Blood Brothers Fest 21/04/2012 @ Commune Image, Saint-Ouen

Blood Brothers Fest 21/04/2012 @ Commune Image, Saint-Ouen

Après une brève réflexion sur "comment présenter cet article", j'ai décidé d'opter pour le système "heure: description", histoire d'oublier le moins de détails possible (et des détails, il y en a eu !). Et aussi parce que comme ça j'ai pas à me casser la tête avec des transitions à deux balles, et en plus c'est "in", ça ajoute du dynamisme, tu vois.

15h30: Je suis sur place. À ma grande surprise, l’évènement ne se passe pas dans une salle de concert, mais dans une grande pièce aménagée de façon très conviviale: des canapés et des fauteuils à l'air très confortable sont disposés dans la salle, éclairée essentiellement par des petites lampes posées sur des commodes et autres petits meubles. Les murs sont décorés par des photos et des affiches au look très rétro (dont j'aimerais bien par ailleurs connaître la provenance), et globalement on se croirait presque dans son salon. Mais en plus grand. Et plus cool. Assez rapidement, je croise Vincent Duke, qui me présente dans la foulée à la femme du réalisateur de Blood Sweat and Vinyl, avant de disparaître.

15h45: Alors que la playlist concoctée par les gens de chez The Drone résonne dans la salle, m'étonnant par moments par son éclectisme, j'observe, tout en bavardant tranquillement avec le très sympathique Sylvain alias Synckop (artiste en charge d'un nombre d'affiches de concerts Kongfuzi), les artistes prendre place sur les stands et afficher leurs (très jolies) créations. Celui-ci nous raconte, à mes amis et moi, des petites anecdotes sur le petit monde des affiches, et on le surcharge de termes utilisés en photographie. Pendant ce temps, le centre de la salle commence à s'activer. 

16h00: Les Tourangeaux de Pneu commencent leur set, batterie et amplis installés en plein milieu de la salle. Ils sont vite entourés par le public, plutôt enjoué face à ce mélange si délicieusement bordélique de math-rock et de noise. Le duo se déchaîne, et les musiciens opèrent avec une décontraction impressionnante, le batteur n’arrêtant pas de jouer même lorsqu'il a une bière à la main. On aurait presque pu croire que tout le set était fait au pif, si la coordination de ces gars n'était pas aussi parfaite, alors qu'ils enchaînent les morceaux de leur dernier album. Impressionnant, et tout simplement trop cool. Ils seront même rejoints par Eugene Robinson en personne qui viendra poser sa voix (ou plutôt ses hurlements et ses chorégraphies délirantes) sur l'un des morceaux. Un moment intense, définitivement.

16h40: En passant devant le laptop de Vincent Duke qui a d'ores et déjà lancé sa playlist, j'y vois des morceaux d'artistes tels que Saint Vitus et Orange Goblin, mais aussi Black Face, le side-project de Eugene Robinson dont les morceaux ne sont jamais sortis en mp3. "Ouais, je les ai rippé du vinyl, je veux voir la tête qu'il va tirer quand il va entendre ça". "Tiens, personne ne le reconnait sans ses cheveux", poursuit-il en pointant un homme qui vient de passer devant nous. En effet. Je n'ai pas non plus reconnu Scott Kelly, qui traverse tranquillement la salle et va bavarder avec le leader de Oxbow. S'il y a bien un truc impressionnant dans cette après-midi, c'est la proximité avec les artistes et les acteurs de cette scène; j'ai vraiment l'impression que tout le monde se connait.

17h00: Alors que je me balade dans la salle en observant les gens qui font leurs emplettes de vinyls et d'affiches, nous sommes invités à passer dans une salle voisine (qui s'est avérée être une vraie salle de cinéma) pour assister à la projection de The Luxury of Empire, le documentaire sur Oxbow. Je dois avouer que je ne connais ce groupe que de nom et de réputation, sans jamais avoir pris le temps d'y jetter une oreille plus attentive, mais ce que je vois au cours de cette heure me donne vraiment envie de m'y plonger, tant la musique et les artistes ont l'air intéressant.  

18h05: La réalisatrice, Mariexxme, fait une très timide apparition sur scène, accompagnée par Mr. Robinson. S'en suivra une interview atypique, puisque c'est ce dernier qui posera, en anglais, des questions auxquelles la femme ayant réalisé cet énorme travail répondra en français, s'adressant donc au public. Derrière eux, le guitariste de Pneu installe tranquillement un ampli et son pédalier. Curieux.

