Cavity - On the Lam (2001)

Cavity - On the Lam (2001)

Dans la catégorie groupes obscurs et cultes, Cavity se pose bien là, comme des dizaines dans son genre. Ces membres formeront après le split en 2003 soit Floor d'un côté, soit Torche de l'autre, ou Black Cobra, formations que tous les lecteurs doivent bien connaître. Formé en 1992 à Miami, non loin des bayous de Louisiane, les gaziers auraient pu choisir le death metal technique pour être dans le vent à l'époque, mais leur attirance pour la drogue, les riffs du dieu Sabbath, et leur faible niveau technique ne leur permirent que d'être un de ces acteurs de l'ombre pourtant essentiel à la gloire du Sludge.

Après une poignée de EP's, de splits et deux LP, Cavity finit par échouer chez Hydrahead, où Aaron Turner signe un artwork minimaliste pas folichon, accompagné de photos dans le livret que je trouve assez classes. L'ouverture avec "Cult exciter" donne le tempo. Lourd, groovy, chant agonisant, et un jeu de Larsen que n'aurait pas renier l'œil haineux de dieu. Les titres s'enchaînent, la tabasse dans les règles fait son effet, le combo a de la bouteille (quasi 10 ans dans les pattes si on fait le calcul), et ce ne sont pas les riffs mastoc qui nous feront changer d'avis. Arrive le titre éponyme "On the lam", et c'est à ce moment précis qu'on rentre dans le génie absolu : une basse écrasante, un blues rampant et dégénéré, aussi frais qu'une fiente d'alligator dans les Everglades, un petit arpège en son clair, le manège dure trois bonnes minutes avant d'enchaîner sur un groove malsain et plaintif, forçant l'auditeur à se déboucher une bouteille de whisky et relire un guide touristique de la Nouvelle-Orléans. Rien que pour ce titre, ce chant du cygne mérite l'achat et qu'on file 2/3 ronds aux pauvres membres de Cavity qui se seront bien fait ignorer de leur vivant. Il valait mieux jouer du death metal en 1992, et finir dans le cercle (très) privé de Jim Carrey...

Cavity - On the Lam (2001)
Cavity
On the Lam
Cult Exciter
Boxing The Hog
Sung From A Goad
Pulling Up The Stakes
Willy Williams
On The Lam
Leave Me Up
Sweat And Swagger
I exist.

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