ISIS + CAVE IN 23/06/10 @ Club Soda, Montréal

ISIS + CAVE IN 23/06/10 @ Club Soda, Montréal

23 Juin 2010 - 13H32 - À mon bureau - Le sol tremble, mon café tente de mettre fin à ses jours du haut de mon bureau. Phénomène rare au Québec, une secousse de magnitude 5.5 vient de frapper la ville. Qui aurait pu soupçonner que la réplique aurait lieu le soir même dans un Club Soda (soldout) accueillant 800 personnes venues vivre un phénomène aussi rare qu'un tremblement de terre québécois : la fin précoce d'un groupe devenu culte.

19h20 - Foufounes Electrique, dix minutes avant l'ouverture des portes

Bryan Clifford Meyer (clavier/guitare) est adossé au mur des Foufounes Electriques, t-shirt Mono et téléphone portable à la main. Echange de regards, étonné pour moi et mon t-shirt Red Sparowes, intimidé pour lui. Je n'ai aucune envie de l'aborder, n'ayant rien de spécial à lui dire et surtout pas une grosse passion pour les autographes.

19h25 - Croisement Saint-Laurent / Sainte-Catherine, cinq minutes avant l'ouverture des portes

Mon pote Will titille un scalpers, mercenaire de la revente de tickets de concert :

"Last Isis show, tickets for the last Isis show !
- Tu les vends combien tes billets ? C'est pour un ami.
- Je sais pas, je vais te dire ça, viens dans la ruelle on va voir….
- Ok laisse tomber…"

On en croisera au moins 4 errants devant la salle de concert, du vieux barbu obèse au jeune hardos opportuniste.

19h30 - Ouverture des portes

Courte attente avant de rentrer dans le hall du Club Soda, on me met rapidement de côté après la fouille, des ordres ont été donnés : pas d'appareils photos de haute gamme dans la salle si l'on n'est pas sur la liste de presse. Je suis bon joueur (et un peu con) j'abandonne mon appareil. Direction le stand de merch bondé que dis-je pris d'assaut par les collectionneurs en tous genres ! En l'espace de 10 minutes tous les vinyles d'Isis ont disparus. Voyant les t-shirts faire de même je commence à jouer des coudes pour avoir moi aussi mon souvenir. Le temps de faire la queue, et de me chopper un t-shirt et un live V, Cave In entre en scène et commence à tonner.

Cave In

C'est Cave In, célèbre groupe de Boston et vieux potes d'Isis qui a été choisi pour boucler cette tournée, les Melvins ayant justement stoppé leur route à Boston (suscitant aussi au passage la déception de pas mal de fans dans l'assistance, le groupe n'étant pas souvent de passage au Québec). Après un court discours de Caleb Scofield proclamant la fierté du groupe de boucler l'ultime tournée d'Isis, le groupe enchaine les morceaux. Toujours aussi déstabilisé et réticent par ce mélange de gros riffs lourds et de virages mélodiques. Cave In c'est un peu le groupe over-reconnu dans le milieu, qui a trainé Isis en tournée avec lui dès leur début mais envers lequel je n'ai jamais ressenti un grand intérêt… Malgré mes états d'âme, le groupe fait le show même s'il ne semble par en terrain conquis (seulement 5 gars au milieu de la fosse, bras dessus bras dessous chauffent un peu les lieux). On sent que le public est là pour une seule et unique raison et ce n'est pas Cave In qui nous fait sentir le contraire, s'eclipsant rapidement de la scène pour ceux que nous sommes venus voir : Isis.

ISIS

Après le passage du quatuor bostonien les 3 premiers rangs ne se désemplissent pas malgré l'intermède attendu. La foule palpe l'accordage des guitares et l'installation des pédales comme si le groupe était déjà en train d'interpréter ses pièces. Jeff Caxide (bassiste) échange un brin avec les premiers rangs, avec autant d'humilité qu'il y a 3 ans lorsque j'ai expérimenté le groupe pour la première fois en live, et certainement autant qu'il y a 13 ans lors des débuts du groupe. Après une balance extrêmement (trop) rapide, le groupe entre en scène assénant un "From Sinking" quasiment instrumental, la voix étant ridiculement basse…le morceau ne perdant que de sa puissance au niveau vocal, la foule dès son achèvement se soulève comme jamais je n'avais observé ça auparavant. Voilà pourquoi nous sommes ici.

