Crowbar + Battlecross + Lord Dying 25/06/2015 @ Sala Rossa, Montréal

Crowbar + Battlecross + Lord Dying 25/06/2015 @ Sala Rossa, Montréal

Cette fois-ci, je n'allais pas rater ma chance. Historiquement, les astres ne semblent pas s'aligner pour Crowbar et moi. À chacun de leur passage, je ne peux y participer pour diverses raisons. Le karma, probablement... Si je fouille, j'ai l'impression que ça remonte à l'été 2000, à la tournée de Black Label Society, de Crowbar et de Sixty Watt Shaman (qui venait de sortir Seed of Decades) qui s'arrêtait aux Foufs. J'avais décidé de rester peinard à la maison à contempler la lune et à compter les étoiles et les bouteilles de bière qui s'accumulaient autour du feu. Je l'ai regretté longtemps. Mais voilà, j'ai enfin la chance de me reprendre et de conjurer le sort. Direction Sala Rossa, boulevard Saint-Laurent.

Lord Dying ouvre le bal. Leur sludge et doom du nord-ouest des États-Unis  m'accroche d'entrée de jeu. Sandi m'avait parlé du groupe de Portland, Oregon, en termes fort élogieux. Elle avait raison ! Nous lui faisons un brin de jasette qui s'avérera plus long que prévu pendant que des problèmes techniques prolongent l'entracte. Le temps passe vite avec Sandi et Battlecross amorce finalement sa prestation. Nous nous dirigeons au-devant de la scène.

Je dois avouer avoir un faible pour ces gars du Michigan que j'ai eu l'occasion de voir pour la première fois au HeavyMTL, en 2012. Sans révolutionner le genre, ils nous offrent un trash/death metal de cols bleus d'une rare efficacité qui sait allier des riffs accrocheurs exécutés par des musiciens hors pair qui jouent ensemble depuis fort longtemps... et ça paraît. Le groupe est tight, les pièces bien fignolées et ils dégagent une énergie contagieuse. Les pièces du nouvel album que j'ai eu l'occasion d'entendre ne présagent que de bonnes choses, leur trash renouant même à l'occasion avec une touche old school qui n'est pas sans déplaire. Ça prépare bien pour Crowbar (j'en profite pour noter de prendre un rendez-vous chez la massothérapeute, question de délier les raideurs qui vont affliger mon cou tout en me disant merde... est-ce que je suis trop vieux pour ça ?).

Lorsque Kirk Windstein et sa bande montent sur scène, la soirée est déjà bien entamée. Le sludge/doom de Crowbar, c'est celui de la Nouvelle-Orléans et du Sud en général, celui de la répression, des tensions raciales et de la violence, du gravy, du sweet tea, de la chaleur, de l'humidité et des relents de guerre civile qui voient les dealers automobiles vous offrir une arme à feu à l'achat d'un Dodge Ram. La lourdeur de la musique de Crowbar transpire de cet environnement suffocant. Mais ce soir, à la Sala Rossa, nous entrons dans la célébration.

« Let's do this shit !,»

Kirk lance le mot d'ordre. Ils enchaînent avec Burn Your World. « Yes », que je me dis. Je discute avec Hiran, le guitariste de Battlecross. Il est d'accord, semble-t-il. Voyons voir ce qu'ils nous réservent. Crowbar, c'est unique. Lourd, lent, sale à souhait, on y retrouve toujours des moments plus lents, à la limite des ballades classiques qui ont fait la renommée de certains groupes de métal des années 80 et qui ont le malheur de me faire décrocher. Mais quand les astres s'alignent, ça donne des trucs complètement survoltant. Je suis à mi-salle, près des tables de marchandise lorsque la seconde pièce commence. Planets Collide. C'est ma toune, comme on dit en bon français, « It makes me lose my shit ». Je ne peux rester planté là. Je vais rejoindre J au-devant de la scène. C'est parti. S'enchaînent dans le désordre All I had (I Gave), Walk with Knowledge Wisely, Symmetry in White. Les planètes sont entrées en collision et se sont alignées. Le karma est rompu. C'est promis. La prochaine fois qu'ils nous visiteront, j'y serai.

 

Crédits photos : Baktelraalis

Écrivain et ébéniste.

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