du jeu, ce bon vieux son old shcool me redonne toujours un sourire malsain. Ce fut la prestation la moins précise puisque ce n'est certainement pas le groupe avec lequel les musiciens pratiquent le plus souvent, mais malgré quelques petits accrochages techniques ce fut une performance ultra-énergique. Essayez de ne pas les louper la prochaine fois qu'ils enverront leur décharge de décibels dans une salle montréalaise.

Le dernier groupe à réchauffer cette salle un peu trop tranquille, à l'exception des trois hommes dévastés qui alimentent la bousculade en milieu de salle, est Brazen Hell. Cette formation représente de la visite plutôt rare dans la métropole, ce groupe de hardcore originaire de Sherbrooke ne fait pas dans la dentelle. Leur son est cru et expéditif, de bonnes vieilles compositions d'une ou deux minutes maximum. Sans être très original ou très marquant, il faut s'avouer vaincu face à cette démonstration de lourdeur et de haine. Les musiciens sont précis et énergiques malgré plusieurs problèmes de son et une foule plus qu'emmerdante avec un spectateur qui s'amusait à agripper le chanteur par les jambes lors de la prestation. Il y a des soirées comme celle-là où l'ambiance est étrange et où tout le monde semble avoir eu une mauvaise journée. C'était bel et bien le cas lors de ce concert, la joie de vivre et l'intensité ne régnaient pas dans la salle, mais il faut dire que cela se mariait bien avec la musique de Tombs. Pour en revenir à Brazen Hell, ce fut le concert le moins percutant que j'ai eu la chance de voir les concernant. Je dois dire que les deux dernières performances m'avaient beaucoup plus épaté, celui avec Mares Of Thrace en 2011 et le premier avec Haggatha en 2010 furent de bien meilleures expériences. Si vous n'avez pas aimé ce que vous avez vu samedi dernier, je crois qu'une deuxième chance s'impose. J'espère cependant les revoir avec un line-up plus représentatif de leur style.

Le moment tant attendu était enfin arrivé, nos oreilles pouvaient maintenant commencer à saigner. Tombs prenait place sur la scène et les amplificateurs étaient massifs et impressionnants. La batterie d'Andrew Hernandez était recouverte de ceintures à balles de mitrailleuses, vive les clichés qui rendent les objets aussi effrayants. Son intensité me percute à chaque fois, il démolit sa batterie avec une hargne spectaculaire et un regard de meurtrier. C'est exactement le genre de musicien que j'aimerais être, et il compense largement pour la stabilité des autres membres. Le nouveau bassiste s'en sortait bien, mais il était beaucoup moins énergique que le bassiste original du groupe. L'ajout du second guitariste était une première à Montréal et l'idée est excellente, le manque de lourdeur que je leur reprochais était désormais chose du passé. Mike Hill agissait avec classe et simplicité, comme il nous y a habitué, il transpire l'expérience et le respect. C'est le genre de musicien qui jouera avec ses tripes que ce soit devant 12 ou 500 personnes, une philosophie qui semble porter ses fruits puisque Tombs attire à chaque fois un peu plus de spectateurs. Les quelques 75 personnes présentes en ont eu pour leur argent, malgré la courte prestation. Sans toutefois reconnaitre les titres joués puisque je ne maitrise pas totalement leur discographie, je dois dire que la plupart étaient issus de leur plus récent album Path Of Totality. Cette petite tournée de l'est du Canada et des États-Unis était sans doute un échauffement pour leur voyage en Europe qui inclut un passage au Festival Roadburn le 14 avril, toutes les autres dates seront avec le groupe italien Hierophant. Ils partageront également la scène à quelques reprises avec Pelican, ce qui me rappelle leur premier passage en 2009 en compagnie de Isis et Pelican, de très bons souvenirs. Tombs n'est jamais un groupe très renversant, mais cela demeure une expérience très intense et puissante. Je recommande à tous les Européens de tenter ou retenter l'expérience les concernant, ils s'améliorent beaucoup depuis quelques années et ce dernier concert fut de loin mon favori.

Chroniqueur montréalais pour Pelecanus depuis juin 2010 ayant participé à l'organisation de concerts ainsi qu'au défunt projet de webradio.

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