Red Fang + Black Tusk + Rescue Rangers + Abrahma 11/04/12 @ Les Combustibles, Paris

Red Fang + Black Tusk + Rescue Rangers + Abrahma 11/04/12 @ Les Combustibles, Paris

Il est 19 h 30, je suis devant les Combustibles, et en attendant l'ouverture des portes (qui prend du retard), je bavarde avec des amis. "Oh non, je pense pas que ça sera violent", leur déclare-je alors. Si je pouvais remonter le temps, je jetterais un regard condescendant au moi du passé, lancerais un "oh qu'il est mignon", sur ce ton qu'on emploie face à un enfant extrêmement naïf, et lui enverrais une bonne baffe en pleine tronche, histoire de le préparer à ce qui l'attend ce soir.

Car oui, la soirée sera explosive, même si l'on pourrait penser le contraire après le set des français d'Abrahma. Le groupe, ne jouant cependant pas dans les meilleures conditions et stressé par le retard pris par la salle, aura en effet du mal à mettre l'ambiance dans le public, et je dois avouer que je n'accrocherai pas plus que ça non plus. Non pas que la musique soit mauvaise, mais le chant, trop fort (allant même jusqu'à créer d'horribles larsen) et un peu trop répétitif m’empêchera de m'immerger dans l'ambiance de ce groupe, aux riffs et solos pourtant sympathiques. De plus, je n'ai pas vraiment saisi l’intérêt des samples précédant chaque morceau et des images passées en arrière-plan, ne collant que rarement avec la musique. Dans tous les cas, allant bientôt revoir ce groupe en première partie de Ancestors, j'attendrai ce show-la pour me faire un avis définitif sur leur oeuvre, en espérant que les conditions leur soient plus favorables.

En attendant, après un changement de scène plutôt bordélique (comme c'est toujours le cas aux Combustibles, la scène n'ayant pas d'autres sorties que du côté du public), ce sont les Marseillais de Rescue Rangers qui entament leur set. Et là, c'est une toute autre histoire. Tout d'abord, qu'est-ce que Rescue Rangers ? Et bien, difficile à dire, la seule chose dont je suis sûr étant le nombre de personnes dans le groupe, s’élevant à trois. Pour le reste, je dirais qu'ils jouent une espèce de stoner plutôt énergique et n’hésitant pas à ratisser large, avec des passages sonnant presque grunge à mes oreilles, et d'autres ayant des sonorités qu'on pourrait croire sorties directement du dernier Quest for Fire. De plus, les mecs ont une pêche d'enfer, et transmettent aisément leur bonne humeur au public, qui commence à être de plus en plus comprimé, la salle se remplissant rapidement.

Rapidement ? Je dirais même trop rapidement, car à la fin de l'excellent set de ce groupe qui mérite amplement qu'on y jette une oreille plus attentive, on est comprimés comme des sardines, et ça ne va pas s'arranger, puisque Black Tusk prennent place sur scène. A vrai dire, je n'ai jamais été fan du trio en studio, leur préférant de loin leurs copains de Kylesa et de Baroness, mais alors en live, un seul mot me vient à l'esprit: TUERIE! Les mecs ne nous laissent pas un instant de répit, en enchaînant des morceaux rythmés et bourrins, les trois voix s’enchaînent et se complètent, et le public s'excite de plus en plus. Au fur et à mesure de ce set, la moitié de la fosse se transforme en champ de bataille où règnent pogos, slams avec des personnes s'accrochant aux projecteurs, et pluies de bière, provoquées par un nombre de gobelets renversés sur les murs et le plafond. Le groupe a l'air d'aimer cette ambiance de folie, et quand ils prennent une pause entre deux morceaux, c'est seulement pour prendre une bière ou enlever un t-shirt (les trois musiciens ayant fini leur set torse nu, dévoilant ainsi un nombre de tatouages plutôt impressionnant).

Maintenant, petite devinette: que fait une personne qui vient de se payer du matos de photo pour un prix approchant son salaire mensuel ? Et bien, plusieurs réponses sont possibles, mais "foncer dans un pogo" n'en est clairement pas une. Et pourtant, c'est exactement ce que j'ai fait, en rejoignant mes amis en plein milieu de ce champ de bataille. Épuisant, mais tellement énorme !

Et lorsque vient le tour de Red Fang d'envahir la scène, la salle est déjà dans un état indescriptible. Même si ça me semblait impossible, il y a ENCORE plus de monde, et une grande partie du public semble avoir ingéré une quantité d'alcool plutôt conséquente, chose à laquelle on pouvait s'attendre, si l'on connaît le groupe sur scène et leur passion pour la bière. Les premiers rangs (composés d'un nombre étonnement grands de Havrais) sont particulièrement avancés dans cette quête de communion avec les artistes, et, alors que le groupe s'installe sur scène, ces derniers passent leur temps à se verser de la bière sur la tête, à se rouler des pelles et à gentiment insulter les Parisiens, qui leur répondent en toute cordialité.

Le show commence enfin, et alors que le groupe entame Reverse Thunder, je commence à saisir tout le sens du mot "apocalypse". Tout ce monde qui était déjà bien trop compacté se met à bouger, à sauter, des vêtements volent un peu partout, pendant que la bière dégouline du plafond et s'évapore dans cette salle dont la température est clairement supérieure à celle du corps humain. Les photos ? Quelles photos, je vois à peine la scène ! Je persévère cependant, en essayant d'en prendre quelques unes, pendant que le groupe enchaîne Bird of Fire et l'excellente Painted Parade, tout en buvant de la bière directement dans des gobelets tendus par le public. Cependant, deux morceaux plus tard, sur Malverde, je me vois contraint d'abandonner, après que j'aie ressenti une douleur aiguë au bras (qui, après examen, ressemble à une morsure ou à une griffure jusqu'au sang, ce qui me laisse plutôt perplexe) et que la courroie de mon sac à objectifs ait lâché, annonçant une mort certaine pour son contenu dans les plus brefs délais. Je suis donc forcé de me frayer un passage vers la sortie de la salle, avec grande difficulté car il n'y a tout simplement pas une seule place libre dans cette cohue. 

Le temps de rajuster mon sac et de reprendre un peu mon souffle tout en écoutant Wires depuis le couloir, je veux y retourner, mais... c'est impossible. Non seulement le fait de s'approcher de l'entrée de la salle implique la température qui monte de dix degrés, mais il n'y a plus de place à l'intérieur. Du tout. Un peu comme le métro à l'heure de pointe alors qu'il y a un souci sur la ligne parallèle; il m'est donc impossible de ne serait-ce que mettre un pied dans la salle, sans parler de voir la scène. Beaucoup trop frustré par cette situation, je me résigne finalement, alors que le groupe entame Into the Eye, et quitte la salle, me consolant par une jolie affiche chopée à la sortie.

Bilan de la soirée: un show complètement malade, rempli d'alcool, de poils et de sang, malheureusement programmé dans une salle beaucoup trop petite par rapport au succès du groupe, et une dose de frustration pour moi. Abandonner à Red Fang, alors que j'ai survécu à Converge, The Dillinger Escape Plan et The Chariot, c'est quand même le comble.

J'aime les ours, le whisky et les internets.
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