Electric Wizard : "Beaucoup de gens ont essayé de nous empêcher de faire de la musique"

Electric Wizard : "Beaucoup de gens ont essayé de nous empêcher de faire de la musique"

Interviewer Electric Wizard c'est un peu comme entrer dans un monde parallèle où seuls l'herbe et le gros son existent. Tout le reste mérite de mourir étouffé par le câble d'un chargeur de téléphone. Le simple terme « Facebook » suffit à faire frémir les membres de l'assemblée diabolique... C'est armée d'une grosse croix inversée que Liz Buckingham (guitariste/sorcière) accepte de me recevoir dans l'antre du Dr Feelgood. La discussion tourne bien évidemment autour de la sortie de Time To Die, un opus hargneux, qui ne laisse aucune place à la raison, et qui fait la part belle à l'esprit revanchard et assassin. Il semblerait que les rockeurs maléfiques soient quelque peu irrités. Explications.

Pelecanus : Récemment le groupe a connu plusieurs changements au niveau du line-up, notamment à la batterie, pourquoi autant de mouvement ?

Liz : A chaque fois c'est différent. Les gens vont de l'avant. Les gens ont d'autres choses dans leurs vies. Le fait est que Justin et moi sommes tous les deux plus impliqués dans le groupe que qui que ce soit d'autre. C'est lui qui a créé le groupe. On est à fond. Il est impossible de trouver quelqu'un qui soit autant impliqué, surtout pendant les moments difficiles.

Le groupe continue d'exister malgré ces changements. Il s'est bâti sa propre personnalité. Comment décrirais-tu l'identité d'Electric Wizard ?

C'est une expression de notre obsession. Une obsession pour la culture pop, les trucs qui dérangent, et aussi les films et la musique… C'est un truc heavy !

Quels genres de films ?

Des vieux films étrangers, des sixties et seventies, de façon excessive. Je crois qu'on aime un peu tout, le visuel, la musique… Tout.

Est-ce qu'il y a un film en particulier que tu préfères ?

Il y en a plein ! Beaucoup trop même… (rires)

Votre dernier album, Time To Die, sort en France à la fin du mois. Comment avez-vous travaillé dessus ?

C'était différent de la façon dont on a l'habitude de faire. Justin et moi on fait notre truc dans notre coin. On écrit les riffs, et ensuite on les travaille ensemble. On obtient la base des chansons. Ce qui a changé cette fois-ci c'est qu'on a bougé dans un autre endroit, là où on pouvait enregistrer, chez nous en fait. On avait plus d'espace et de temps, on a aussi pu faire plus de jams avec le groupe. C'était beaucoup plus tranquille pour écrire.

Ça vous a pris quand même pas mal de temps, non ?

Oui, ça a pris beaucoup de temps même. On a commencé à composer quelque temps après la sortie de Black Masses. Et puis le line-up a changé, ça n'a rien à voir avec ce que c'est maintenant. Il y a eu des choses sur lesquelles on a du se concentrer, et on a eu un problème avec notre label [ndlr : Rise Above Records]. Un truc qu'on n'a pas pu arrêter. C'était il y a deux ans… Enfin tout ça, ça a pris beaucoup de temps. Vraiment beaucoup plus que d'habitude.

De tous les titres de l'album, duquel es-tu la plus fière ?

Il y en a quelques uns que j'aime beaucoup ! J'aime bien I Am Nothing… En ce moment j'adore écouter Lucifer's Slaves. Mais j'ai été très surprise du rendu de Sadio Witch. Parce qu'on l'a fait vraiment à la dernière minute.

Après avoir écouté l'album j'ai l'impression que ça parle beaucoup de mort… Peux-tu m'en dire plus sur les paroles ?

C'est venu naturellement. On est en quelque sorte aveugle lorsqu'on écrit les paroles. Beaucoup de gens ont essayé de nous empêcher de faire de la musique. On n'en pouvait plus. On se demandait « Mais pourquoi ? Je veux mourir ! Je n'en peux plus ! ». On en était au point de se foutre en l'air. Parce que nous tout ce qu'on veut c'est créer. C'est comme si des forces extérieures essayaient constamment de nous stopper. Et tout ça c'est très déprimant. Ensuite des choses se sont passées, ça a bougé et on a découvert qui était la cause de nos problèmes. Et là on a eu envie de tuer des gens. On était entre l'envie de tuer quelqu'un et celle de se tuer soi-même. Et puis aussi de tuer tous les trucs autour de nous qui ne fonctionnent pas comme on le voudrait.

Arrête-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que les thèmes sont très différents des paroles des autres albums.

Oui ils sont très différents. Ils sont plus réels. Il n'est pas question d'imagination. Il s'agit de ressenti.

Comme si le groupe avait pris de la maturité quelque part ?

Ah non ! On n'a jamais pris de maturité ! (rires)

Est-ce qu'il y a un lien entre les paroles et la pochette ?