18h15: La réalisatrice nous a quitté, en nous encourageant à lui poser nos questions en privé au bar plutôt que devant tout le monde, et Eugene commence la récitation de son livre, intitulé Pater Nostra dans sa version française. Contrairement à ce à quoi j'aurais pu m'attendre, il ne s'agit pas ici d'un ouvrage biographique, mais bien d'un roman, dont l'auteur nous conte un chapitre, le tout en anglais. L’expérience est rendue encore plus captivante par les talents oratoires d'Eugene n’hésitant pas à élever la voix aux moments les plus tendus, collant ainsi aux répliques des personnages. Le tout est accompagné par une douce musique d'ambiance produite par le guitariste assis quelques mètres plus loin. Encore un excellent moment.

18h35: Retour aux stands, histoire de bavarder un peu et prendre quelques photos (de qualité plutôt médiocre, l'éclairage certes convivial n'étant pas vraiment des plus intenses), alors que commence le set de Holy Strays, un artiste qui m'est totalement inconnu. Et c'est vraiment pas mal, même si je ne resterai pas dans la salle pendant tout son show, ce que j'aurais entendu de sa musique aux sonorités électro m'aura semblé suffisament accrocheur pour y revenir à l'occasion.

19h35: Les lumières se tamisent encore plus (youpi...) et alors que Scott Kelly prend place dans un coin de la salle (toujours à même le sol) nous sommes invités à nous asseoir afin que tout le monde puisse bien voir l'artiste, les organisateurs étant visiblement surpris par le nombre de spectateurs. On s’exécute, et le grand barbu commence son set. Tout comme pour son confrère Steve, l'oeuvre solo de ce mastodonte du sludge touche plutôt au folk, il s'agit donc ici d'une performance réunissant uniquement la voix si grave de ce chanteur et sa guitare acoustique. C'est posé et très mélancolique, je m'abandonne donc volontiers à cette voix que j'aime tant. 

19h50: Je suis obligé de sortir du cercle par un appel sur mon téléphone. Pas envie de déranger les gens pour essayer de regagner ma place, j'intercepte donc une bière des mains d'un Duke de passage, et me laisse tomber dans un canapé qui s'avère aussi confortable qu'il en avait l'air. J'apprécierai donc la suite de la performance de ce cher Scott de là, une bière à la main. La vie est belle, me dis-je alors. 

21h00: Retour dans la salle de cinéma pour la projection de Blood, Sweat and Vinyl : DIY in the 21st Century, que je n'ai toujours pas vu, ma copie s'étant visiblement perdue dans les labyrinthes les plus obscurs de la Poste. Pour ceux qui ne connaissent pas (j’espère que vous n'êtes pas nombreux, on vous a quand même bien rabâché les oreilles avec), il s'agit d'un documentaire axé sur trois labels "indépendants" que sont Hydra Head, Neurot Recordings et Constellation. C'est très intéressant, de plus je constate avec satisfaction que je connais et/ou ai vu en live la quasi-totalité des groupes en interview dans ce film, ce qui me conforte dans l'idée que le monde est vraiment petit. Surtout ce monde-là. 

22h35: Le réalisateur, Kenneth Thomas, est rejoint sur scène par l'omniprésent Vincent Duke, qui servira de traducteur (et s'en sortira plutôt bien, malgré un accent anglais assez funky) afin de répondre aux questions du public. Là encore, c'est plutôt enrichissant, on en apprend donc plus sur les motivations et la démarche de l'homme ayant réalisé ce travail titanesque tout seul, sur une durée de cinq ans. 

23h00: Je me dirige vers la sortie, mais seulement après avoir acheté la très jolie affiche du festival. À la sortie je recroise Vincent, avec qui on s'approche de Scott Kelly pour une photo. Il nous apprendra au passage que le prochain album de Neurosis sortira bien en octobre, et nous serre la main, avant de repartir à l'intérieur de la salle. Bonheur. 

23h45: Je rentre chez moi en repensant à cette énorme après-midi, qui aura été un excellent moyen d'en savoir plus sur cette scène et ses acteurs, le tout dans une ambiance extrêmement conviviale et intimiste. Que demander de plus ? Et bien, pas grand chose, et il ne me reste plus qu'à remercier nos amis de Kongfuzi pour avoir tenté le défi (et l'avoir réussi avec brio !) d'organiser cet évènement, qui se sera déroulé comme sur des roulettes, sans aucun temps mort ou retard. Chapeau !

J'aime les ours, le whisky et les internets.
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