Le groupe enchaîne 7 morceaux quasiment tous déjà présentés dans la setlist de la veille et de l'avant-veille. Volonté de maîtriser le set jusqu'au bout des doigts ? De ne pas faire de privilégiés ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Les morceaux sont entrecoupés de remerciements, en français pour nous, puis en anglais envers Cave In d'avoir été et d'être présent dans un moment aussi important. La foule semble conquise, certains vivent le moment tout près des musiciens recroquevillés sur eux-mêmes, certains brandissent même une image sous leurs nez (si quelqu'un peut m'expliquer?) ou encore d'autres sont statiques, comme baffés par les vertigineuses fluctuations sonores du groupe qui, en 13 ans de parcours, a maintenant un rendu sonore incroyable. Quelques personnes au milieu de la fosse se font surprendre par un incendière et soudain slam d'un membre de Cave In vite éteint par une foule captivée et insensible à sa folie. C'est sous un déluge d'applaudissements, de "olé olé olé oléééé" surprenants, et de hurlements que le groupe se retire avant un ultime rappel.

"In Fiction" puis un évident "The Begining And The End" résonnent avec une prestation physique comme je n'en avais jamais vu de la part du groupe. Les cheveux bouclés d'Aaron Turner semblent s'étendre à l'infini au mouvement de ses headbangs, Jeff Caxide va fricoter avec la foule avec une volonté de symbiose emplie d'amour. Puis c'est au tour d'Aaron Turner (!!!) de se lancer dans la foule, aggripé à sa guitare tirée de toute part, du jamais vu lors d'un concert d'Isis d'habitude si distant de son public. C'est la fin, le groupe termine dans un tonnerre sonore, comme une comète en fin de course, embrasée. L'image qui me restera à jamais sera celle de cette peluche à "gros-cul" qui trônait depuis les débuts du groupe sur un ampli à droite de la scène, lancé, puis avalé par la foule, disparaissant comme le groupe dans une mer de sentiments mélés.

Que dire quelques jours après cet ultime show ? Nous avions tous des attentes différentes, aussi diverses que nos sentiments ont pu l'être envers leurs oeuvres, certes la voix n'était pas là sur certains morceaux, certes la setlist ne comportait pas les morceaux que chacun attendait. Mais ils étaient là, avec leurs tripes pour un dernier voyage, et cela pour moi, me fera oublier tout ce qui aurait pu me gâcher un show habituel. Merci Isis, et à très bientôt pour vous découvrir avec d'autres musiciens, d'autres riffs et d'autres sons.

 


Comme vous le saviez tous, c'est à Montréal que les maîtres du post-métal avaient étonnamment choisi de se présenter sur scène pour la dernière occasion. Après quelques rumeurs l'an dernier, notamment dans l'édition de juin 2009 du magazine Decibel, tous les fans d'Isis pouvaient avoir une crainte face à l'arrêt de ce géant de la musique. C'est malheureusement un an plus tard que nous avons appris qu'une tournée, en apparence inoffensive, allait devenir la dernière à jamais pour eux. C'est précisément durant la nuit du 18 mai dernier qu'Isis nous a livré la mauvaise nouvelle sur la plupart de leurs pages web. Un long texte de deux paragraphes intitulé ''Good Night!'' restera à jamais gravé dans la mémoire de tous les passionnés du groupe. C'est donc après treize glorieuses années qu'Isis nous laisse comme souvenir cinq albums studio, quatre EP, cinq albums concerts, un DVD et trois splits. Cependant, le plus beau de tous les souvenirs que nous retenons de leur apport à la musique est sans contredit les émotions dégagées durant leurs prestations scéniques. Tous ceux qui ont eu la chance de les voir pourront en témoigner, ce ne sont pas les plus flamboyants, ni les plus énergiques, mais à mes yeux ce sont les musiciens les plus honnêtes que j'ai eu la chance de voir monter sur une scène. C'est dans cette optique que je vais m'efforcer de vous faire vivre le dernier jour d'un groupe qui mérite le respect de tous, ce fut une journée triste… mais absolument inoubliable.

