Eyehategod - Take as Needed for Pain (1993)

Eyehategod - Take as Needed for Pain (1993)

Mike D. Williams IX, hurleur d'Eyehategod : « J'étais SDF pendant l'enregistrement mais j'en garde un bon souvenir, celui d'une créativité collective que rien ne pouvait freiner. Les chansons de "Take as Needed For Pain" ont pour la plupart été enregistrées en une prise ou deux par cinq individus voulant étaler l'immondice de la réalité aux gens assommés par leur télé. Le fait d'avoir été sans domicile à cette période n'était pas si important, je squattais parfois un appartement abandonné au dessus d'un club de strip-tease sur Bourbon Street...»

Ce témoignage, aussi "anodin" soit-il, donne toute l'ambiance de ce disque plus que magistral. Les gars d'Eyehategod, à l'image de leur hurleur Mike, étaient dans un état de complète déchéance, complétement largués du cerveau, mais signengt paradoxalement leur chef-d'oeuvre absolu. L'univers est donc toujours aussi noir et abyssal, toujours mené par un Mike Williams qui braille autant qu'il peut, dégueulant toute sa haine et sa rage à qui veut bien l'entendre. Rythme lent aussi lourd que gras, une basse énorme et vrombissante, et un brailleur à la voix tout autant éraillée qu'usée par l'alcool, les clopes, les drogues et n'importe quoi d'autre susceptible d'être ingurgité. Légèrement moins long que le premier album, Take As Needed For Pain n'en est pas moins maladif et angoissé, bien au contraire. Mike Williams et sa bande donnent le ton dès le titre d'ouverture "Blank", qui sera d'ailleurs le morceau le plus long de l'album (avec son sample énorme) : une véritable plaie ouverte de laquelle s'écoulent toute la douleur et la hargne du combo de Lousiane.

Objectivement, en 1993, j'avais 12 ans. Impossible de découvrir ça dans le jus de l'époque, surtout sans Internet. Mais à la découverte et à la digestion du disque il y a quelques années, je vais l'affirmer haut et fort : il s'agit tout simplement du meilleur disque de rock de ce siècle, car tout y est ultime. Certes, c'est un avis très personnel et très subjectif, et je ne vais pas tenter de convaincre qui que ce soit là-dessus car ce serait idiot, mais si je devais sauver un disque "rock" (comparons ce qui est comparable) lors de la fin du monde de 2012, ce serait celui-ci, vous imaginez l'importance qu'il a à mes yeux donc. Tout simplement incontournable...

Eyehategod - Take as Needed for Pain (1993)
Eyehategod
Take as Needed for Pain
Blank
Sister Fucker (Part 1)
Shop Lift
White Nigger
30$ Bag
Disturbance
Take as Needed for Pain
Sister Fucker (Part 2)
Crimes Against Skin
Kill Your Boss
Who Gave Her the Roses
Laugh It Off
I exist.

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