Oui, il y toujours un lien entre tout. On créé tout, il n'y a personne pour nous aider à dessiner l'artwork. On fait tout tous ensemble. Justin a dessiné la pochettes des derniers albums. On fait vraiment tout du début jusqu'à la fin.

Vous avez travaillé avec Shazula pour les clips, et je crois qu'elle fait votre première partie à Manchester…

Oui c'est vrai.

C'est la première fois que vous travaillez avec elle ?

En fait, on lui avait déjà demandé son aide au moment où on a fait le Roadburn. Il était question d'une sorte de film itinérant, et nous lui avions demandé de s'occuper des soundtracks pour ce film. C'est là qu'on l'a rencontrée pour la première fois. Ensuite on a voulu tourner un clip, on avait besoin de faire une vidéo, et on a pensé qu'elle était parfaite pour le job.

Le clip de Sadio Witch m'a beaucoup plu. J'ai adoré les sorcières. Je pense que c'est aussi ce qui a plu aux gens...

Oui il correspond exactement à ce qu'on voulait. On voulait que les gens se disent « c'est parfait » !

On a déjà pu vous voir dans des petites ou moyennes salles, mais en 2013 vous avez joué en tête d'affiche du Roadburn, puis d'un autre gros festival metal, le Hellfest. Comment expliquer ce gain de popularité ?

Effectivement, ça marche de plus en plus. Mais ce n'est pas forcément volontaire. Ça dépend parfois de l'endroit où l'on va jouer. On ne peut pas jouer dans de trop petites salles… On veut aussi permettre au maximum de gens de venir nous voir. C'est plutôt une question de limite.

Et puis le groupe existe depuis longtemps maintenant...

Je crois que le groupe a toujours été très populaire dans le milieu underground. J'ai l'impression que depuis quelque temps il y a comme une sorte de culture qui va dans le sens de ce qu'on fait, qui nous met en avant et nous fait connaître auprès de plus en plus de monde.

Tu es impliquée depuis un moment maintenant dans la musique heavy, qu'est-ce qui a le plus changé depuis tes débuts ?

Internet ! Ça rend tout complètement différent. Il y a beaucoup plus de groupes qu'avant. Mais vraiment beaucoup plus ! Internet et les groupes de plus en plus nombreux, ça a changé tout un tas de choses, parce que l'industrie aussi a changé...

Internet et les réseaux sociaux, des choses incontournables pour un groupe à l'heure actuelle...

Les réseaux sociaux sont tarés ! Ils encouragent les gens à être faux. Beaucoup se permettent de mentir sur ce qu'ils sont… Tu es ce que tu es, quoi que tu fasses pendant tes soirées, et puis voilà, pas de conneries. Maintenant c'est tellement facile de se cacher derrière un ordinateur et de s'inventer une histoire.

Et toi, tu utilises beaucoup Facebook ou Twitter ?

Non, je n'ai jamais été sur Twitter. Je n'ai même pas de téléphone portable ! Mais on a un ordinateur, bien sûr, et on a ouvert un compte Facebook parce que beaucoup de nos amis voulaient savoir où et quand on allait jouer, ou des trucs comme ça… Et c'est un excellent outil pour ces choses-là !

J'ai entendu dire que Justin était un grand fan de Psychic TV, c'est vrai ?

Oui c'est vrai.

Est-ce que du coup le groupe n'aurait pas un quelconque effet sur Electric Wizard ? Est-ce qu'il vous inspire ? Parce qu'au final tu dois en entendre souvent à la maison...

Oui, c'est certainement vrai pour Justin. Il est à fond sur ce groupe. Il adore leur authenticité, leur vision et leur créativité. C'est d'autant plus vrai ces derniers temps, avec tous ces groupes artificiels et autres merdes. C'est cool de découvrir un vrai groupe, qui fait plein de trucs, avec des concepts… Tout ce qu'ils font est «  waw » .

Vous avez été influencé par un/des groupe(s) en particulier pour écrire Time To Die ?

On a écouté pas mal de groupes de Detroit des années 70 et 60. Ça a été notre principale influence. C'est de la musique vraiment très agressive, passionnée, comme une explosion.

Seulement des vieux groupes ?

On n'écoute pas vraiment de musique actuelle.

Le mot de la fin, pourquoi faut-il écouter le nouveau Electric Wizard ?

Parce que c'est heavy !!

 

 

Pelecanus : Lately the band has known several line-up changes, why so much movement ?

Every time it's something different. People move on. People have other things in their lives. The fact is that Justin and I are both more dedicated to the band than other people who were coming. He started the band. We are very into it. It's impossible to find someone that is gonna be that dedicated, especialy in the hard times.

The band seems to exist despite all that changes. It has its very own personnality. How could you describe Electric Wizard's identity ?

It's an expression of our obsession. Obsession with pop culture and things that hurts, and movies, and music… It's heavyness !

What kind of movies ?

Old and foreign, from the sixties and the seventies, very excessfully. I think, that goes into everything, visually, the music… Everything.

Is there any movie in particular you like more ?

There is a lot of movies ! Well too many movies… (laught)

Your last album, Time To Die, will be realesed in France at the end of the month. How did you work on it ? What was the writing process ?