Pour moi, la démarche de préparation pour ce concert s'est réellement mise en place lorsque j'ai appris que leur passage, du 23 juin 2010 au Club Soda à Montréal, serait la dernière date de leur existence. Mon billet était évidemment déja acheté, mais la valeur de celui-ci était devenu inestimable puisque ce petit bout de papier signifiait un accès à la dernière note jouée par le groupe, aux derniers remerciements d'Aaron Turner envers le public… et potentiellement à la dernière et à la plus vraie que jamais ''The Beginning And The End''. Alors mon investissement de 23$ canadiens allait vraissemblablement devenir l'un des plus grands moments musicaux auxquels j'aurais la chance d'assister de ma vie entière. C'est donc à partir de la lecture de cette nouvelle que je me suis lancé dans une écoute appronfondie de tous leurs albums. Plus la tournée progressait, plus le choix des pièces se fixait. Trois types de setlists ont fait surface durant le développement de cette tournée d'adieux, bien sûr quelques modifications survenaient de temps à autres mais on pouvait y déceler trois structures globales. Certaines pièces me permettaient d'espèrer le mieux pour le concert de Montréal, on retrouvait sur toutes les dates des morceaux comme In Fiction, So Did We, The Beginning And The End ou encore Threshold Of Transformation. C'était pour moi très prometteur, par contre on ne retrouvait pas grand chose à se mettre sous la dent si l'on était fans de Celestial ou encore d'Oceanic. J'espèrais donc une soirée unique au Club Soda avec une setlist qui englobait mieux la totalité de leurs disques. J'étais donc prêt pour affronter ce grand moment, la discographie avait été revisée en long et en large le mois précédent, les paroles mémorisées afin de pouvoir crier avec Aaron Turner pour une dernière fois et j'avais une bonne idée de la setlist à prévoir. C'est avec tout cela en tête que je me suis couché le 22 juin au soir.

Le reveil du lendemain avait quelque chose de particulier, devais-je être heureux d'y assister ou devais-je être triste de savoir que ce serait la dernière occasion pour les rencontrer? Je crois avoir balancé entre ces deux modes de pensée durant toute la journée, sans toutefois me fixer sur l'un d'eux. Mais lorsque je pris mes clefs et mon billet pour me déplacer vers le concert, je dois dire que j'étais définitivement heureux de m'y déplacer. Un petit repas d'avant concert avec nul autre que Mr. Pelecanus lui-même nous a permis de nous changer les idées un peu et d'apaisser la lourdeur émotionelle de cette soirée. Mais une fois sorti du restaurant, je n'avais qu'une chose en tête et mon immersion commencait déjà à prendre forme. Notre arrivée au Club Soda était entamé et la rencontre d'un revendeur de billet me rendit curieux, un billet au coût d'environ 20$ peut augmenter jusqu'à quel montant lors d'un concert d'adieux? C'est pourquoi je voulus m'infomer du prix, mais j'ai vite réalisé que les gens qui exerçaient ce métier pour vivre étaient excessivement prudents et nerveux. Son regard reflètait un mal de vivre évident et une incertitude sociale, sa soif d'argent le rendait définitivement malade. J'imagine que c'est le prix à payer pour nuire à l'industrie de la musique et empêcher d'honnêtes amateurs d'Isis de se rendre au concert. Ce que je vais vous dire est très personnel mais j'ai toujours imaginé une meute de fans se rebeller contre eux afin de les taper et prendre les billets pour les donner à des gens qui les méritent vraiment. C'est un peu Robin des Bois comme procédure, mais bordel que se serait mémorable. Finalement, je n'ai pas pu apprendre le prix d'un billet sur le marché noir, désolé j'aurais vraiment aimé vous donner cette information. Une fois à l'intérieur, la première chose qui sautait aux yeux c'était évidemment le kiosque de marchandises pris d'assault par des dizaines, voir même des centaines de curieux. Ma soif de marchandises s'est vite éteinte puisque je déteste me foutre au beau milieu d'autant de fans. De toute facon, selon mes sources tout le matériel allèchant était déja liquidé avant le concert de Montréal. Alors j'ai plutôt choisi d'aller me promener et de laisser l'ambiance de la soirée entrer en moi.

