thisquietarmy + House of Low Culture + Mamiffer + Locrian 18/06/2011 @ Casa del Popolo, Montréal

thisquietarmy + House of Low Culture + Mamiffer + Locrian 18/06/2011 @ Casa del Popolo, Montréal

Le Suoni Per Il Popolo battait son plein la semaine dernière et l'équipe de Pelecanus se devait de couvrir au moins un concert. Cette aventure expérimentale prend place chaque année durant le mois de juin. Le week-end dernier avait été ciblé par notre site web puisque c'était le fameux retour sur scène d'Aaron Turner, que vous connaissez tous pour sa participation dans Isis, Twilight, Lotus Eater, Old Man Gloom, Greymachine, etc. Pour notre grand bonheur, il se produisait avec deux groupes pour ce concert à la Casa Del Popolo, soit House Of Low Culture et Mamiffer.

Avant d'entamer la critique du délire auditif qu'est House Of Low Culture, je vais glisser un mot sur notre bon ami Éric de Thisquietarmy. Le musicien de drone/ambient montréalais revenait tout juste d'une tournée européenne avec Aidan Baker (de Nadja) et malgré la fatigue et les émotions fortes vécues durant son voyage, il semblait toujours aussi calme et détendu à l'approche de sa prestation. Les magnifiques et envoutantes projections sont devenues un classique pour tous les gens qui suivent Éric depuis quelque temps. Pour l'aspect musical, ce fut légèrement différent de ce que l'on pouvait voir durant ses dernières prestations à Montréal, mais de majeurs problèmes de son ont littéralement anéantis tous les efforts du musicien. L'une des enceintes semblait exploser en régurgitant les pires bruits que j'ai entendus en concert, il aura fallu attendre vingt minutes avant de voir un technicien agir… Malgré tout, la qualité était au rendez-vous et la foule a été séduite par la performance du musicien. Ce fut  la réception la plus chaleureuse que j'ai pu voir d'une foule à l'endroit de Thisquietarmy. La prochaine fois qu'il ira en Europe, soyez donc de la partie.

La petite scène était inondée de claviers, pédales, batteries, guitares. Il y avait juste assez de place pour Aaron Turner et sa femme, Faith Coloccia. L'étrange projet House Of Low Culture commençait à prendre forme, Turner avait un microphone entre les mains et il nous balançait toute sorte d'effets extrêmement noise produits par diverses pédales. Par moment, nous avions droit à des délires de guitares totalement déstructurés sur sa vieille guitare noire et sa femme était dissimulée derrière son clavier pour faire du son à partir de ce qui semblait être une guitare ou une basse. Désolé pour le manque de précision, mais tous les sons étaient transformés de façon radicale. C'est avec des cris destructeurs sur des paroles qui venaient droit du cœur que Turner a conclu la déchéance musicale de ce projet. Ce fut une courte prestation de quinze minutes extrêmement difficiles pour les oreilles et le cerveau, mais qui révélait une intensité fascinante de la part des musiciens. Malgré son inaccessibilité, House Of Low Culture est une performance à ne pas manquer si vous avez la chance de les croiser sur votre parcours musical.

L'attente ne fut pas spécialement longue entre House Of Low Culture et Mamiffer, deux musiciens supplémentaires se sont joints au couple et le clavier strident de Faith fit rugir ses premières notes. Je ne suis pas spécialement fan de Mamiffer, mais je reste toujours curieux face à ce que le patron d'Isis touche. D'ailleurs, si vous croyez qu'il a oublié sont ancien groupe vous avez tort puisqu'il arbore un joli porte-clefs à l'effigie du groupe culte pour lequel il chantait et jouait de la guitare. Du moins, il porte le band à sa ceinture s'il ne le porte plus dans son cœur.



Trêve de plaisanteries et de fanatisme concernant Isis, voici ce que Mamiffer avait à offrir. Une musique lente et précise, tout le monde était bien préparé pour cette tournée. Les harmonies au chant pouvaient paraître étranges, mais elles étaient très subtiles et prenantes. La sublime voix de Faith Coloccia se mariait à merveille avec son conjoint qui semble avoir beaucoup amélioré sa technique vocale. L'unité des compositions aurait pu devenir redondante, mais la prestation dura à peine quarante minutes et ce fut étonnamment déjà terminé. La foule semblait ravie d'avoir assisté à cette maitrise de musique rock/ambiante plutôt sympathique. Je ne retournerai peut-être pas voir le groupe en concert, mais je suis très content de l'avoir expérimenté une fois dans ma vie lors d'une magnifique soirée sur Montréal. Ma décision de ne pas les voir vus au Roadburn se confirmait quand même, Mamiffer reste meilleur en studio qu'en live.

Toute bonne soirée nous propose une surprise, et bien croyez-moi : celle-ci fut l'une des plus grandes de ma vie. Locrian m'était complètement inconnu et je m'attendais à un noise/ambiant assez général, allez savoir pourquoi je me suis aussi imbécilement trompé? Le résultat fut massif et puissant comme un taureau. Le tout commença sur un rythme de guitare de type black métal durant pratiquement cinq minutes, ceci permit aux nombreuses machines à fumée de remplir la salle d'une vapeur effrayante et mystérieuse. Des dizaines de chandelles éclairaient subtilement la scène et nous arrivions à peine à voir les gens autour de nous.

Deux musiciens vinrent compléter l'excellent travail du guitariste. Tout d'abord, un claviériste/chanteur qui criait comme une bête avec un son totalement déformé. Il y avait aussi un batteur qui posait quelques rythmes de temps à autre, mais son rôle était beaucoup plus effacé que je ne l'aurais cru. La chose la plus importante, est qu'il ne tombait pas dans les clichés de batterie black métal comme c'est si souvent le cas.



J'étais littéralement sidéré par la performance, un grand sourire s'affichait sur mon visage durant les quarante-cinq minutes que celle-ci a duré. Je crois que ce fut la même réaction de la part de tous les spectateurs. Ce black métal noisy nous en mettait plein la gueule en ce samedi soir. La finale fut époustouflante puisqu'aux premières notes du dernier morceau, de puissantes lumières blanches rayonnèrent afin de plonger la salle dans un blanc strident plutôt que l'obscurité habituelle. L'effet fut saisissant et pour le moins inattendu, je lève mon chapeau à Locrian pour leurs efforts scéniques. Je vais assurément me mettre à découvrir davantage le groupe dans les semaines qui suivent et j'espère que cet enthousiasme vous donnera envie de faire la même chose de votre côté.

Chroniqueur montréalais pour Pelecanus depuis juin 2010 ayant participé à l'organisation de concerts ainsi qu'au défunt projet de webradio.

Ajouter un commentaire