It wasn't that different than as usual, the writing process. Justin and I are usually on our own. We write the riffs, and we work on it all together. We get the basic songs. What was changing this time, is that we moved somewhere we were able to record, in our house basically. There were more space and time, and jams with the band. It was a lot more relax in that sense for writing.

It took you quite a long time, isn't it ?

Yeah, it took a really long time. We started writing not too long after Black Masses. And then we had the line-up changed, so it's not like it is today... Then other things come up that we have to concentrated on, and we had a problem with our record, with the label [ndlr : Rise Above Records], that we cannot stop. That was two years ago… Well that was taking of lot of time. It took a really lot of time, more than as usual.

Of all the songs of the album, which one are you the most proud of?

There is quite a few a really like ! I really like the way I Am Nothing came up… At the moment, I really like listenning to Lucifer's Slaves. But then I was really surprised how Sadio Witch came up. Cause we did it like at the last second.

After listenning to the album, it seems to me that you're talking a lot about death... Can you tell me more about the lyrics ?

Well it just naturally came about, cause we are sort of blind when we write the lyrics. A lot of people would try to stop us from continuing playing music, really. We felt just like I can't take this anymore. Why ?? I just want to die ! I can't take it ! We just got practically be killing ourselves because all we want to do is create. It seems like outer forces would try to stop us constantly. So a lot of that was very depressing and then things started to happen, thing started to move and we started to realise who was causing these problems. Then we just wanted to kill people. So it's both side. It's like we wanted to kill and wanted to die. And then just killing things around us, if we don't like the way they are doing.

Tell me if i'm wrong, but it seems to me a little bit different from the kind of lyrics you used to write before.

Yeah it's very different. This one is more real. It's not fantasy. It's generated feelings.

Like if the band had grown up, in a way ?

Oh no ! We'd never grown up ! (laught)

Is there any link between the choice of the lyrics and the artwork ?

Yeah, there is a link, always, between everything. We create everything, we don't have anyone else to do the artwork. It's a thing we do all together. Justin did the covers of the last few albums. We do everything from beginning to the end. All of it.

You worked with Shazzula for the videos, and she is going to open for you in Manchester…

Oh yeah, that's wright.

Is it the first time you work with her ?

Well we asked her to do something out when we did Roadburn. There were like a film roaming, and we asked her to do some soundtracks to the film. So there was the first time we met her, and worked. Then we started a movie, we needed to do a video, we just thought that we could definitely do something with her…

The video for Sadio Witch is really amazing. I loved the witches, and I think a lot of people too...

Yes, it's exactly what we wanted. We wanted that everyone said like « it's perfect » !

We had the ocasion to see you on small places… Then in 2013 you headlined Roadburn, and this year you headlined another huge metal festival, the Hellfest. Do you think your music is becoming more and more popular ? How do you explain that popularity ?

It does seem more popular. It's never a decision. It's usually depending on where we are playing. We can't play somewhere small… We just want to oppornuate a lot of people who want to see it. It's more a consideration of fence somehow.

The band exists for a long time now...

I think the band as always been very popular for the underground. I think now maybe, it appears to me that there is an other culture to, sort of, step up what we do, that is becoming more and more popular.

You've been involved in loud music for many years now, how would you say that things changed since your debut ?

Well, the Internets ! They made everything really different. There is a lot more bands than it used to be. A lot more ! It's mostly the Internets and a lot more bands. It changed a lot of things because the industry changed…

Internet and the social network, which are important for a band nowadays...

The social network is crazy ! It encourages a lot of falseness with people. A lot of people can lie or be deshonnest about who they are… Well you are what you are, you do what you do when you go out, there is no bullshit. Now it's very easy to hide behind a computer and make a fantasy.

So, what about you, do you use Facebook or Twitter a lot ?

No, I've never used Twitter. I don't even have a mobile phone ! But we do have a computer obviously and we had to start using Facebook because there was a lot of friends who wanted to know when and where we were playing gigs, or things like that… And it is a good tool for thoses things !

I heard that Justin is a big fan of Psychic TV, is that wright ?

Yeah, he is.

Does the band have some kind of effect on Electric Wizard, finally ? Is it an inspiration for you ? Cause you must hear it a lot at home...

Yeah, well it certainly does for Justin. He is really into it. He likes the genuineness and the vision, and the creativity. And really particularly recently because of some fake bands and crap. It's nice to look back and see a real band, you know, how they did stuffs, with the concepts… Everything is « waw ».

Is there any band which influenced you to make Time To Die ?

We were listenning to a lot of Detroit bands from the early seventies and sixties. That was the main influence. It's really aggressive music, very passionnate, like an explosion.

Only old bands so ?

We don't really listen to new music.

Just for the end, why listenning to the new Electric Wizard ?

Because it's heavy !!

Electric Wizard : "Beaucoup de gens ont essayé de nous empêcher de faire de la musique"
Journaliste - rédactrice, à l’affût des nouveautés rockailleuses venues du désert et d'ailleurs...
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