La foule garnissait déja très bien la majorité de la salle au moment où Cave In fit son entrée sur scène, et sans surprise l'événement affichait complet. J'étais au bar lors de leur apparition un peu attive, alors le temps de repèrer mes copains des yeux et nous sommes allés au devant de la scène pour découvrir le mystère de cette formation. C'est le genre de groupe qui semble avoir une énorme estime aux yeux de personnalités comme Aaron Turner, mais malheureusement elle n'était pas tombée sous mon radar. Je possèdais très peu de matériel et de renseignements sur eux, mais la première pièce me donna une petite claque au visage et j'ai réalisé que mon manque d'efforts envers Cave In était injustifié. C'est donc d'un oeil très curieux que je continua de regarder leur performance. L'énergie y était pour tous les musiciens et la musique sans être extraordinaire avait quelque chose d'attirant. J'ai personnellement adoré la façon de jouer du batteur ainsi que celle du bassiste, qui lui s'occupait également des chants gras. Justement, le premier morceau ne contenait aucun chant clair… et je crois avoir surévaluer le groupe en me basant là dessus. Je n'ai pas détesté l'apport des deux autres chanteurs par la suite, mais la voix un peu trop pop diminuait la rigueur et la puissance des autres instruments. La transition entre le chant clair et hurlé était mal construite sur plusieurs morceaux, mais je crois que je juge un peu trop vite puisque je n'ai pas assez écouté les pièces en version studio. Au final, Cave In a donné une excellente performance pour ceux qui aiment ce mélange très varié de sonorités rock. Par conséquent, j'aime voir un côté plus homogène lorsque je vois un groupe en prestation, avec Cave In j'ai cru assister à deux ou trois groupes d'ouverture en un seul. Mais c'était plaisant de voir les membres d'Isis sur le côté de la scène profiter de la prestation de leurs bons amis et je m'amusais à hocher la tête simultanément avec Aaron Turner. Je crois que je n'aurais pas été aussi négatif envers Cave In, si les Melvins avaient franchi les douanes et étaient venus nous dire un petit bonjour. C'est sûrement cela qui fait que je m'attendais à beaucoup de Cave In, mais je dois être raisonnable, je ne peux demander à personne d'arriver à nous distraire autant que ces légendes du rock américain.

Après une performance de tout juste quarante-cinq minutes divertissantes mais sans plus, je commençais à avoir hâte de voir la tête d'affiche monter sur scène. Je crois que mon enthousiasme pour Isis aurait pu rendre n'importe quel groupe ennuyeux. Directement après le départ de Cave In, on a droit à Aaron Turner et ses compagnons qui font eux-mêmes le boulot des tests de sons. J'aurais probablement aimé que le suspense relié à leur présence soit gardé jusqu'à la première note de leur set. Si vous connaissez Isis, vous savez que les roadies ou les techniciens ne sont pas vraiment leur tassé de thé, ils préfèrent gèrer tout eux-mêmes et à leur façon. C'est à peine trente minutes plus tard que les musiciens furent prêts à jouer. Je sentais que tout le monde était trop excité puisque les tests pour le micro n'avait même pas eu lieu… Et bang, les premières notes étaient lancées. Le riff très accrocheur de From Sinking retentissait dans nos oreilles. Malheureusement, le premier couplet d'Aaron fut inaudible et l'intensité de la pièce en a souffert un peu. Ce fut réglé quelques secondes plus tard, mais ce léger accrochage aurait pu être évité aisément avec un dix minutes supplémentaire pour les tests de son. Je ne me suis quand même pas laisser affecter par tout cela parce qu'il n'y avait rien de mieux qu'une pièce d'Oceanic pour commencer la soirée. La table était mise, Isis commençait avec du matériel lourd et la setlist qui commençait par cette pièce était sans doute ma favorite des trois. Le son était très correct malgré les problèmes du départ, l'absence de décors ou de jeux de lumières complexes ne constituaient pas une surprise, mais j'en aurais quand même pris un peu plus pour la finale. Par conquéquent, je ne pouvais rien reprocher au dynamisme des musiciens, rarement la scène avait été aussi habilement couverte par les membres d'Isis. Le chant avait un léger plus, on sentait très bien que Turner savait que c'était la dernière fois qu'il disait chacune de ces phrases. L'aspect le plus divertissant du frontman n'était pas dans sa voix mais bien sa façon de bouger d'avant-arrière avec sa guitare. Il se donnait à fond sur tous les riffs plus pesants, il vivait intensément chacun des passages marquants qu'il a composé avec ses accolytes. Après From Sinkin, ce fut un segment avec deux pièces de In The Absence Of Thruth, ''Not In Rivers But In Drops'' et ''Holy Tears'' qui m'ont toutes les deux surprises et je dois m'avouer conquis par les deux représentations. Ce ne sont pas mes pièces favorites de cet album, mais elles ont été jouées avec une ambition qui balayait du revers de la main les versions studios. Ensuite, ce fut au tour de Wavering Radiant de prendre forme à travers les pièces ''Threshold Of Transformation'' et ''Ghost Key''. J'ai toujours eu un faible pour la première des deux pièces que je viens de nommer, et je crois que durant cette interprétation je ne l'ai jamais senti aussi émotionnelle et envoutante. Ce fut le moment le plus intense de la soirée à mes yeux, mais c'est plutôt relié aux souvenirs que j'attache à cette chanson que ce qui se passait réellement sur la scène. Ensuite, ce fut le temps de ''Collapse And Crush'', la seule pièce tirée de Celestial. Elle me surprit un peu puisque je n'ai jamais accroche à ce titre et pour un concert final, j'aurais cru entendre Celestial (The Tower) pour la dernière fois. Mais l'interprêtation était franche et intense, même si pour moi c'était le moment faible de la soirée, je ne peux pas en être totalement déçu. Ensuite est venu le temps de vérité, la dernière pièce avant le rappel ''So Did We''. On sentait que la foule et les musiciens anticipaient la fin avec tristesse, Aaron s'est littéralement donné au niveau vocal et il s'est jeté par terre à la fin de la pièce pour jouer à proximité des fans. Leur départ n'inquiéta personne dans la foule puisque c'était clair qu'on nous reservait encore quelques titres. C'est sur ''In Fiction'' que le rappel débuta et ce fut un moment terriblement intense, la longue introduction ne m'avait jamais fait autant réagir. De plus, crier les paroles en choeur avec Aaron Turner me fit perdre tout contact avec la réalité. Ce sont les premiers roulement de tambours sur ''The Beginning And The End'' qui éclatèrent ma bulle, et je me suis tout de suite mis en mode immersion pour ce qui semblait être la dernière pièce à vie du groupe. Avant d'entamer la description de ce moment magique, je dois dire que l'on sentait le chanteur très affecté par la situation et son intervention avant de commencer le rappel laissa paraître la tristesse en lui. Il dut prendre quelques temps pour reprendre ses esprits et pour dédier la chanson à tous les êtres chers qu'ils avaient perdu. L'expression sur son visage au départ du dernier morceau n'égalait aucune émotion que j'ai pu voir de ma vie. La passion et la détermination étaient jumelées à la tristesse et à la nostalgie. À travers ses cheveux et sa barbe, Aaron Turner semblait réaliser plus que jamais que c'était la dernière fois… Il performa comme si sa vie en dépendait, chaques gestes étaient désespérés et on le sentait possédé par une force que lui même ne pourrait décrire. La dernière phrase « This is what, he'd always known, the promise of, something, greater, beyond, the water's, final, horizon. » fut le moment le plus intense de ma vie en concert. Pouvoir le dire à ses côtés me semblait encore irréel. Après ce moment, je réalisa que plus jamais il n'allait prononcer une phrase au nom d'Isis. Il le comprit lui aussi et il se jeta dans la foule pour terminer les derniers moments de la pièce, guitare à la main il termina le riff de ''The Beginning And The End'' soutenu par les amateurs montréalais. Cette image restera gravée à tout jamais dans ma tête et je ne crois jamais avoir l'occassion de revoir une intensité comme celle-ci du reste de ma vie. Je quitta donc la salle bouche bée et inspiré par l'intensité à laquelle je venais de faire face. Et c'est seulement quelques jours plus tard, en vous écrivant ce compte rendu que je le réalise vraiment… Isis est mort.

William Paulhus

Setlist

  • From Sinking
  • Not In Rivers, But In Drops
  • Holy Tears
  • Threshold Of Transformation
  • Ghost Key
  • Collapse And Crush
  • So Did We

 

  • In Fiction
  • The Beginning And The End


Plus de retours sur le concert :
Isis – Farewell Tour, l’ultime concert sur Discordance.fr
Isis : Dernière présence… (Retour sur le concert) sur Klimbo.bangbangblog.com

Baktelraalis
Créateur de @Pelecanus_net + Drupal-maniac + Fils de l'internet + Amateur de culture ALT | PGP: 0x38FB7439

Ajouter un commentaire